EsthĂ©tique de la basket

Trois paires de chaussures, Vincent van Gogh (1886)

De toutes les tailles, de toutes les formes (ou presque), de toutes les couleurs (surtout les plus criardes), de toutes les marques (trĂšs au-delĂ  du seul secteur du sport, et jusqu’aux grandes maisons de luxe qui s’y sont mises il y a dĂ©jĂ  bien longtemps, flairant la mode qui ne se dĂ©modera plus
), pour tous les Ăąges et pour tous les goĂ»ts (surtout les plus mauvais) : la basket (par facilitĂ©, et au risque de me faire crucifier par les puristes, j’engloberai sous ce terme toutes les dĂ©clinaisons : basket, tennis, etc., et, une fois n’est pas coutume, on ne pourra pas me reprocher de n’ĂȘtre pas inclusif !), qui est Ă  la chaussure ce que McDo est Ă  la gastronomie, ce que l’art contemporain est Ă  l’art, ce que la prostitution est Ă  l’amour ou ce que LFI est Ă  la dĂ©mocratie (libre Ă  chacun de choisir l’analogie qui lui parle le plus), occupe des murs entiers dans les magasins de sport, s’incruste dans toutes les boutiques de fringues, prend une place folle dans nos placards, garde-robes et autres dressings, et semble imposer sa tyrannie sur nos pieds, relĂ©guant mocassins et escarpins, derbies et richelieus, brodequins et godillots, ballerines et bottines dans les limbes entĂ©nĂ©brĂ©s de la tatane.

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Le syndicalisme dévoyé

La GrĂšve au Creusot, Jules Adler (1899)

Qui a une plus mauvaise image dans l’opinion publique que les fonctionnaires ? Les syndicats de fonctionnaires. Et autant je me bats constamment pour rectifier celle des premiers, le plus souvent injuste et dictĂ©e par les passions tristes de l’envie, de la jalousie et du ressentiment, ainsi que par une mĂ©connaissance profonde du fonctionnement et des missions des services publics et de leurs agents [1] ; autant il m’est difficile de ne pas reconnaĂźtre que bien des critiques dirigĂ©es contre les seconds ont un certain fond de vĂ©ritĂ© [2].

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L’Abandon

J’ai vu le film L’Abandon, de Vincent Garenq.

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Permis de tuer

Les corps des frĂšres de Witt, Jan de Baen (1672-1675)

Aux États-Unis, l’assassinat de Charlie Kirk. En France, le meurtre de Quentin Deranque. Deux militants aux idĂ©es contestables (comme le sont toutes les idĂ©es dĂšs qu’elles descendent parmi les hommes), tuĂ©s dans des conditions diffĂ©rentes. Mais dont les morts ont suscitĂ© des rĂ©actions similaires – surtout : les mĂȘmes justifications. Parce que leurs idĂ©es dĂ©plaisaient Ă  certains, alors il devenait licite de s’en prendre Ă  eux physiquement, jusqu’à l’élimination. Dont acte.

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Le sens de la nuance

Philosophe en méditation, Rembrandt (1632)

Le microcosme des rĂ©seaux dits sociaux, avec ses modes et ses rĂšgles, dĂ©borde, dĂ©gueule de toutes parts. Les formats qu’imposent les algorithmes – mais derriĂšre les algorithmes, il y a des hommes et des intĂ©rĂȘts, toujours, bien sĂ»r, mĂȘme s’ils ne savent pas, mĂȘme s’ils ne comprennent pas, mĂȘme s’ils ne veulent pas voir – les formats qu’imposent les algorithmes collent Ă  la peau mĂȘme de ceux qui croient y Ă©chapper. (La contamination de l’espace public n’est peut-ĂȘtre rien d’autre que son adaptation au temps ? vaines ratiocinations de la poule et de l’Ɠuf. Peu importe.)

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Recherche hommes d’État dĂ©sespĂ©rĂ©ment

Georges Clemenceau, Marie-Gabriel Biessy

En bon rĂ©publicain, j’ai en horreur tous les cĂ©sarismes, j’exĂšcre les aventuriers et les mercenaires, je fuis les obsĂ©dĂ©s du pouvoir personnel et les sauveurs autoproclamĂ©s, je conspue les matamores et les bateleurs, je conchie les imposteurs et les opportunistes.

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Les mots perdus

Rien n’est plus maltraitĂ© aujourd’hui que la langue. Affadie, affaiblie, abandonnĂ©e
 le massacre se dĂ©roule dans un silence assourdissant puisque que ceux-lĂ  qui devraient la chĂ©rir et la dĂ©fendre s’en fichent Ă©perdument. Le vocabulaire se rabougrit, les nuances disparaissent, les mots aux variations subtiles sont remplacĂ©s par leurs versions anglo-saxonnes qui perdent l’essentiel de leurs significations dans le voyage transatlantique
 ne subsiste qu’un langage sans finesse ni grandeur, seulement utilitariste, Ă  peine efficace pour une communication formelle mais sans doute parfaitement adaptĂ© Ă  la culture de l’avachissement [1] : Ă  quoi serviraient une grammaire Ă©voluĂ©e et un lexique Ă©tendu pour commander sa pitance en ligne ?

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Les gangsters de la RĂ©publique

Nos reprĂ©sentants semblent avoir perdu de vue l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, l’honneur et la vertu civique.

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Une nouvelle Ăšre puritaine

American Gothic, Grant Wood (1930)

Écr.l’inf.

Les rabat-joie et les tristes sires, les petits Torquemada et les grands inquisiteurs, les puceaux de bĂ©nitier et les barbus façon balai Ă  chiotte, les coincĂ©s du cul et les peine-Ă -jouir, les donneurs de leçon et les pĂšre-la-moraline, les philistins et les philodoxes
 quelles que soient leurs obĂ©diences, leurs religions, leurs doctrines et leurs nĂ©vroses, ils peuvent tous se rĂ©jouir : ils sont les maĂźtres de notre temps, les grands ordonnateurs de la morale de l’époque, les procureurs des bonnes mƓurs et les bourreaux de toutes les dĂ©viances. L’esprit de pesanteur rĂšgne sur notre sociĂ©tĂ© qui, d’ennui, se laisse sĂ©duire par les puritanismes les plus cons. Ça pue le curĂ© froid !

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Tristesses municipales

Il me semble toujours trĂšs difficile d’analyser les rĂ©sultats d’élections municipales et, par consĂ©quent, je me mĂ©fie des grandes annonces, qu’elles soient Ă©mises par les politiques eux-mĂȘmes ou par les Ă©ditocrates en tous genres, empressĂ©s de plaquer sur le rĂ©el leurs grilles de lecture prĂ©fabriquĂ©es.

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