Les mots perdus

Rien n’est plus maltraité aujourd’hui que la langue. Affadie, affaiblie, abandonnée… le massacre se déroule dans un silence assourdissant puisque que ceux-là qui devraient la chérir et la défendre s’en fichent éperdument. Le vocabulaire se rabougrit, les nuances disparaissent, les mots aux variations subtiles sont remplacés par leurs versions anglo-saxonnes qui perdent l’essentiel de leurs significations dans le voyage transatlantique… ne subsiste qu’un langage sans finesse ni grandeur, seulement utilitariste, à peine efficace pour une communication formelle mais sans doute parfaitement adapté à la culture de l’avachissement [1] : à quoi serviraient une grammaire évoluée et un lexique étendu pour commander sa pitance en ligne ?

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Petite missive adressée à mes amis patriotes

La Rue Saint-Denis, Monet (1878)

Le patriotisme c’est l’amour des siens. Le nationalisme c’est la haine des autres.
Romain Gary

Chers amis,

Comme vous, j’aime la France. Sa langue, sa culture, son histoire, ses paysages, ses cuisines, son modèle économique et social, ses services publics, son esprit frondeur, sa capacité à se déchirer pour l’accessoire et à se rassembler pour l’essentiel, ses principes, sa laïcité, sa devise, son drapeau, son hymne, sa conception de la galanterie, sa grandeur quand elle oublie ses médiocrités, son universalisme… mais aussi et surtout ce qu’elle représente dans l’imaginaire collectif – et pour quoi tant ont été capables de donner leur vie.

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