Que les vieux crèvent !

Deux vieillards mangeant de la soupe - Goya
Francisco de Goya, Deux vieillards mangeant de la soupe (1819-1823)

On a mis à genoux un pays entier pour sauver quelques milliers de vieux qui, de toute façon, seraient morts dans les six mois !

1. Le mensonge

La première prémisse – ce virus ne tue que les vieux et les faibles – est un mensonge.

Quelle que soit la manière dont on découpe la population en statistiques façon tranches de saucisson, toutes les catégories sont touchées par ce virus. Dans le monde, près de soixante-sept millions de personnes ont officiellement déjà été atteintes et plus d’un million et demi en sont décédées (chiffres sans doute largement sous-évalués). En France : plus de deux millions de cas confirmés et près de soixante mille morts [1]. Certes, l’écrasante majorité des décès concernent des individus de plus de soixante ans (nous apprenons en passant que « vieux » signifie donc « plus de soixante ans ») mais le nombre de cas sévères chez les moins de soixante ans n’est pas du tout négligeable [2].

Surtout, la fin de cette maladie ne se résume pas pour ceux qui la subissent à une alternative simple entre mort et guérison. Les séquelles avec lesquelles doivent vivre de nombreux anciens malades laissent des corps et des esprits épuisés, meurtris, parfois lourdement handicapés. L’Académie de médecine évoque ainsi « un problème de santé publique à l’échelle du pays » : atteintes respiratoires résiduelles, atteintes cardiaques ou rénales, atteintes directes ou indirectes du système nerveux central, nouveaux symptômes après une période de rémission, séquelles psychiques importantes pour les patients et les soignants… autant de conséquences de ce coronavirus qui frappent jeunes et vieux, qu’ils fussent en bonne santé ou non avant d’en croiser le chemin. Rien à voir, donc, avec les formules à l’emporte-pièce des petits esprits mesquins qui n’y voient qu’une « maladie de vieux ».

2. L’hypocrisie

La seconde prémisse – on a tué l’économie de ce pays – est une hypocrisie.

Évidemment qu’il y a une effroyable casse économique et sociale, derrière laquelle se nouent de nombreux drames humains. Pas question de le nier ni de le minimiser !

Cela ne doit pourtant pas cacher que :

1/ L’action de l’État, en particulier par le déploiement d’aides financières massives, ne suffit pas mais limite la catastrophe [3]. Ainsi fait-on mine de découvrir que l’implication de l’État dans l’économie n’est pas aussi néfaste que le prétendent les néolibéraux qui la vilipendaient ardemment avant la crise, en profitent goulûment pendant et reprendront leurs anciennes habitudes après. Qu’ils aillent faire un tour aux États-Unis, voir comment s’en sort leur modèle absolu de « liberté économique », bien loin de la méchante-France-soviétique qu’ils haïssent et calomnient. Et, tant qu’à faire, qu’ils y restent, ces hypocrites !

2/ On n’en serait peut-être pas là si l’on n’avait pas sciemment sabordé les services publics, hôpital et système de santé en tête, pendant des années. Quand comprendra-t-on qu’il n’y a pas deux camps opposés : les gentilles entreprises privées d’un côté, les méchants fonctionnaires du public de l’autre ? qu’ils participent à la même économie, à la même nation ? et que les uns ont besoin des autres pour fonctionner ? Au contraire, la folie va se poursuivre avec l’amplification de la destruction déjà bien avancée, soi-disant pour « redresser l’économie du pays » et « réduire les dépenses », alors que ces mêmes services publics auront permis d’amortir la crise : belle récompense en particulier pour les soignants et les enseignants (mais pas seulement eux !) qui, en première ligne, auront risqué leur peau, les premiers pour sauver des vies, les seconds pour que les parents puissent retourner travailler en laissant leurs gosses contaminer leurs profs dans l’indifférence générale et l’égoïsme criminel ! Plus personne n’applaudit aux fenêtres – les hypocrites ont la flemme.

