Des identités et des identitaires

514px-narcissus_by_caravaggio2c_1597e2809315992c_galleria_nazionale_d27arte_antica_282183612348529Des identités… L’identité, comme conscience que l’on a de soi-même, naît à la convergence de deux paradoxes : dans le rapport d’influences réciproques entre identité individuelle et identité collective, d’une part ; dans la tension entre permanence et évolution de soi, d’autre part.
Et des identitaires… Parallèlement, levier pyscho-politique d’exercice d’un pouvoir usurpé, elle devient objet de manipulations démagogiques par les entrepreneurs identitaires qui la réduisent à des fantasmes sclérosés et unidimensionnels.
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Raconte-moi une histoire !

Gustave doré - La lecture des contes en famille
Gustave doré, La lecture des contes en famille
© Bibliothèque nationale de France

En politique, il est toujours question de (se) raconter des histoires. Au sens péjoratif, bien sûr, comme autant de mensonges manipulatoires et démagogiques. Au sens enfantin, aussi, comme ces tendres instants qui endorment le corps pour mieux éveiller l’imaginaire. Au sens édifiant, enfin, comme ces narrations qui soudent l’individu au groupe politique et lui offrent une place dans une tradition dont il hérite et qu’il a la charge de transmettre.
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La gauche coucou

Le sommeil de la raison engendre des monstres (1799), Goya

De « coucou », le Littré donne neuf définitions, parmi lesquelles :

1. Oiseau du genre des pies qui dépose ses œufs dans le nid des autres oiseaux. Le coucou est un oiseau voyageur.
L’oiseau nommé coucou des Canaries répétait son chant monotone. CHATEAUB. Voy. Amér. 340
4. Terme de jardinage
Fraisier qui fleurit beaucoup, mais ne fructifie pas.
9. Synonyme mitigé de cocu.

Ces trois-là particulièrement m’évoquent certaine idéologie qui prétend s’installer dans le nid de la gauche, pérore beaucoup mais ne « fructifie » guère, et cocufie le peuple.
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Cet encombrant clivage gauche-droite

Hémicycle de l'Assemblée nationale
© Assemblée nationale

Que faire de ce machin qui nous semble si suranné ? La gauche, la droite… tout cela dit-il encore quoi que ce soit de notre monde ? La Guerre froide est officiellement terminée – depuis plus de trente ans déjà ! – et, avec elle, aurait cessé l’affrontement des deux blocs idéologiques… qui n’ont d’ailleurs jamais été vraiment monolithiques puisque, même à l’époque, toute la gauche ne vénérait pas les soviets et toute la droite ne se réfugiait pas sous le parapluie protecteur des États-Unis. Aujourd’hui, les couleurs de l’éventail arc-en-ciel paraissent bien fanées par les fausses alternances de partis autoproclamés « de gauche » ou « de droite » mais dont l’exercice du pouvoir et les politiques menées ne varient guère. Alors : le paysage politique doit-il encore se réduire à un alignement sur un axe horizontal allant de l’extrême-gauche à l’extrême-droite, parcouru par des illusions de frontières ?


Sommaire :
Une manière de se situer
« Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent »
L’éclatement du politique
Dans la tenaille idéologique
Faut-il sauver le clivage gauche-droite ?


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Discours (imaginaire) à la nation (2021)

Elysée

Il y a cinq ans et une semaine, j’imaginais un discours que pourrait prononcer le président d’alors pour son allocution du 31 décembre 2015. Un quinquennat plus tard, je m’amuse à offrir à son successeur un nouveau texte.

Allez Manu, profites-en, c’est cadeau !

(Quoi ? c’est le moment de croire au Père Noël, non ?)

***

Françaises, Français, mes chers compatriotes,

Nous achevons une année lourde de grandes douleurs et d’une indicible tristesse mais les maux que nous avons connus sont encore loin d’être derrière nous. Lire la suite…

Noires violences

Il y a un peu plus d’un mois, je soulignais ici la justesse de la colère des « gilets jaunes » (Colère jaune). En effet, la colère, lorsqu’elle est synonyme de révolte, a toute sa place parmi les sentiments politiques : comme le montre magistralement Camus, dans son continuum de la révolte métaphysique contre l’absurde à la révolte politique contre l’injustice, elle exprime une affirmation, un franc OUI – et forme un puissant moteur de l’action. Tout notre imaginaire collectif, imprégné des récits romanesques de nos révolutions, lie intrinsèquement l’engagement politique à la noble colère envers l’insupportable, le révoltant, le scandaleux, l’obscène.
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Colère jaune

Je n’ai que réticences à commenter ici l’actualité « chaude » : « la chouette de Minerve ne prend son envol qu’à la tombée de la nuit » rappelait Hegel. L’étripage en règle entre les partisans du mouvement des « gilets jaunes » et ses opposants auquel j’assiste depuis plusieurs jours expose moult arguments, plus ou moins convaincants. Quoique je répugne à me jeter dans cette mêlée, il semble que chacun soit sommé de se positionner et de donner son avis : ne reculant devant aucune occasion de me faire des ennemis, à mon tour !
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À propos du « Printemps républicain »

Une fois n’est pas coutume, je réagis ici à chaud à l’actualité. Dimanche 20 mars 2016, j’ai participé au lancement du « Printemps républicain »[1].
Je ne pouvais que me réjouir de cette initiative. Des citoyens qui se rassemblent pour discuter de leurs conceptions de la République et de leurs visions du monde, de l’homme et de la société : belle perspective !

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La danse du centre

Il y a quelques mois, j’ai proposé une analyse des guerres idéologiques qui se jouent à gauche et à droite, ainsi que des recompositions qui s’organisent entre les différents courants de pensée qui s’y affrontent. Alors que j’y montrais la vacuité du clivage gauche-droite en ce qui concerne les représentations idéologiques, pourquoi n’avoir pas fait une place particulière au centre dont un certain nombre de membres défendent eux aussi le dépassement des vieilles catégories et la formation de nouveaux regroupements ?

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Que faire ?

Ce titre léniniste résume l’abattement général chez les républicains[1] sincères.
Où que l’on se tourne, cette même question : « que faire ? »… qui vaut toujours mieux qu’un « à quoi bon ? » résigné.
Prenons-nous à rêver un instant à la manière dont les événements pourraient tourner en notre faveur, quitte à faire preuve d’une bonne dose d’idéalisme, d’angélisme ou de naïveté – appelez cela comme vous voulez.

D’abord, nous remportons la guerre idéologique.

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