Le syndrome Batman

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Franchement, Docteur, je ne sais pas quand ça commencé ni si quelque chose a déclenché tout ça mais, d’aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais supporté l’injustice. Aucune injustice. Quelle qu’elle soit. D’où qu’elle vienne. Aussi infimes ou généralisées qu’elles soient, toutes les injustices me foutent dans une rogne pas possible. Lire la suite…

Aux lecteurs

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6 ans.
229 billets.
380 000 mots.
Déjà.

Pour cette nouvelle année qui pointe, il m’a semblé qu’il était temps de rafraîchir un peu ce blog. Lire la suite…

Quel monde pour toi, ma fille ?

Tu viens d’avoir trois ans, ma fille. Dans quel monde en auras-tu trente, vers le mitan du siècle ? Ce siècle dans lequel je suis entré à déjà vingt. Enfant du vingtième et homme du vingt-et-unième, je me sens surtout millénaire. Frémiras-tu, toi aussi, au souvenir de cette mer Égée qui porte les vaisseaux des Achéens vers l’Est et l’immortalité ? Ou toutes ces histoires qui me constituent vous seront-elles étrangères, à toi et à tes compagnons temporels ? Je sens aujourd’hui survenir la rupture du fil ténu qui relie les vivants aux morts, les présents aux passés. L’augmentation des fondations, conception romaine de la culture qui m’est parvenue non sans mal, signifiait un respect critique et cette volonté de transmission que je t’assène dans mon effroi devant son obsolescence. Le monde commun semble s’anéantir sous nos yeux, à mesure que la culture s’éteint. Nous avons dilapidé notre héritage, faute de nous y intéresser, de chérir ce patrimoine comme il se doit. Que vous lèguerons-nous, sinon un monde amnésique – le contraire d’un monde, donc ? Fin de la transmission [1]. Lire la suite…

À ma fille

Te voilà. Alors que nous t’attendions sereinement, tu as décidé de débarquer dans ce monde en le prenant par surprise. Six semaines d’avance : ton premier coup d’éclat d’une longue série, je parie.
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J’arrive !

Chers lecteurs du blog de Cincinnatus, bonjour.

Je me présente : Cinci Jr. Enfin… pour l’instant je m’appelle comme ça parce que mon genre n’est encore qu’une théorie. Je fais confiance à Cinci, mon futur papa, pour me trouver un petit nom sympa quand les choses seront plus… précises.
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Ce douloureux sentiment d’imposture

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Se lancer dans des études scientifiques pour les maths, mais préférer la philo quand presque tous les autres la méprisent ; achever ce cursus et pouvoir enfin se tourner vers les humanités ; débarquer avec son bagage original ; passer pour un extraterrestre ; subir le snobisme de ceux qui ont toujours fait la même chose ; se sentir seul, à côté.

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À mes pères

Quand on n’a pas de père, on s’en choisit.

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Identités choisies

Né à l’étranger, dans une pomme, j’ai grandi en France avec deux passeports. Par l’un d’eux, le bleu, je suis citoyen d’une forteresse que des millions de personnes rêvent d’investir… sans que pour autant je n’y sois jamais retourné. Cette double nationalité fait partie de moi, elle m’a accompagné toute ma vie, le plus souvent à travers les questions qu’elle suscite chez les autres : le fantasme du modèle absolu contemporain et, simultanément, du repoussoir tout aussi excessif. Baigné comme tous dans la saturation spectaculaire de cet imaginaire-monde, sans l’avoir cherché je me suis distingué par cette appartenance à « l’autre côté de l’écran ».
Je pourrais revendiquer cette identité, au nom du sol me prétendre de là-bas plus que d’ici, et ignorer le goût d’imposture. Je pourrais aussi la rejeter, y renoncer dans un geste grandiloquent et sot.
Je choisis de l’accepter, un peu comme la couleur de mes cheveux : comme un fait qui m’appartient, me constitue mais ne me définit pas.

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