3/ Plus profondément, sous couvert de penser à « l’économie du pays », beaucoup de belles âmes qui regrettent tous ces « efforts inutiles » pour les valétudinaires condamnés, « au détriment des jeunes générations et de leur avenir », n’ont en réalité que faire de l’intérêt général de la nation. Derrière les complaintes geignardes sur « l’économie nationale sacrifiée », il y a la frustration des mesures barrières et des limitations portées aux illusions de liberté qui constituent leur petit confort personnel – « on ne peut plus sortir faire la fête : dictature ! » [4] Ils se rengorgent d’ersatz de sagesse, comme ces formules toutes faites pour cartes postales de philistins, et ne jurent que par le « réalisme », le « pragmatisme » et les « sacrifices raisonnables » (des autres !) ; mais, comme toujours, ces leçons de moraline ne sont que le cache-sexe à un rétrécissement de l’humain caractéristique des collabos les plus hypocrites.

3. L’obscénité

La conclusion de ces deux prémisses, rarement exprimée ainsi mais qui, en toute logique, découle d’un tel « raisonnement » – on aurait mieux fait de laisser crever les vieux et les faibles – est une obscénité.

Quand bien même la Covid-19 n’aurait été qu’un accélérateur de mortalité pour des individus condamnés à brève échéance : en quoi cela justifie-t-il de les abandonner à leur sort ? Une telle « logique » nie la possibilité même de toute solidarité. L’utopie néolibérale appliquée : un chacun-pour-soi absolu. L’économie donne bonne conscience et excuse toutes les veuleries au nom d’une prétention « scientifique » usurpée. En la plaçant avant et au-dessus des humains, on se sert de ses dogmes pour décider qui doit vivre et qui doit mourir. Quant au psittacisme « mais l’économie, c’est des humains ! son effondrement va provoquer autant de morts, si ce n’est plus encore, que ce virus ! » – qu’est-ce donc là, sinon un chantage ignoble ? On préfère la certitude de morts maintenant à l’hypothèse de morts dans l’avenir : l’économie est donc bien une sous-discipline de l’astrologie, qui joue la vie des hommes avec ce qu’elle prétend voir dans sa boule de cristal !

En réalité, l’obscénité va même encore plus loin puisque la logique d’une telle décision qui préfère des morts assurées à d’autres possibles repose sur un axiome d’airain : toutes les vies humaines ne se valent pas. Ceux qui pourraient mourir sont plus « utiles » que ceux que l’on va volontairement laisser crever ! On trie donc les individus en fonction de leur « rentabilité » économique : un « actif » vaut plus qu’un retraité. Il mérite plus de vivre. L’utilitarisme appliqué à la vie humaine, sinistre démonstration qu’en nous toute humanité est éteinte [5]. Car quand on pense les hommes en statistiques, quand on les remplace par des nombres, quand on les trie selon des critères « objectifs », « rationnels », « mesurables » – alors ne subsiste plus rien d’humain : seulement la saloperie.

Cincinnatus, 14 décembre 2020


[1] Pour des données à jour, voir le site Santé publique France : « Coronavirus : chiffres clés et évolution de la COVID-19 en France et dans le Monde ».

[2] Les jolis graphiques de France Info devraient exciter tous les fétichistes du chiffre.

[3] Je ne défends ni ne condamne ici les décisions prises par le gouvernement depuis le début, ce n’est pas ce qui m’intéresse dans ce billet, d’autant que j’en ai déjà abondamment parlé ailleurs, notamment : « Pot-pourri chaotique de questions naïves en période de confinement », « Unité nationale : quelle escroquerie ! » et « Le jour d’après sera pareil à la nuit d’avant ».

[4] Cet égoïsme et cet incivisme sont d’ailleurs en partie responsables du durcissement des mesures contraignantes qui affectent indifféremment tous les citoyens. Merci bien !

[5] Jean de La Fontaine a merveilleusement exhibé l’ignominie de tels raisonnements dans l’un de ses bijoux de finesse et d’intelligence, Le Vieillard et les trois jeunes hommes, que Jean-Michel Muglioni nous invite à relire dans le billet « Faut-il soigner les vieux ? Relire La Fontaine », à lire sur le blog de Catherine Kintzler. Tout est dit dans cette fable – bien mieux que je ne saurais le faire.

Publié par

Cincinnatus

Républicain râleur, je laisse dans mes carnets les traces de mes réflexions : philosophie, politique, actualité, culture…

14 réflexions au sujet de “Que les vieux crèvent !”

