
« On paie trop d’impôts ».
Certes.
Ce cri universel réunit tous les individus, tous les peuples, tous les pays, toutes les sociétés. Il faut néanmoins avouer qu’à l’agacement bien compréhensible se mêlent souvent la mauvaise foi et le ressentiment. Car, quel que soit le montant réellement prélevé de toutes les manières possibles – et, dans ce domaine, l’imagination humaine n’a guère de limite –, c’est toujours trop : celui qui se voit délesté de 70 % de ses revenus réclame un rabais à 50, celui à qui on prend 30 % milite pour descendre à 10… et même lorsqu’on n’en paie point, on voudrait encore en payer moins.
Il serait d’ailleurs, au contraire, bien difficile de trouver quelqu’un qui affirmerait sincèrement vouloir en payer plus… en-dehors d’une clique de quelques milliardaires provocateurs qui s’offrent ainsi à intervalle régulier un petit coup de pub à la générosité feinte.
Trop d’impôts, donc ?
Mouais.
Mais pour quoi faire ? et surtout : « où va l’argent ? », se demande-t-on avec, cette fois, quelque justesse.









