Les crises de l’université

[Place_de_la]_Sorbonne_Paris_[...]Nicolle_Victor_btv1b10302882d_1L’Université française va mal. L’enseignement supérieur et la recherche souffrent terriblement. Les polémiques actuelles en sont symptomatiques.
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Les réseaux sociaux, les GAFAM et la démocratie

Prométhée par Theodoor RomboutsDonald Trump a été banni de Twitter – ses comptes ont été également supprimés d’autres réseaux sociaux et plateformes en ligne. L’entreprise à l’oiseau bleu a osé interdire l’accès à ses services à un futur-ancien-président-des-États-Unis. Avec lui, quelques dizaines de milliers de ses partisans ne pourront plus gazouiller ni accéder à certains services en lignes comme Airbnb. Ces conséquences de la « prise du Capitole » du 6 janvier 2021 semblent prendre des proportions presque plus importantes encore que l’événement lui-même. On se déchire sur les plateaux télé, les stations de radio et – surtout ! – lesdits réseaux sociaux. Les gros mots sont de sortie : « (ir)responsabilité », « justice », « dictature », « démocratie en danger »… on s’émeut, ça fait le buzz. Avant de vite passer à autre chose. Lire la suite…

L’universalisme républicain dans la « tenaille identitaire » ?

Marianne par Benjamin Régnier
Marianne par Benjamin Régnier

Une thèse, actuellement discutée avec âpreté dans quelques cénacles où se croisent des défenseurs sincères de la République et de l’universalisme, décrit l’état des forces idéologiques en France sous l’image de la « tenaille identitaire ». Aussi séduisante soit-elle, elle doit être discutée sérieusement tant les enjeux sont cruciaux.


Sommaire :
Pour : la République sous les feux croisés des identitaires
Contre : un équilibre de pure apparence
Les impensés du débat : la République a d’autres ennemis !
L’universalisme par-delà les identités


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Que les vieux crèvent !

Deux vieillards mangeant de la soupe - Goya
Francisco de Goya, Deux vieillards mangeant de la soupe (1819-1823)

On a mis à genoux un pays entier pour sauver quelques milliers de vieux qui, de toute façon, seraient morts dans les six mois !

1. Le mensonge

La première prémisse – ce virus ne tue que les vieux et les faibles – est un mensonge.

Quelle que soit la manière dont on découpe la population en statistiques façon tranches de saucisson, toutes les catégories sont touchées par ce virus. Lire la suite…

Ils ne pensent qu’à ça !

Ils me fatiguent. Ils ne pensent vraiment qu’à ça. Ça : la présidentielle, l’Élysée, bien sûr ! En pleine crise sanitaire, alors que les hôpitaux craquent et que les gens meurent, ils plastronnent et commencent à jouer des coups de billard à quatorze bandes pour griller leurs adversaires putatifs. L’intérêt général ? peu leur importe, seuls comptent les leurs, d’intérêts bien calculés. Les médias, complices de ce théâtre des vanités, s’en régalent, tirant comme toujours des plans sur la comète qui se révèleront aussi faux que les prédictions de leurs drogues sondagières. On s’en fout, ça fait vendre, coco ! À la même époque il y a cinq ans, ils n’avaient pas encore misé sur Emmanuel Macron et affirmaient haut et fort qu’Alain Juppé serait triomphalement élu… ce en quoi, finalement, ils ne se sont pas tant trompés que cela, la politique appliquée étant peu ou prou celle qu’aurait menée n’importe quel candidat LR. Quoi qu’il en soit, tout ce petit monde a décidé qu’à encore un an et demi de l’échéance, la campagne était déjà lancée. Au secours ! Lire la suite…

Quel monde pour toi, ma fille ?