  1. Ça me désole, on a une grande tradition d’humanisme pourtant dans notre pays ! Comment on a pu en arriver là ? Même ma mère qui a 66ans me sort ce genre de discours. Son connard de mari, mon beau-père, va au resto avec ses collègues tous les jours, comme avant. Il passe juste par derrière. Je sais que c’est idiot de brasser du stéréotype, mais je ne supporte plus cette génération.

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  2. Juste et parfait. Le lundi est moins morose avec vos billets ( qu’on enregistre pieusement) et la revue de presse de Stéphanie Mesnier Angeli. Cordialement. RD

    Le bourricot de l’Agly Sur le sentier des ânes ✍🏼

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  3. Le déni. Vous croyez pouvoir sauver tout le monde, mais la nature vous pisse à la raie. C’est dur, c’est abominable dans nos sociétés qui ne supportent plus la mort, mais c’est comme ça. Il faut choisir. Ou laisser les autres choisir à notre place. C’est l’essence de la politique du reste. Arbitrer entre les valeurs, entre les classes, entre les âges.

    Vous préférez vous donner des petits frissons humanistes en sauvant les vieux (pour quelque temps) ? Très bien, c’est votre choix et il est respectable. Mais ce n’est pas le mien. Peut-être parce que, pour moi, l’économie n’est pas une abstraction laissée au Medef ou le sujet d’un énième billet de jérémiade prétendue pamphlétaire ? Que c’est très concret, et que c’est même l’essentiel de ma vie ? Oh, pas ma vie de petit fonctionnaire payé quoi qu’il advienne. Mais celle de mon électricien de frère, que j’ai entendu pour la première faire une discrète allusion au suicide, avec toute la pudeur de pauvre campagnard. La vie de ma grand-mère aussi, qui claquera peut-être sur un brancard dans un service d’urgence qu’on aura dégraissé pour éponger les dettes de la crise après la crise, parce qu’elle ne va quand même pas durer éternellement. La vie de mon ami Paul, guide dans un musée désert depuis… je vous dis pas. Il y a mon voisin pour qui je me fais du souci : il a onze ans, c’est un pauvre gosse, sa mère, nounou, gagne pas grand chose et encore moins avec cette ordure de confinement. Et vous savez quoi ? Je suis sûr qu’elle va continuer de lui filer à manger toutes ces saloperies industrielles discount, qu’elle gueulera quand il s’agira de payer des soins parce qu’elle a autre chose à faire de son argent, qu’elle risque, stressée par le climat anxiogène, d’avoir la main un peu lourde quand il faudra donner une baffe au môme. Bref, je suis sûr que ledit môme peut très bien faire un infarctus à quarante ans à cause de tout ça.

    Vous avez la joie d’ignorer que les crises économiques font des morts. Très bien. Mais ne donnez pas des leçons en décence. Et ne jouez pas plus la partition de la lutte politique : bien sûr qu’un candidat de gauche pourrait ouvrir les vannes de la dépense, redonner du pouvoir d’achat, créer des lits dans les hostos et faire le bonheur des peuples – mais quand on est pauvre, on veut vivre hic et nunc, on ne joue pas sa vie sur un coup de dé électoral.

    Défendez la vie : aidez les malades et laissez les travailleurs vivre.

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    1. Vous affirmez avec morgue que, pour moi, l’économie serait une abstraction alors que, pour VOUS, évidemment c’est du concret. Vous ne savez rien de moi. Vous ne faites que projeter vos préjugés et votre haine.

      Vous parlez de votre frère, de votre grand-mère, etc. comme je pourrais moi aussi vous parler de ma mère (de 72 ans, pour qui je tremble), de mon épouse (dont l’entreprise privée souffre terriblement de la crise) ou de mon coiffeur (qui est un homme formidable, un « travailleur » comme vous les aimez, et qui pourrait bien vous en redire) : ce sont des exemples qui peuvent chacun dire quelque chose de singulier mais qui ne sont en rien des arguments. Des exemples, surtout, qui ne servent qu’à vous donner bonne conscience, vous enfoncer dans vos certitudes et cacher votre mauvaise foi.

