La triste farce des régionales

Départements dans les limites des provinces d’Ancien Régime, Paul Vidal de La Blache

Dans un mois, les 20 et 27 juin, sous les hourras d’un enthousiasme inouï, auront lieu les prochaines élections régionales. Elles paraissent une illustration aussi farcesque qu’affligeante d’une idée que je tente de développer ici depuis longtemps : la démocratie n’est pas réductible au formalisme électoral [1].
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Ils ne pensent qu’à ça !

Ils me fatiguent. Ils ne pensent vraiment qu’à ça. Ça : la présidentielle, l’Élysée, bien sûr ! En pleine crise sanitaire, alors que les hôpitaux craquent et que les gens meurent, ils plastronnent et commencent à jouer des coups de billard à quatorze bandes pour griller leurs adversaires putatifs. L’intérêt général ? peu leur importe, seuls comptent les leurs, d’intérêts bien calculés. Les médias, complices de ce théâtre des vanités, s’en régalent, tirant comme toujours des plans sur la comète qui se révèleront aussi faux que les prédictions de leurs drogues sondagières. On s’en fout, ça fait vendre, coco ! À la même époque il y a cinq ans, ils n’avaient pas encore misé sur Emmanuel Macron et affirmaient haut et fort qu’Alain Juppé serait triomphalement élu… ce en quoi, finalement, ils ne se sont pas tant trompés que cela, la politique appliquée étant peu ou prou celle qu’aurait menée n’importe quel candidat LR. Quoi qu’il en soit, tout ce petit monde a décidé qu’à encore un an et demi de l’échéance, la campagne était déjà lancée. Au secours ! Lire la suite…

Noires violences

Il y a un peu plus d’un mois, je soulignais ici la justesse de la colère des « gilets jaunes » (Colère jaune). En effet, la colère, lorsqu’elle est synonyme de révolte, a toute sa place parmi les sentiments politiques : comme le montre magistralement Camus, dans son continuum de la révolte métaphysique contre l’absurde à la révolte politique contre l’injustice, elle exprime une affirmation, un franc OUI – et forme un puissant moteur de l’action. Tout notre imaginaire collectif, imprégné des récits romanesques de nos révolutions, lie intrinsèquement l’engagement politique à la noble colère envers l’insupportable, le révoltant, le scandaleux, l’obscène.
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Des lendemains qui déchantent

2014-11-17_emmanuel_macron_ministre_de_l_economie_de_lindustrie_et_du_numerique_at_bercy_for_global_entrepreneurship_week_7eme_cae_conference_annuelle_des_entrepreneursEmmanuel Macron (24,01 %)

Le vainqueur depuis longtemps annoncé est bien arrivé en tête hier soir. Le héros balzacien, chouchou des médias, des sondages manipulateurs et performatifs, du CAC 40, de l’oligarchie, qui lui ont tout passé, qui l’ont protégé pendant des mois, a réussi son hold-up. Continuer la lecture de Des lendemains qui déchantent

Mélenchon et Le Pen, ce n’est pas pareil !

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Caricature de Plantu parue dans L’Express du 19 janvier 2011

Comparer Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen est devenu un lieu commun médiatique pour les jeter dans un même panier étiqueté « populistes ». Du dessin dégueulasse de Plantu à la veulerie des présentateurs de « L’Émission politique » de France 2 ou aux fats chroniqueurs de Ruquier, cet arrogant bouffon antidémocrate, nous subissons un matraquage volontaire selon lequel le candidat de la France insoumise et la candidate du Front national, ce serait bonnet blanc et blanc bonnet. Les Dupont et Dupond du populisme en quelque sorte. Continuer la lecture de Mélenchon et Le Pen, ce n’est pas pareil !

Le cas Le Pen

le_pen_marine-9586Nom : Le Pen
Prénom : Marion Anne Perrine, dite Marine
Surnom : « Jean-Marine », « Madame Frexit »
Parti : Rassemblement Bleu Marine pour ne pas effrayer les uns, Front national pour rassurer les autres
Famille de pensée politique : Gloubi-boulga démagogique

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2017 : la course à l’abîme (4)

La saison 1 de CinciVox touche ici à sa fin. Rassurez-vous, ce blog reviendra à la rentrée !
En attendant, voici le dernier épisode de notre petite récréation de politique-fiction.
(Pour le début de l’histoire : le premier épisode, le deuxième et le troisième)

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La fortune tourne et tourne encore
Et les hommes vivent et meurent, écrasés
Le ciel reste bleu

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Les éditorialistes, embarrassés par les outrances de Sarkozy, préféraient fustiger le « populisme » de Montebourg et Le Pen, affiché en unes du Monde, du Point et de l’Express, et faisaient de Bayrou leur nouveau champion… à son corps défendant !

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2017 : la course à l’abîme (3)

Troisième épisode de notre récréation estivale. Les deux premiers peuvent être lus ici et .

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Les primaires à gauche comme à droite avaient rendu leur jugement : Nicolas Sarkozy et Arnaud Montebourg étaient les candidats de leurs camps respectifs.

Dans les jours qui suivirent, d’autres concurrents se déclarèrent. Continuer la lecture de 2017 : la course à l’abîme (3)

2017 : la course à l’abîme (2)

Suite de notre petite nouvelle de politique-fiction. Le premier épisode est à retrouver ici.

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Enfin arrivèrent les Grande Primaires Populaires (#GPP).
S’y affrontaient Nicolas Sarkozy, François Fillon, Alain Juppé, Xavier Bertrand, Bruno Le Maire et Jean-Christophe Lagarde. Toutes les autres velléités avaient été douchées, y compris celles d’Hervé Mariton que Sarkozy avait réussi à convaincre de le rallier. Continuer la lecture de 2017 : la course à l’abîme (2)

2017 : la course à l’abîme (1)

Je ne souhaite pas réagir ici à chaud à l’actualité : pour l’épidermique spontané, il y a twitter (@CinciVox). Je reviendrai donc plus tard sur le vote d’hier soir en Grèce et sur ses conséquences, lorsque le jour sera couché et que la chouette de Minerve pourra prendre son vol.

En attendant, pour s’amuser un peu avant une pause estivale bien méritée, je vous propose la première partie d’une petite récréation en forme de politique-fiction autour de l’élection présidentielle de 2017.

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Tout avait quand même sacrément mal commencé.
Fin 2015, le petit sursaut de croissance ne rendait que plus douloureux les résultats toujours pires sur le « front du chômage » comme disent les journalistes. L’accroissement de la courbe du chômage avait pour symétrique exact la chute de la popularité de l’exécutif. Plus ça montait, plus ça descendait. Hollande atteignait de tels gouffres qu’il n’apparaissait même plus en public.

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