Combien ça coûte ?

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Avarice, Pieter van Der Heyden (1558)

Avec les grandes manœuvres qui s’organisent pour la prochaine élection présidentielle, nous allons devoir subir l’exercice devenu rituel pour chaque candidat : le « chiffrage du programme ». Ce spectacle, si enthousiasmant qu’il donnerait envie à une araignée de se suicider en se pendant à un fil de sa toile, est devenu un lieu commun de toute campagne. Les candidats se soumettent ainsi, volontairement, aux analyses très-scientifiques d’économistes très-sérieux, dont les oracles déterminent la crédibilité des programmes de gouvernement. Chaque idée, chaque proposition, chaque ligne est mesurée en euros de recette ou de dépense ; chaque hypothèse est évaluée et associée à une probabilité définissant son « réalisme » ; chaque vision du monde est découpée en petits morceaux, tous quantifiés pour déterminer à quel point elle est « soutenable ». Ce bal des faux-culs n’a qu’un seul objectif : asservir le politique à l’économique.
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Et si c’était… Cinci ?

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Mes chers compatriotes, mes chers concitoyens,

Ce quinquennat s’achève. Dans quelques mois se tiendront des élections cruciales. Elles ne doivent pas vous être confisquées. Alors que les deux favoris des sondages se démènent pour nous faire croire qu’il n’existe aucune alternative en-dehors de leur tête-à-tête, les différents partis politiques se montrent incapables de leur donner tort.

Comment peut-on encore parler de démocratie quand l’offre électorale est à ce point affligeante ?
Comment peut-on encore parler de république quand la souveraineté nationale est à ce point bafouée ?

Loin des mensonges néolibéraux qui détruisent depuis des décennies notre modèle de société, loin des folies identitaires qui menacent la cohésion de notre nation, une autre voie existe – juste, cohérente, sérieuse, conforme aux besoins et aux aspirations de l’immense majorité d’entre vous : la République.

Je suis candidat à l’élection présidentielle.
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La triste farce des régionales

Départements dans les limites des provinces d’Ancien Régime, Paul Vidal de La Blache

Dans un mois, les 20 et 27 juin, sous les hourras d’un enthousiasme inouï, auront lieu les prochaines élections régionales. Elles paraissent une illustration aussi farcesque qu’affligeante d’une idée que je tente de développer ici depuis longtemps : la démocratie n’est pas réductible au formalisme électoral [1].
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Ils ne pensent qu’à ça !

Ils me fatiguent. Ils ne pensent vraiment qu’à ça. Ça : la présidentielle, l’Élysée, bien sûr ! En pleine crise sanitaire, alors que les hôpitaux craquent et que les gens meurent, ils plastronnent et commencent à jouer des coups de billard à quatorze bandes pour griller leurs adversaires putatifs. L’intérêt général ? peu leur importe, seuls comptent les leurs, d’intérêts bien calculés. Les médias, complices de ce théâtre des vanités, s’en régalent, tirant comme toujours des plans sur la comète qui se révèleront aussi faux que les prédictions de leurs drogues sondagières. On s’en fout, ça fait vendre, coco ! À la même époque il y a cinq ans, ils n’avaient pas encore misé sur Emmanuel Macron et affirmaient haut et fort qu’Alain Juppé serait triomphalement élu… ce en quoi, finalement, ils ne se sont pas tant trompés que cela, la politique appliquée étant peu ou prou celle qu’aurait menée n’importe quel candidat LR. Quoi qu’il en soit, tout ce petit monde a décidé qu’à encore un an et demi de l’échéance, la campagne était déjà lancée. Au secours ! Lire la suite…

Paris, ce clinquant cloaque

Paris n’est plus une fête. Au contraire, elle se vautre dans l’envers démagogique de la fête : le spectacle marchand. Le kitsch a envahi la capitale, livrée à l’idéologie faussement cool d’incultes qui préfèrent les mondanités et la communication aux responsabilités politiques. Terrible contraste : sous leur règne de paillettes, la laideur et la saleté défigurent la ville-lumière.
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Paris, entre misère et indécence

Paris est schizophrène. Loin du psittacisme à la mode d’un fantasmatique « vivre-ensemble » dégoulinant de moraline, le territoire parisien se morcelle en ghettos étanches juxtaposant poches de misère et ghettos de riches. Les arrondissements à deux chiffres du nord-est et du sud-est parisien rassemblent l’essentiel des logements sociaux et des structures d’accueil des migrants, toxicomanes et sans-abris, pendant que les autres quartiers se ferment aux rares classes populaires et moyennes qui y demeuraient.
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Pour une (vraie) recomposition politique

« Se vogliamo che tutto rimanga come è, bisogna che tutto cambi. »
« Pour que rien ne change… »
Le Guépard

Il l’a, sa majorité. 350 députés sur 577.
C’est une vague !… c’est une déferlante… c’est un raz-de-marée ! Que dis-je, c’est un raz-de-marée ?… C’est un tsunami !
Bon… « en même temps »©, c’est moins que prévu il y a une semaine, c’est vrai… mais quand même… 350 députés pour celui dont la candidature, il y a encore deux ans, n’était qu’une blague entre patrons de presse et pubards cocaïnés, c’est beaucoup, non ? Continuer la lecture de Pour une (vraie) recomposition politique

Vae victis

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Le « walk of shame » de Cersei dans Game of Thrones : modèle de cette élection ?

Depuis une semaine, la campagne présidentielle est terminée. Emmanuel Macron est le nouveau président de la République. Tant mieux pour lui. Comme beaucoup, j’ai mis dans l’urne un bulletin à son nom, ne faisant mon choix qu’au dernier moment, dans l’isoloir. On ne s’étonnera pas que cela ne signifie pas une adhésion au personnage ni à son programme : au contraire [1]. Quoiqu’amère, j’assume cette décision parce que c’est mon vote, décidé en conscience… et malgré toutes les innommables pressions exercées entre les deux tours. Car, si la campagne électorale avant le premier tour avait déjà été odieuse, celle qui a suivi a repoussé les bornes de l’abjection. C’est toute la France qui a sombré dans une folie puérile et suicidaire [2].
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Des lendemains qui déchantent

2014-11-17_emmanuel_macron_ministre_de_l_economie_de_lindustrie_et_du_numerique_at_bercy_for_global_entrepreneurship_week_7eme_cae_conference_annuelle_des_entrepreneursEmmanuel Macron (24,01 %)

Le vainqueur depuis longtemps annoncé est bien arrivé en tête hier soir. Le héros balzacien, chouchou des médias, des sondages manipulateurs et performatifs, du CAC 40, de l’oligarchie, qui lui ont tout passé, qui l’ont protégé pendant des mois, a réussi son hold-up. Continuer la lecture de Des lendemains qui déchantent

Une campagne détestable

Pollice Verso, by Jean-Léon Gérôme
La politique selon twitter (Pollice Verso, Jean-Léon Gérôme)

J’ai vécu pas mal de campagnes, j’ai même participé activement à plusieurs. J’en connais l’exaltation, les crispations, l’adrénaline, l’énervement. J’ai chanté des slogans qui préféraient le bon mot de mauvais goût à la profondeur du sens[1]. J’ai vu les perfidies, les boules puantes, les rumeurs, les bassesses. On ne me traitera pas de bisounours.

Mon billet de la semaine dernière m’a valu les foudres de bon nombre d’allumés. Continuer la lecture de Une campagne détestable