      Que ces mesures que vous rejetez aient pu préserver de la maladie ces proches que vous citez et vous-même, des séquelles et peut-être de la mort – cela vous ne l’imaginez même pas. Car si vous m’envoyez à la figure ces exemples individuels pour prouver combien vous êtes attentif aux « vraies gens », vous semblez incapable de la même empathie pour ceux qui souffrent réellement de cette maladie, pour ceux qui en meurent et, surtout, pour ceux qui en ont été sauvés par les contraintes qui vous pèsent tant, pauvre petit choupinet.

      D’autre part, qu’avez-vous donc contre les « petits fonctionnaires » ? Si vous en êtes un comme vous le prétendez, votre mépris suinte la haine de soi. Sachez que pour ma part j’ai renoncé à ma carrière dans le privé au bout de plusieurs années pour passer un concours et œuvrer pour l’intérêt général mais que, pourtant, vous ne m’entendrez jamais cracher sur « le privé » ni en mépriser les salariés comme vous le faites si violemment envers les « petits fonctionnaires ». J’ai fait un choix et je respecte totalement ceux qui en font un autre, je ne dresse pas les gens les uns contre les autres en fonction de préjugés, pas plus que je ne cherche des boucs émissaires.

      Apprenez donc, si vous feignez de l’ignorer, que les fonctionnaires ne sont pas des sous-hommes mais des travailleurs comme les autres et qu’ils participent eux aussi à l’économie du pays ! Ils ne vivent pas hors du monde et ils sont eux aussi frappés par la crise économique. Cessez de propager des mensonges : les établissements publics subissent la crise économique qui accable d’autant plus fort les « petits fonctionnaires » et les agents les plus précaires. Et ils continueront d’en subir les conséquences bien longtemps après.

      Contrairement à vos affirmations malveillantes, je n’ignore absolument pas que « les crises économiques font des morts ». Votre mauvaise foi vous aveugle. Ce que je dis est très clair : se servir de cette idée pour justifier de laisser crever des gens aujourd’hui, parce que d’autres pourraient mourir demain, est une saloperie. Et vous êtes complice de cette saloperie. Plutôt que de sauver des vies aujourd’hui ET de tout faire pour en sauver encore demain, vous préférez regarder les autres souffrir ou mourir en leur crachant à la gueule.

      Votre pseudo darwinisme ne relève que de la provocation mal maitrisée. « La nature vous pisse à la raie » : l’élégance de votre argument dévoile toute la puissance de votre réflexion.
      Allez dire à ma collègue (vous voulez des exemples individuels, allons-y gaiement) qui deux mois après la fin de sa covid en souffre encore et doit être arrêtée un à deux jours par semaine tant elle est épuisée, que « la nature lui pisse à la raie » !
      Allez dire au mari d’une autre collègue, alors qu’il en est à sa deuxième opération du cœur après trois semaines en réa, alors qu’il n’a survécu que parce que le service de réa n’était pas totalement surchargé grâce au confinement, allez lui dire que « la nature lui pisse à la raie » !
      Allez donc y faire un tour dans les hôpitaux (ces antres de « petits fonctionnaires » !), dans les services de réa et osez donc déverser toute votre bile à ceux qui se crèvent tous les jours pour des égoïstes arrogants et criminels dans votre genre. Allez leur dire que « la nature leur pisse à la raie » !
      Allez dire aux malades intubés que « la nature leur pisse à la raie » !
      Allez dire à tous les survivants, à tous ceux qui ont été sauvés, que « la nature leur pisse à la raie » !

      Vous conchiez mon humanisme, je vomis votre inhumanité.

      Enfin, vous vous trompez lourdement en affirmant que la politique consiste à choisir entre les hommes, les classes, les âges : c’est tout le contraire ! Le politique, c’est le partage de la parole et de l’action au service de l’édification d’un monde commun. Commun : voilà un adjectif qui semble vous être bien étranger. Le monde commun, vous le refusez, vous le détruisez. Vous vous croyez le défenseur des « vraies gens », des « pauvres » ? Dans le monde que vous construisez, ils peuvent bien crever, vous n’en avez rien à foutre : chacun pour soi. Vous vous pensez un héros populaire ? Vous n’êtes qu’un collabo.