Tu viens d’avoir trois ans, ma fille. Dans quel monde en auras-tu trente, vers le mitan du siècle ? Ce siècle dans lequel je suis entré à déjà vingt. Enfant du vingtième et homme du vingt-et-unième, je me sens surtout millénaire. Frémiras-tu, toi aussi, au souvenir de cette mer Égée qui porte les vaisseaux des Achéens vers l’Est et l’immortalité ? Ou toutes ces histoires qui me constituent vous seront-elles étrangères, à toi et à tes compagnons temporels ? Je sens aujourd’hui survenir la rupture du fil ténu qui relie les vivants aux morts, les présents aux passés. L’augmentation des fondations, conception romaine de la culture qui m’est parvenue non sans mal, signifiait un respect critique et cette volonté de transmission que je t’assène dans mon effroi devant son obsolescence. Le monde commun semble s’anéantir sous nos yeux, à mesure que la culture s’éteint. Nous avons dilapidé notre héritage, faute de nous y intéresser, de chérir ce patrimoine comme il se doit. Que vous lèguerons-nous, sinon un monde amnésique – le contraire d’un monde, donc ? Fin de la transmission [1]. Lire la suite…

Tous des sales gosses !

Quelle société de petits cons nous formons ! Où que le regard se tourne, point d’adultes : ça grouille d’adolescents mal élevés, quelle que soit leur date de naissance. Même les cheveux blanchis par l’âge ne semblent avoir acquis de leurs années passées que la vanité de cœur et la myopie d’esprit. Et en matière de maturité, il n’est rien à chercher non plus du côté des toniques intermédiaires entre le bachot et l’EHPAD. Des corps protégés par la médecine moderne trimballent des ego bouffis de dérisoires certitudes. Lire la suite…

La République à chaque coin de rue

Devise républicaine

Partout où l’État s’est retiré, les mafias identitaires et/ou criminelles se sont installées, encouragées par les dévots du saint-marché. Face à l’extension du domaine du caïdat, mais aussi, plus généralement, pour sortir la France du marasme dans lequel l’ont plongée des décennies de néolibéralisme (les deux sont liés), une seule politique sérieuse et digne est possible : un réinvestissement massif de la République et de l’État. Pour cela, les politiques dites de la ville et de l’aménagement du territoire doivent être reprises en main avec ce seul objectif : « la République à chaque coin de rue ». Lire la suite…

Qu’est-ce que LREM ?

Officiellement, le parti du Président de la République [1] est censé se trouver au milieu de l’axe gauche-droite – donc : au centre ! C’est en tout cas qu’on nous martèle depuis le début de cette histoire, pardon, de cette aventure. Peu importe que l’adoubement, pendant la campagne présidentielle de 2017, par Bayrou du candidat Macron ressemblât plutôt à un renoncement tragique, le Béarnais embrassant subitement tout ce qu’il avait combattu avec panache et justesse dix ans avant sous les traits de Nicolas Sarkozy. Peu importe puisque le Rastignac contemporain [2] recevait ainsi le flambeau des mains mêmes de celui qui incarnait le centre indépendant, voire le « centrisme révolutionnaire » [3], quand ce dernier y trouvait son compte en places et honneurs pour lui et ses favoris. Doit-on pour autant considérer LREM comme un parti « centriste » et la politique du pouvoir actuel comme l’application du « centrisme » ? Continuer la lecture de Qu’est-ce que LREM ?

Le jour d’après sera pareil à la nuit d’avant

Tous s’y mettent : le pouvoir actuel qui essaie de faire oublier que, par son incurie et son cynisme, il est coupable de milliers de morts ; ses zélés prédécesseurs qui nous ont conduits à l’abyme en appliquant consciencieusement depuis quarante ans les dogmes du néolibéralisme ; les vieilles gloires retirées qui tentent encore un come-back plutôt pitoyable après avoir tant de fois montré leurs limites que personne ne peut les prendre au sérieux ; les opposants épidermiques qui se réjouissent ouvertement de la crise et feignent d’ignorer que le problème avec l’ivresse du Grand Soir, c’est toujours la gueule de bois du petit matin. Tous entonnent en chœur l’air ampoulé du « rien ne sera plus jamais comme avant ! » Qui peut les croire ? Continuer la lecture de Le jour d’après sera pareil à la nuit d’avant