Les lectures de Cinci : il était une fois la déshumanisation

La petite fabrique de l’inhumain, Marylin Maeso, Éditions de l’Observatoire, 2021.

la-petite-fabrique-de-l-inhumainLe livre en deux mots

La philosophe Maryline Maeso aime penser en bonne compagnie. C’est pourquoi elle a choisi Camus pour la guider – et nous avec elle – sur les tristes chemins de la déshumanisation. Lire la suite…

Les lectures de Cinci : un combat républicain

Un chagrin français. « Populisme », « progressisme », « vivre-ensemble ». Ces mots qui enferment, Anne Rosencher, Éditions de l’Observatoire, 2022.

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La journaliste Anne Rosencher est une grande républicaine. Ses éditoriaux dans L’Express, pleins de justesse et de justice, le prouvent à chaque fois. Elle en a rassemblé quelques-uns, soigneusement triés, pour composer ce très beau livre, publié en début d’année. Un chagrin français s’attaque à trois expressions qui nous empoisonnent : « populisme », « progressisme » et « vivre-ensemble » appartiennent à cette novlangue qui vide les mots de leur sens et l’esprit de la pensée. Lire la suite…

Les lectures de Cinci : Paris ne flotte plus, elle coule !

La Disparition de Paris, Didier Rykner, Les Belles Lettres, 2022.

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Didier Rykner, directeur de la publication de la revue La Tribune de l’Art et grand amoureux de Paris, a fait paraître en début d’année cet ouvrage qui tient à la fois du froid catalogue d’entomologiste et du cri du cœur. Gageure ? Pas tant que ça. En tout cas, l’exercice est réussi. Lire la suite…

Quels extrêmes ?

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Méduse, Le Caravage (1597-1598)

« Extrême droite », « extrême gauche » : les expressions sont bien ancrées dans l’imaginaire politique collectif. Lieux communs, elles charrient images et références historiques et provoquent des réflexes pavloviens de rejet. Elles situent immédiatement individus et partis qui en sont qualifiés sur l’échiquier politique. Ou plutôt en-dehors de lui : de l’autre côté de frontières invisibles mais unanimement admises – les fameux « cordons sanitaires » et autres « fronts républicains ».
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2022 : le carnaval des élections

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Le combat de Carnaval et de Carême, Pieter Brueghel l’Ancien (1559)

Nous sortons, enfin, de ce cycle d’élections qui devrait nous faire honte. Le rituel détourné en spectacle ne sert ni la démocratie ni la république mais les enterre dans l’indifférence générale. S’ouvre maintenant un nouveau quinquennat qui s’annonce bien pire encore que le précédent. Youpi.

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Faut-il vraiment retenir quelque chose de ces résultats politiquement pathétiques ? Essayons…
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L’indécence commune

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Eric Arthur Blair, alias George Orwell

Le peuple serait doué d’une forme de morale intuitive lui permettant de distinguer « ce qui se fait » et « ce qui ne se fait pas » [1]. Telle est la thèse, ainsi outrageusement résumée, derrière la notion de « décence commune », chère à George Orwell et reprise par Jean-Claude Michéa. Toute l’œuvre du premier est parcourue par cette conviction que le peuple – au sens, ici, des classes laborieuses, singulièrement les ouvriers – possèderait cette capacité viscérale de s’orienter et de choisir entre le Bien et le Mal, entre le juste et l’injuste, entre, surtout, le décent et l’indécent – capacité que les classes supérieures auraient, quant à elles, perdue. Orwell, le socialiste antitotalitaire, increvable défenseur des plus misérables, irréprochable humaniste, défend toujours et partout la dignité humaine – c’est à travers ce prisme, je pense, qu’il faut comprendre cette notion de « common decency » : la dignité pour seul horizon et seul combat [2].
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Ce petit Savonarole en moi

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Savonarole prêchant dans l’église San Miniato à Florence, Auguste Flandrin (1840)

Ne suis-je pas un faux accord
Dans la divine symphonie,
Grâce à la vorace Ironie
Qui me secoue et qui me mord ? 

Elle est dans ma voix, la criarde !
C’est tout mon sang, ce poison noir !
Je suis le sinistre miroir
Où la mégère se regarde.

Extrait de L’Héautontimorouménos de Baudelaire [1]

Difficile de choisir ses combats, tant ils sont nombreux. Ce que j’ai appelé « le syndrome Batman » [2] peut facilement submerger la raison. Si, comme l’a bien montré Camus, la révolte est un sentiment positif, si la colère est une émotion éminemment politique – la multiplication à l’infini des adversaires et des ennemis [3], doublée de l’ouverture sans cesse renouvelée de fronts sur lesquels mener le combat idéologique, provoque une sensation de vertige. Comme une danse au-dessus du volcan. Et tout est fait pour rendre inexorable la chute dans le cratère.
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Au boulot !

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Travailleurs de retour à la maison, Edvard Munch (1913-1914)

On se bouge, bande de feignasses ! Il y en a marre de cette mentalité capitularde d’enfants gâtés, incapables de bosser cinq minutes sans venir pleurnicher que c’est trop dur gna gna gna, que le chef est méchant gna gna gna, qu’ils ont besoin de faire une pause pour poster une photo d’eux sur instagram gna gna gna… Cette démocratie décadente encourage la paresse sur fond de boursouflure égotique. Les Chinois, par exemple, c’est clairement pas des bras cassés, eux. Et c’est pour ça qu’ils conquièrent le monde.
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Que faire des idéologues fanatiques ?

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Fanatiques de Tanger, Eugène Delacroix (entre 1837 et 1838)

L’idéologue, c’est toujours l’autre. Et pourtant, sans dissoudre le concept dans l’acide du relativisme, nous nous faisons tous, d’une manière ou d’une autre, les petits propagandistes d’une vision de l’homme, de la société et du monde, plus ou moins structurée, plus ou moins assumée, plus ou moins consciente. De ce point de vue, quelle différence entre un dirigeant politique et un fanatique religieux ?
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Une France coupée en trois ? Mensonges !

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(Ludovic Marin/AFP)

Depuis le 10 avril, soir du premier tour de l’élection présidentielle [1], il est convenu de s’affliger, de s’effrayer… et surtout de pérorer sur un découpage à la scie de la France en trois blocs rassemblés autour des trois candidats ayant obtenu les plus hauts scores. Fariboles !
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