      Adieu.
      Cincinnatus

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      1. Vous aimez bien les épouvantails, hein ?

        Je ne dis qu’une chose : il y a et il y aura des morts et des drames, quoiqu’on veuille, quoiqu’on fasse, quoiqu’on se voile. La question, suprêmement politique, est : lesquels préférez-vous ? Pour des raisons qui vous sont propres, vous choisissez les jeunes ; de même, moi les vieux. Très bien, je ne discute pas particulièrement votre choix ; ça s’appelle la lutte des classes d’âge, des classes sociales et des classes de tempérament. Mais le couplet sur l’indécence est de trop. Parce que vous versez ici, étonnamment, dans ce qui rend la gôchemole, que nous fustigeons, je crois, tous les deux, détestable : tous ceux qui ne retrouvent pas leurs intérêts dans vos positions sont des gens ignorants, pleins de morgue, haineux, de mauvaise foi, en manque d’imagination, sociopathes, bourrés de préjugés, inélégants (ouh là là !), vulgaires, qui se détestent eux-mêmes, ne respectant pas les gestes barrières (ils crachent à la gueule, les vilains), dans l’erreur, malveillants (comme même !), crypto-eugénistes, absolument impossiblement ironiques, égoïstes, criminels, malpropres, monopolistes du langage, impuissants (à leur âge, pensez…) et, in cauda venenum, col-la-bo !

        C’est bien la peine de nous faire des tartines sur cette foutue modernité qui refuse la mort et la violence de la réalité.

        À vous lire !

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        1. Je ne choisis pas « les vieux » contre « les jeunes ». D’abord parce que des jeunes meurent aussi de cette maladie, désolé que le monde soit plus complexe que vous ne le voudriez. Ensuite parce que je préfère qu’on sauve des gens maintenant plutôt que de les laisser mourir sous le prétexte dingue que d’autres POURRAIENT mourir à l’avenir. C’est ça que vous faites semblant de ne pas comprendre !

          Continuez de répondre, si vous le souhaitez, pour ma part, j’ai dit ce que j’avais à dire.

          Cincinnatus

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          1. 1) a) Votre prétendu refus de choisir est un choix. Par défaut, mais un choix quand même.
            b) Vous savez bien que les poissons volants ne constituent pas la majorité du genre. Pour rappel des ordres de grandeur : 95 % des morts ont plus 60 ans et le reste n’est quasiment constitué que de personnes avec des comorbidités. Résultat : les risques de mourir du coronavirus en étant jeune et pas plus mal portant que les autres sont semblables aux risques de la vie quotidienne. Mais dans le fond vous avez raison : il vaudrait mieux parler des personnes à risque et du reste.

            2) a) J’assume de ne pas brûler mes meubles en hiver pour me chauffer.
            b) Par curiosité : êtes-vous conséquent avec cet argument ? Je veux dire, j’espère que vous n’êtes pas… écologiste. Parce que c’est de cela qu’il s’agit : pourrir la vie des gens et faire mourir les plus faibles maintenant sous le prétexte (dingue) que d’autres POURRAIENT mourir à l’avenir.

            3) Vous êtes un peu diva, dites-moi. Si je vous lis bien, vous défendez une éthique politique de la discussion, alors discutons ! Je ne crois pas vous avoir injurié ou présenter un raisonnement remarquablement indigent.

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    2. Et vous pensez VRAIMENT que les soignants vont continuer à prendre des risques et à partir chaque matin travailler avec la peur au ventre, à se contaminer pour des gens comme vous ? Mais vous rêvez mon cher. Ils en ont marre des gens qui hurlent au fascisme des qu’ils ne peuvent plus boire un verre en terrasse.Votre attitude conduit à une augmentation du nombre de cas, et il est inutile de vous cacher derrière votre petit doigt. Nous en sommes à 56000.
      Vous aimez la mort ? Vous allez en bouffer !

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      1. Cher monsieur, il faut d’urgence m’indiquer où j’ai insinué que le boursouflé est fasciste ! Il m’a très précisément accusé d’être un collabo — de quoi, je ne sais pas, mais vous voyez quand même où sont les gentils et les méchants.

