Le monde commun se dessine sur l’arrière-plan du monde caché de l’intime :
Parce que notre sens du réel dépend entièrement de l’apparence et donc de l’existence d’un domaine public où les choses peuvent apparaître en échappant aux ténèbres de la vie cachée, le crépuscule lui-même qui baigne notre vie privée, notre vie intime, est un reflet de la lumière crue du domaine public[1].
En effet, toute expérience intime ne prend sa pleine réalité qu’une fois offerte aux sens des autres comme de soi. Pour être considérée comme réelle, elle doit être perceptible. Ce passage du caché au visible, de l’intime au public, de l’expérience individuelle à l’histoire commune, relève d’une mise en scène dont les limites définissent la frontière ultime entre l’intime et le public : ce qui ne peut être offert aux sens des autres parce que trop subjectif. Lire la suite Le monde commun selon Hannah Arendt (2) – L’intime et le monde commun, entre ombre et lumière

