Science ou sorcières ?

1024px-francisco_de_goya_y_lucientes_-_witches27_sabbath_28the_great_he-goat29
Le Sabbat des sorcières, Goya (1823)

Notre hypermodernité n’aime pas la science alors qu’elle adore la technique et… les superstitions. Est-ce une forme de retour du refoulé ? En tout cas, la science n’a plus bonne presse.
Lire la suite…

La tentation crépusculaire de l’Aventin

983px-edvard_munch_-_melancholy_281894-9629
Mélancolie, Edvard Munch (1894-1896)

La mélancolie est un crépuscule.
La souffrance s’y fond dans une sombre joie.
La mélancolie, c’est le bonheur d’être triste.

Victor Hugo, Les travailleurs de la mer

Serait-ce vraiment Alain Juppé qui aurait inventé l’expression « tentation de Venise » ? Cela ne l’a pas empêché de revenir. Plusieurs fois. Je ne suis pas sûr que ce patronage soit le meilleur, même s’il est révélateur que, peut-être ?, la tentation du retrait, même sincère, se fracasse nécessairement à la volonté ou à son insuffisance.
Lire la suite…

Plus vite, plus haut, plus fort !

Je ne suis pas sportif…
Ce n’est pas bien grave, me dira-t-on avec une très légère pointe de condescendance : on ne peut pas être bon en tout.

… et je n’aime pas le sport.
Là, en revanche, je sens qu’on me juge – le mépris suinte. C’est visqueux, le mépris, et puis ça « pègue », comme on dit chez moi.
Lire la suite…

La culture de l’avachissement

jove_decadent
Jeune Décadente, Ramon Casas (1899)

Il est parti tôt et a sauté dans son Uber pour être chez lui au plus vite. Effondré sur son canapé, les yeux rivés sur une série Netflix dont il absorbe une saison entière d’affilée en la commentant sur Twitter, il attend son Deliveroo. On sonne à l’interphone, il grommelle, contraint de faire une pause au milieu de l’épisode – bah, il en profitera pour aller pisser – et va ouvrir. Hélas, ce n’est pas l’arrivée tant espérée de sa pitance toute prête qui lui réclame cet effort physique difficilement surmontable, ni le colis Amazon contenant le précieux nouveau gadget qu’il attend depuis deux jours (il va leur mettre une mauvaise note, ça leur fera les pieds), mais la livraison de ses courses, depuis le supermarché à deux cents mètres de chez lui. Il récupère les sacs, dans un échange minimal avec le livreur, les dépose au milieu de la cuisine et retourne à son épisode et à ses followers – il pissera plus tard.

*

La culture de l’avachissement est le soubassement anthropologique qui permet l’épanouissement de la « société de l’obscène » que j’ai décrite ailleurs. Elles forment les deux faces de notre modernité. Alors que l’esprit de grandeur fut vanté comme idéal de noblesse humaine, dorénavant, l’esprit de petitesse domine en tant que modèle de la vie bonne.
Lire la suite…

Les vieux

1630sstudyheadofanoldmanoilonwood21x18cmmetropolitanmuseumofartnewyork

Vous le verrez peut-être,
Vous la verrez parfois
En pluie et en chagrin
Traverser le présent.
En s’excusant déjà
De n’être pas plus loin.

(Jacques Brel, Les Vieux)

Le plus difficile, on pourrait croire que c’est la solitude. Mais vous savez, même à ça, on s’habitue. Enfin, on essaie, puisqu’on n’a pas le choix. Lire la suite…

Passe sanitaire : les vertiges de la déraison

tableau_louis_pasteur
Louis Pasteur, par Albert Edelfelt (1885)

Ce billet est doublement exceptionnel. D’abord, il interrompt la série estivale des « lectures de Cinci » que vous retrouverez lundi prochain avec (encore) un bouquin formidable à lire à tout prix. Ensuite, il traite d’un sujet de l’actualité brûlante (en cet été pourri, il n’y a bien que cela pour nous réchauffer), alors que, normalement, je préfère laisser l’écume aux réseaux dits sociaux. Ces histoires de passe sanitaire prennent néanmoins un tour si inquiétant que je m’essaie à donner, à mon tour, mon avis sur le sujet [1].
Lire la suite…

Le syndrome Batman

logo-batman

Franchement, Docteur, je ne sais pas quand ça commencé ni si quelque chose a déclenché tout ça mais, d’aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais supporté l’injustice. Aucune injustice. Quelle qu’elle soit. D’où qu’elle vienne. Aussi infimes ou généralisées qu’elles soient, toutes les injustices me foutent dans une rogne pas possible. Lire la suite…

Une pandémie d’incivisme

Image de la Mort. Gravure sur bois de Michael Wolgemut, dans La Chronique de Nuremberg (1493)
Image de la Mort, Michael Wolgemut, dans La Chronique de Nuremberg (1493)

Quand retombent les billevesées du « vivre-ensemble » auxquelles plus personnes ne feint de croire, apparaît dans toute sa crudité l’anéantissement des solidarités. La crise sanitaire agit, à ce sujet, comme un cruel révélateur du chacun-pour-soi qui dicte nos comportements. Pour beaucoup, l’épidémie en cours n’est qu’une « maladie de vieux » au nom de laquelle on bride leurs chères libertés individuelles. Ne plus pouvoir aller au restaurant, au cinéma ni dans les bars est vécu comme une atteinte à leurs droits fondamentaux. Nous sommes devenus un peuple de sales gosses capricieux et pourris gâtés qui ne montrons aucun scrupule à affirmer haut et fort qu’on aurait mieux fait de laisser crever les vieux et les faibles.

Quelle société mérite de survivre qui se plaint de ne pas pouvoir se retrouver au bar mais n’a aucune pensée pour ses vieux qui meurent seuls ?
Lire la suite…

Aux lecteurs

logo

6 ans.
229 billets.
380 000 mots.
Déjà.

Pour cette nouvelle année qui pointe, il m’a semblé qu’il était temps de rafraîchir un peu ce blog. Lire la suite…

Que les vieux crèvent !

Deux vieillards mangeant de la soupe - Goya
Francisco de Goya, Deux vieillards mangeant de la soupe (1819-1823)

On a mis à genoux un pays entier pour sauver quelques milliers de vieux qui, de toute façon, seraient morts dans les six mois !

1. Le mensonge

La première prémisse – ce virus ne tue que les vieux et les faibles – est un mensonge.

Quelle que soit la manière dont on découpe la population en statistiques façon tranches de saucisson, toutes les catégories sont touchées par ce virus. Lire la suite…