        Quant aux soignants, je défends (depuis le début de la crise) :
        – une morale un peu plus… — je vous accorde l’accaparement langagier — élevée que votre chaîne de responsabilité ;
        – l’exercice du droit de retrait et le triplement des salaires jusqu’à la fin de la crise ;
        – un confinement de population, différencié entre, avec progressivité, les personnes se considérant à risque et le tout-venant (celui-ci finançant la protection de ceux-là) ;
        – en dernier recours, le tri des malades selon la catégorie choisie précédemment.

        Voilà qui plaisait à ceux avec qui j’en ai discuté.

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        1. Encore un sachant qui sait. Dans le monde entier, dans tous les pays, des hordes de virologues, épidémiologiste, médecins, chercheurs…essaient de trouver une réponse adéquate à une pandémie dont on ignore encore hélas les ressorts…alors que tout était simple : il suffisait de vous demander. Quel dommage !!
          (et..au fait…tripler le salaire des soignants, on s’en fout.Absolument. Complètement.On veux juste arrêter de glisser des gens dans des sacs plastiques)
          En espérant vous voir bientôt ministre, ou roi du monde au vu de vos compétences boursouflées.

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          1. Votre histoire de scientifiques à qui on confie la barre du vaisseau de l’État, ça a un nom : l’abdication de la politique sur fond d’escroquerie épistémologique. Et je suis assez étonné, pour ne pas dire choqué, de lire ce genre de propos sur un blog souverainiste.

            Je m’explique, s’il le faut. À défaut de savoir celle que vous défendez, partons de l’épistémologie traditionnelle : la science est descriptive et non prescriptive, elle s’occupe de dire le vrai et non le juste. Autrement dit, les scientifiques modélisent un phénomène (le coronavirus) et établissent des scénarios selon les conditions initiales (les mesures prises), tandis que les responsables politiques arbitrent entre tous ces scénarios. Et évidemment, ce dernier travail n’est pas mécanique, il ne va pas de soi : il s’agit de placer le curseur plus en direction d’une valeur (au hasard la sécurité) qu’en direction d’une autre (la liberté), parce que les valeurs, contrairement aux faits, ne sont pas objectivables. Vous pouvez contredire quelqu’un quand il vous dit « la pierre est tombée » mais, sauf à s’appeler Hippias, vous ne pouvez rien opposer d’ontologiquement légitime à « la liberté est préférable à la sécurité ». Bref, la politique, la noble politique, c’est faire ces arbitrages entre les valeurs. Et en démocratie, la seule autorité légitime à le faire, c’est le peuple.
            Donc : lorsqu’un « conseil scientifique » dit, non pas ce qui EST ou, à la limite, sera, mais ce qu’il FAUT faire, il sort de son rôle, faisant passer pour indiscutable ce qui n’est que ses propres axiomes moraux, contestables par le quidam. Quand il recommande, parce qu’il a un certain sens des apparences pour ne pas aller jusqu’à imposer, telle ou telle mesure, il usurpe le crédit reconnu en l’autorité scientifique pour recommander le triomphe de ses valeurs (bourgeoises pour aller vite) sur celles des autres. Je ne sais pas si vous vous rendez compte qu’en confiant vos destinées à ces gens, vous abdiquez votre pouvoir de citoyen, vous renoncez (modulo le caractère représentatif de notre démocratie) à imposer vos axiomes moraux.
            Un parallèle : vous confiriez la décision économique aux économistes ? Parce qu’il y en a des chercheurs, des professeurs, des doctorants pour trouver une réponse à la dépression et arriver à la fin du chômage, l’excédant commercial, la semaine de 20 heures, l’interdiction des licenciements et le retour des papillons. Sauf que ça n’est pas possible. Et il faut arbitrer. Entre la liberté d’entreprendre et l’obligation de décence du capital, entre la sécurité des salariés et la flexibilité due aux patrons. Bref, faire de la politique. Et si vous laissez les économistes positionner le curseur sous prétexte qu’ils sont assez malins pour faire passer leurs axiomes moraux pour des axiomes de vérité, en traitant au passage les démocrates de « sachants », vous aurez à assumer cette politique oligarchique.
            Franchement, ça me navre de lire de telles choses sur un blog souverainiste.

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