
« À bas la dictature ! », gueulent les enfants de bourgeois qui n’ont jamais connu le goût amer d’une véritable dictature.
« Siamo tutti antifascisti ! », scandent les militants qui n’ont jamais ouvert un livre d’histoire et se contentent de répéter le catéchisme de leur parti.
Nous ne vivons pas en dictature, pas plus que le fascisme ne frappe à nos portes. Les mots perdent leur sens, en politique plus encore qu’ailleurs (et, comme l’écrivait Romain Gary dans son beau roman Europa, « la fin d’une civilisation, c’est d’abord la prostitution de son vocabulaire »).
Certes.
Pour autant, notre démocratie se porte-t-elle bien ? Non, loin s’en faut : elle est même frappée dans toutes ses dimensions [1]. Et, entre les attaques coordonnées de ses ennemis, l’affaiblissement dramatique de ses institutions et la corruption de la vertu républicaine et de l’imaginaire démocratique tant chez nos dirigeants que dans le peuple, nous basculons inexorablement dans autre chose, un ailleurs, qu’il serait faux et paresseux de ranger rapidement dans des cases toutes faites.









