Il y a quelques mois, j’ai proposé une analyse des guerres idéologiques qui se jouent à gauche et à droite, ainsi que des recompositions qui s’organisent entre les différents courants de pensée qui s’y affrontent. Alors que j’y montrais la vacuité du clivage gauche-droite en ce qui concerne les représentations idéologiques, pourquoi n’avoir pas fait une place particulière au centre dont un certain nombre de membres défendent eux aussi le dépassement des vieilles catégories et la formation de nouveaux regroupements ?
Catégorie : Res publica
Réflexions sur le politique, par-delà l’écume
Ci-gît la République
L’espace politique dans lequel nous vivons n’a plus de République que le nom : une coquille creuse, comme un décor de cinéma en carton-pâte, ces façades d’immeubles à deux dimensions derrière lesquelles s’étend le vide. Et même : pas plus que de République, nous ne pouvons parler de démocratie. Que reste-t-il de la res publica ? Quel kratein pour quel demos ? Entourés de ces débris glacés, nous nous berçons d’illusions et nous enfonçons dans un autre modèle de gouvernement qui n’ose dire son nom – si même il en possède un.
L’inculture fait employer ces mots – démocratie, République, ces beaux mots pour lesquels tant sont morts –, à tout moment, pour rien, ou si peu. Dévalués, on n’en connaît même plus le sens. On les ânonne. On se les répète pour se tenir chaud à l’âme et à l’espoir[1] pendant que leur signification disparaît. En leurs noms, on bâtit des pyramides de vent.
Démocratie : l’effondrement en trois dimensions
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La vocation de l’école
L’école a pour rôle la transmission des savoirs, instruire.
Pourquoi ? Parce que c’est ainsi que l’on peut instituer des individus libres. Lire la suite La vocation de l’école
Que faire ?
Ce titre léniniste résume l’abattement général chez les républicains[1] sincères.
Où que l’on se tourne, cette même question : « que faire ? »… qui vaut toujours mieux qu’un « à quoi bon ? » résigné.
Prenons-nous à rêver un instant à la manière dont les événements pourraient tourner en notre faveur, quitte à faire preuve d’une bonne dose d’idéalisme, d’angélisme ou de naïveté – appelez cela comme vous voulez.
D’abord, nous remportons la guerre idéologique.
Discours (imaginaire) à la nation (2016)
Dans quelques jours, le Président s’adressera à la nation pour ses traditionnels vœux du 31 décembre. S’il manque d’idées, je lui offre un discours tout prêt. Allez François, c’est cadeau.
Françaises, Français, mes chers compatriotes,
L’année qui se termine ce soir fut douloureuse pour notre nation. Au-delà des mots. Par deux fois, en janvier puis en novembre, nos valeurs, notre culture, tout ce qui nous relie a été frappé avec une violence inédite sur notre territoire. Ces attaques lâches nous ont bouleversés. Et en même temps nous avons montré une capacité inouïe de faire front ensemble, de ressouder la nation. Oui : la nation française, c’est cette volonté politique de partager un destin, de s’ancrer dans une histoire, de vivre pour construire quelque chose de plus grand, qui nous dépasse, d’édifier des ponts, des liens, entre nous, d’augmenter les fondations que nous héritons de nos prédécesseurs et de léguer, à notre tour, un monde qui nous soit commun. Tout cela, mes chers compatriotes, vous avez su le porter comme le message ferme et définitif de ce qu’est la France, de ce qu’elle a toujours été et sera toujours. Je vous remercie d’avoir ainsi pu rappeler au monde que le peuple français constitue une nation politique dont la vocation est inscrite dans sa devise universelle : liberté, égalité, fraternité.
Face à l’horreur : penser et agir
Depuis vendredi, tant a été dit, tant a été écrit. L’essentiel a déjà été exprimé, martelé, parfois mieux que je ne pourrais le faire. Pourquoi en rajouter ?
Parce que c’est ainsi qu’on lutte contre les salopards.
Trop d’État… ou trop peu ?
Postulant que l’État incarne le principal danger pour les libertés individuelles, les libéraux de gauche comme de droite suspectent toutes ses initiatives de dérive autoritaire. En particulier, ils réclament que son ingérence dans les affaires économiques soit circonscrite à un cercle toujours plus étroit… si possible même vide.
À ce sujet, une petite anecdote personnelle, une fois n’est pas coutume : il y a de cela quelques années, un recruteur, en plein entretien d’embauche, m’infligea cette « blagounette » : « quelle est la différence entre l’État et la mafia ? » Réponse, selon lui : « le taux d’extorsion, plus élevé pour l’État. » Ah. Ah. Ah. (rictus crispé devant tant de bêtise).
Cessez le feu sur les fonctionnaires !
Ça a commencé avec une nouvelle sortie de notre inénarrable ministre de l’économie sur le « statut des fonctionnaires ». Et, comme prévu, tout s’est emballé[1]. Les habituels contempteurs de « ces feignants de fonctionnaires inutiles » se sont déchaînés contre « les privilèges de ces bons-à-rien qui n’en foutent pas une pendant que les pauvres salariés du privé triment comme des brutes ».
Youpi. Le plus grand génie de tous les temps, c’est quand même Pavlov.
Sur la logique de fronts
C’est la rentrée pour les carnets de Cincinnatus. Pour lancer cette nouvelle saison, je choisis de ne pas revenir tout de suite sur les élections d’hier en Grèce, même si d’autres s’y risquent avec talent, ici ou là. En ce qui me concerne, pour l’actualité chaude, je préfère d’autres lieux.
Vous êtes peut-être passés à côté mais, cet été, le landernau médiatico-intellectuel a bruit d’une polémique comme il les aime tant. Tout est parti d’une saillie de Jacques Sapir, économiste à l’EHESS et chantre de la lutte contre l’euro, publiée sur Figarovox. Immédiatement accusé d’appeler à un rapprochement de la gauche souverainiste et anti-européenne avec le FN, il s’est défendu, multipliant interviews et billets sur son blog RussEurope. Nombreuses furent les réactions, notamment celle de Frédéric Lordon, figure intellectuelle majeure de la gauche dite radicale. Les commentateurs et analystes ont commentaté et analysté. Certains mieux que d’autres, comme souvent.
Maintenant que le soufflé retombe doucement, à moi de m’y mettre (la chouette de Minerve, tout ça tout ça…).
