À quoi servent les ministres ?

La chasse aux Ministres, Charles Vernier (après 1848)

J’ai récemment proposé un gouvernement de douze ministres aux domaines de responsabilités larges. Un « gouvernement idéal », en quelque sorte. Je ne me suis néanmoins pas attardé sur la question des « profils » de ces ministres. Un ministre doit-il être un expert de son domaine ? Posséder une expérience « du terrain », comme on dit aujourd’hui ? Un médecin fait-il un bon ministre de la Santé ? Le ministre de la Justice doit-il avoir exercé en tant que magistrat ou qu’avocat ? Un ministre doit-il être un professionnel de la profession ou un professionnel de la politique ?

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Malaise dans la représentation : 1. Compétence

Selon quels critères devons-nous élire nos représentants ? Dit autrement : quelles doivent être les qualités d’un élu ? efficacité oratoire, fortune personnelle, compétences techniques, expérience professionnelle antérieure, ressemblance à ses électeurs, souci de l’intérêt général… ? La liste, longue, peut encore s’étendre à l’infini.
En arrière-plan de ces questions en apparence anodines, se pose celle, cruciale, de la représentation, qui a passionné tous les penseurs politiques depuis des siècles et dont les multiples réponses occupent des kilomètres linéaires de rayonnages dans les bibliothèques de philosophie politique.
Nulle prétention de synthétiser ici l’ensemble de ces réflexions très intelligentes[1]. En trois courts billets, je me propose plutôt d’interroger quelques errements contemporains liés à des conceptions biaisées de la représentation.

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Aujourd’hui, la mode est à la « compétence ». Pour être légitime, un élu doit être « compétent ». Certes. Mais de quoi parle-t-on au juste ?
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