Les canicules s’emballent, les idéologues aussi

Regulus, William Turner (1828)

Depuis 2003, nous n’avons rien appris, rien fait… si ce n’est perdre un jour férié (d’ailleurs, où est passé l’argent de cette « journée de solidarité » ?). En témoignent la sidération, les tergiversations et le chaos vécus ces derniers jours. Nous venons de connaître, en l’espace d’un mois, deux canicules exceptionnelles de tous les points de vue. Comme toujours en cette matière, il faut être très prudent et prendre garde de ne pas verser dans la confusion entre météo et climat, entre le temps qu’il fait ponctuellement quelques jours en France et les bouleversements environnementaux à l’échelle de la planète. C’est l’erreur que commettent, par bêtise ou mauvaise foi, les climato-négationnistes lorsque, goguenards, ils prennent un froid hiémal vigoureux ou une pluie estivale abondante pour autant de preuves du « mensonge » que serait le réchauffement climatique provoqué par l’activité humaine. Rien de tel ici : quand tous les records sont battus à ce point – et plusieurs fois ! –, ces épisodes caniculaires ne peuvent pas, ne doivent pas être interprétés comme des accidents anecdotiques mais bien comme des symptômes révélateurs des bouleversements catastrophiques actuels. Aujourd’hui aberrations statistiques, ils ont de bonnes chances, demain, de devenir la norme – avec des durées, non plus de « seulement » cinq à dix jours, comme nous venons de l’expérimenter, mais d’un mois ou plus.

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Permis de tuer

Les corps des frères de Witt, Jan de Baen (1672-1675)

Aux États-Unis, l’assassinat de Charlie Kirk. En France, le meurtre de Quentin Deranque. Deux militants aux idées contestables (comme le sont toutes les idées dès qu’elles descendent parmi les hommes), tués dans des conditions différentes. Mais dont les morts ont suscité des réactions similaires – surtout : les mêmes justifications. Parce que leurs idées déplaisaient à certains, alors il devenait licite de s’en prendre à eux physiquement, jusqu’à l’élimination. Dont acte.

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Recherche hommes d’État désespérément

Georges Clemenceau, Marie-Gabriel Biessy

En bon républicain, j’ai en horreur tous les césarismes, j’exècre les aventuriers et les mercenaires, je fuis les obsédés du pouvoir personnel et les sauveurs autoproclamés, je conspue les matamores et les bateleurs, je conchie les imposteurs et les opportunistes.

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Les mots perdus

Rien n’est plus maltraité aujourd’hui que la langue. Affadie, affaiblie, abandonnée… le massacre se déroule dans un silence assourdissant puisque que ceux-là qui devraient la chérir et la défendre s’en fichent éperdument. Le vocabulaire se rabougrit, les nuances disparaissent, les mots aux variations subtiles sont remplacés par leurs versions anglo-saxonnes qui perdent l’essentiel de leurs significations dans le voyage transatlantique… ne subsiste qu’un langage sans finesse ni grandeur, seulement utilitariste, à peine efficace pour une communication formelle mais sans doute parfaitement adapté à la culture de l’avachissement [1] : à quoi serviraient une grammaire évoluée et un lexique étendu pour commander sa pitance en ligne ?

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Les gangsters de la République

Nos représentants semblent avoir perdu de vue l’intérêt général, l’honneur et la vertu civique.

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Arrêtez d’emmerder les Français !

Bal du moulin de la Galette, Auguste Renoir (1876)

Le légendaire cri du cœur de Pompidou à son jeune conseiller Chirac pourrait tout aussi bien être poussé aujourd’hui, tant tout ce qu’entreprennent nos dirigeants politiques semble fait pour rendre la vie des gens plus difficile, plus compliquée, plus stressante. Des ostréiculteurs obligés d’installer des WC et un lavabo dans tous leurs bateaux aux automobilistes interdits de centres-villes au prétexte qu’ils seraient des « ennemis de la planète », des salariés écrasés par le micromanagement au agriculteurs assassinés par des réglementations que dictent les croyances plutôt que la science, les colères et le ras-le-bol paraissent plus que légitimes.

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Complicités coupables : les traîtres à la nation

Samson et Dalila, Le Guerchin (1654)

À VENDRE !
Dirigeant politique français doté d’un important carnet d’adresses et dénué de toute conscience ou colonne vertébrale,
prêt à servir n’importe quelle cause étrangère contre les intérêts de la nation.
Allégeances multiples possibles.
Toutes les offres seront examinées sans a priori et avec la plus grande bienveillance.

Ah ! Ils sont nombreux à pouvoir déposer ce genre d’offre de services, nos représentants de la nation qui représentent bien plus sûrement les intérêts de leurs mécènes étrangers ; nombreux à être prêts à tapiner n’importe quel pouvoir ennemi du moment que ça remplit la gamelle ; nombreux à n’avoir que la reptation pour vision et la trahison pour politique.

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On assassine en politique

L’assassinat de Lincoln (vers 1900)

Charlie Kirk, 31 ans, figure médiatique de la droite trumpienne, a été assassiné le 10 septembre à Orem, ville d’environ 100 000 habitants au sud de Salt Lake City dans l’Utah.
Il a été assassiné alors qu’il discutait avec des étudiants au sein de l’université d’Utah Valley, dans le cadre d’une conférence-débat.
Il a été assassiné d’une balle dans le cou.
Il a été assassiné devant sa famille.
Il a été assassiné en raison de ses idées.

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Another one bites the dust

Et un autre mord la poussière : Bayrou Premier ministre, c’est fini. Je ne me fais guère de souci pour lui : aussi écorché soit-il, l’animal politique saura panser ses plaies et retrouver à Pau ou ailleurs de quoi poursuivre sa vie politique. Comme son prédécesseur Barnier ; comme tant d’autres. Et pendant ce temps, nous continuons de nous enfoncer, toujours plus profond.

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Les crises de l’autorité

La Mort de Socrate, Jacques-Louis David (1787)

Un député de la Nation frappe un proviseur adjoint de lycée et une CPE, il écope d’une amende de 5 000 euros… qu’il paie donc avec l’argent du contribuable. Voilà ce que vaut aujourd’hui l’autorité de l’institution scolaire : 5 000 euros et le mépris violent de la représentation nationale.
Un député de la Nation achète des drogues dures avec son indemnité parlementaire à un mineur, non seulement il ne démissionne pas mais il est même montré en exemple par son parti et n’écope que d’une peine de 1 000 euros… qu’il paie donc lui aussi avec l’argent du contribuable. Voilà ce que vaut aujourd’hui l’autorité de la loi : 1 000 euros et le mépris goguenard de la représentation nationale.
Et ainsi de suite, ad nauseam.

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