Une pandémie d’incivisme

Image de la Mort. Gravure sur bois de Michael Wolgemut, dans La Chronique de Nuremberg (1493)
Image de la Mort, Michael Wolgemut, dans La Chronique de Nuremberg (1493)

Quand retombent les billevesées du « vivre-ensemble » auxquelles plus personnes ne feint de croire, apparaît dans toute sa crudité l’anéantissement des solidarités. La crise sanitaire agit, à ce sujet, comme un cruel révélateur du chacun-pour-soi qui dicte nos comportements. Pour beaucoup, l’épidémie en cours n’est qu’une « maladie de vieux » au nom de laquelle on bride leurs chères libertés individuelles. Ne plus pouvoir aller au restaurant, au cinéma ni dans les bars est vécu comme une atteinte à leurs droits fondamentaux. Nous sommes devenus un peuple de sales gosses capricieux et pourris gâtés qui ne montrons aucun scrupule à affirmer haut et fort qu’on aurait mieux fait de laisser crever les vieux et les faibles.

Quelle société mérite de survivre qui se plaint de ne pas pouvoir se retrouver au bar mais n’a aucune pensée pour ses vieux qui meurent seuls ?
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