
Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour.
Pierre Reverdy
J’ai perdu le droit à mon nom.
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Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour.
Pierre Reverdy
J’ai perdu le droit à mon nom.
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Charlie Kirk, 31 ans, figure médiatique de la droite trumpienne, a été assassiné le 10 septembre à Orem, ville d’environ 100 000 habitants au sud de Salt Lake City dans l’Utah.
Il a été assassiné alors qu’il discutait avec des étudiants au sein de l’université d’Utah Valley, dans le cadre d’une conférence-débat.
Il a été assassiné d’une balle dans le cou.
Il a été assassiné devant sa famille.
Il a été assassiné en raison de ses idées.

Fais-moi mal, Johnny, Johnny, Johnny
Envole-moi au ciel… zoum !
Fais-moi mal, Johnny, Johnny, Johnny
Moi j’aim’ l’amour qui fait boum !
Boris Vian, Fais-Moi Mal Johnny
Il flotte dans l’air comme un parfum de sadomasochisme assez nauséabond.
(Non que je juge ces comportements individuels condamnables en eux-mêmes : je me fiche bien de ce qui se passe derrière la porte de la chambre à coucher, de la cuisine ou du donjon, tant que ce qui s’y déroule n’implique que des adultes consentants – qu’ils se fassent du bien à se faire mal : pourquoi pas, on trouve les raffinements de la volupté comme et là où on peut.)
Il ne s’agit pas ici de cuir ni de martinet mais plutôt de la transcription homothétique de ces pratiques érotiques dans le domaine politique avec la tendance malsaine aux manipulations idéologiques et aux plaisirs pervers de la repentance à tout crin, de l’autoflagellation publique, de la confession de crimes imaginaires, dont notre époque, notre société et nos politiques débordent ad nauseam.
Fais-moi mal, Johnny !

Mensonges. Fantasmes. Simplifications. Manipulations. Instrumentalisations. Le passé et l’histoire subissent les pires infamies, sur fond d’inculture généralisée et d’idéologie à hauteur de teckel.
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La Révolution a bon dos ! Fichez-lui la paix ! Cessez donc, quel que soit votre camp politique, de récupérer grossièrement, d’instrumentaliser indûment ce moment si dramatique et si complexe de l’histoire. Lieu commun du débat public, ses évocations n’en sont que plus saturées d’idéologies, au point que les faits disparaissent derrière vos clichés et caricatures.
Lire la suite…I wish I was special
You’re so fucking special
But I’m a creep
I’m a weirdo
What the hell am I doing here?
I don’t belong here
Radiohead, Creep
J’avais dix ans quand le mur est tombé et vingt-deux lorsque les tours se sont effondrées. Entre les deux, j’ai grandi dans ces années 1990 qui devraient rester, aux yeux des historiens de demain, comme un temps étrange, suspendu – une respiration… ou plutôt, peut-être, ce moment où l’Histoire paraît, a posteriori, retenir son souffle.
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© Bibliothèque nationale de France
En politique, il est toujours question de (se) raconter des histoires. Au sens péjoratif, bien sûr, comme autant de mensonges manipulatoires et démagogiques. Au sens enfantin, aussi, comme ces tendres instants qui endorment le corps pour mieux éveiller l’imaginaire. Au sens édifiant, enfin, comme ces narrations qui soudent l’individu au groupe politique et lui offrent une place dans une tradition dont il hérite et qu’il a la charge de transmettre.
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Précédent : 2. La communauté élue
Au commencement est l’idée. Le Realissimum politique se donne pour scientifique, se propage par contagion à l’ensemble des champs de savoir et d’agir de la société, et imprime son idéologie totale aux consciences. Le dogme s’épanouit dans un processus gnostique d’explication pseudo-scientifique du monde et d’annonce à une communauté élue de lendemains qui chantent : domination des autres races ou véritable démocratie après la révolution prolétarienne. Lire la suite…
Précédent : 1. La mystique totalitaire
Les mythes des régimes totalitaires ont pour but central la constitution organique de la communauté élue par le mouvement historique (selon la race ou la classe, c’est-à-dire le principe fondateur, le Realissimum). Cette ecclesia se forge à partir des rituels du régime totalitaire techniciste, et prend pour médiateurs de sa construction une nouvelle langue totalitaire qui participe de l’entreprise de destruction systématique de la pensée, ainsi que le chef, incarnation à la fois de la communauté et du Realissimum, véritable cristallisation du désir des foules.
Sommaire :
I. L’ecclesia
A/ La communauté organique
B/ L’organisation hiérarchique
C/ Le retour du Père primitif
II. La ritualisation de la société
A/ Les rites totalitaires
B/ La ritualisation des purges et la réification de l’être humain
III. Les médiateurs de constitution de la communauté
A/ La novlangue totalitaire, outil contre la pensée
B/ Le chef charismatique, incarnation de la communauté
Précédent : Introduction
Au fondement du régime totalitaire se trouve d’abord le principe holiste : l’idée qui développe sa propre logique, selon la définition arendtienne de l’idéologie. Or ce mouvement de l’idéologie est celui d’un irrationnel qui se donne pour scientifique, disqualifiant par là même le réel, empêchant de penser et s’auto-immunisant selon un processus gnostique, au sens de Voegelin. Sur celui-ci peuvent dès lors se mettre en place les mythes à la fois fondations et références du régime totalitaire.
Sommaire :
I. Le mouvement de l’idéologie
A/ La modernité du Realissimum
B/ De l’idée à l’idéologie
II. Le processus gnostique
A/ La gnose comme réponse à la crise de l’homme moderne
B/ Le système gnostique hégélien
C/ Le passage du système à l’individu
III. Les mythes
A/ De la gnose aux mythes
B/ Les mythes des totalitarismes
C/ La transmission des mythes