Pour un républicanisme radical

Papier peint révolutionnaire décorant la salle de réunion du Comité de Salut public

Extirper le mal à la racine.

Appeler à un « républicanisme radical », c’est sonner le rassemblement – au nom d’une vision du monde qui, bien qu’elle prenne (ou plutôt parce qu’elle prend) sa source aux origines de notre civilisation, n’a rien perdu de sa puissance ni de sa pertinence. Un appel au rassemblement, donc. Car nos adversaires sont nombreux ; et nos ennemis peut-être plus encore. Les premiers veulent notre défaite dans l’arène politique ; les seconds ne désirent que notre mort. Sans nous enivrer de niais fantasmes eschatologiques, nous devons prendre la mesure existentielle de nos combats.

Sommaire
Combattre sur tous les fronts
La pensée républicaine
L’appel au peuple
Assumer la radicalité… la vraie !
Restaurer la République
La malédiction des républicains
Reconstruire un monde commun

Combattre sur tous les fronts

Le paysage politique est dévasté. L’offre politique est biaisée, ne proposant aux votes des citoyens que des clowns sinistres et des pantins sans colonne vertébrale, de dangereux factieux et des entrepreneurs de haines, des petits gris tout acquis aux dogmes mortifères du néolibéralisme et des idéologues de l’enfermement identitaire, des traîtres carriéristes au service de leur intérêt personnel, d’intérêts privés grassement rémunérateurs ou encore d’intérêts étrangers pour le moins hostiles, mais jamais de l’intérêt général ; aucun parti n’occupe sur l’échiquier la place qui devrait être la sienne et tous prétendent être ce qu’ils ne sont pas ; la tripartition n’est qu’une illusion destinée à masquer les véritables clivages idéologiques… Peu étonnant que tant de Français, frustrés, écœurés d’être si peu, si mal, considérés, se détournent de la vie publique dans un terrible et si légitime « à quoi bon ? ».

D’un côté, les identitarismes de toutes obédiences. Qu’ils s’assument de droite ou se prétendent de gauche, les identitaires partagent la même vision du monde, les mêmes objectifs et les mêmes méthodes. Ils se détestent d’une rive à l’autre mais œuvrent volontiers conjointement à la destruction du monde commun et à la balkanisation de la nation. Ils attisent les haines religieuses mais aussi raciales, sexuelles, etc. : pour eux, tout est bon pour diviser toujours plus. Wokes et islamistes, communautaristes et nostalgiques des « racines chrétiennes », curés froids et obsédés du culte, censeurs à la moraline rance et passionarias du délit de blasphème… tous ces concordataires, partisans d’une conception anglo-saxonne de la coexistence interconfessionnelle – mensonge novlangagier pour la guerre des cultes –, prennent pour cible principale la laïcité parce qu’ils ont parfaitement compris qu’elle est le dernier rempart de notre universalisme républicain contre leur projet politique de destruction de la nation.

De l’autre, le néolibéralisme. L’idéologie, qui, selon ses thuriféraires, n’existe pas, s’est si bien implantée dans les esprits qu’elle façonne notre monde et inspire les politiques menées depuis une bonne quarantaine d’années. Ses dogmes sont devenus des lieux communs jamais remis en question, de telle sorte que l’aphorisme thatchérien « There is no alternative » n’a jamais été si réel. Destruction des services publics, privatisation de l’État [1], aliénation de la souveraineté : le néolibéralisme, pour qui seul compte ce qui se compte, se porte bien, merci pour lui. Sa capacité à embrasser les évolutions sociales comme techniques lui permet de s’adapter sans cesse et de trouver de nouveaux gisements à exploiter afin d’assouvir sa passion pour le dieu-pognon. La technophilie délirante qui nous transforme en esclaves des gadgets technologiques lui offre de nouvelles perspectives ; il s’en empare avec son avidité habituelle et nous sert les promesses effrayantes de l’infernal paradis transhumaniste : l’obsolescence programmée de l’homme dans les chaînes de la technoscience et de la rapacité.

S’il y a bien une « tenaille » dans laquelle sont pris les défenseurs du républicanisme, entendu ici comme pensée politique, c’est bien celle-ci – et non celle imaginée par les derniers tenants de la théorie de la « tenaille identitaire » (montage conceptuel aussi séduisant que limité), ceux que j’appelle les « républicains au milieu du gué », en hommage à Jean-Pierre Chevènement qui rêvait de rassembler les « républicains des deux rives ». Impeccables en matière de laïcité, combat dans lequel je suis heureux de me trouver à leurs côtés, les « républicains au milieu du gué » manquent à l’appel dès qu’il s’agit d’œuvrer à l’amélioration concrète des conditions de vie de nos concitoyens. Ils oublient soigneusement l’autre jambe du républicanisme : la République est laïque ET sociale – j’y reviendrai dans quelques instants. Obnubilés par les identitaires de toutes obédiences, ils se jettent volontiers dans les bras du néolibéralisme, qui les étouffe. Les identitarismes des deux bords forment, tous ensemble, une mâchoire de la véritable tenaille, et le néolibéralisme l’autre. Ainsi devons-nous lutter sur les deux fronts si nous ne voulons pas disparaître devant l’alliance des identitarismes et du néolibéralisme – idéologies parfaitement compatibles puisque, après tout, les identités ne sont que des marchés comme les autres et les identitarismes de juteux business.

La pensée républicaine

La République ne se contente pas d’être un type de gouvernement, de régime politique, parmi d’autres. C’est aussi, et avant tout, une éthique et une pensée politiques. En prenant pour point de départ anthropologique l’égale dignité de tous les individus et en se donnant pour objectif leur émancipation, la pensée républicaine lie liberté, égalité et fraternité dans une vision humaniste du monde commun. Il y a dans le républicanisme une grandeur qui oblige. La vertu civique en est le principe, le « moteur », dirait-on aujourd’hui : ce qui la meut, la met en mouvement, rend son action possible. C’est elle qui élève l’individu à la puissance du citoyen : l’engagement au service de la Cité, dans lequel il s’abstrait de ses intérêts privés pour parler et agir, avec les autres, à la recherche de l’intérêt général. La nation se conçoit alors, non comme la résultante d’une somme arithmétique d’intérêts privés égoïstement calculés, ni comme la réduction à un facteur commun ethnique plus ou moins fantasmé, mais comme une volonté politique d’œuvrer à l’édification d’un monde commun.

C’est pourquoi la pensée républicaine est si exigeante. Conformément aux enseignements des philosophes depuis Athènes jusqu’aux Lumières, elle repose sur l’exercice éclairé de la raison, la capacité de penser contre soi, l’acceptation de la discussion comme mode de résolution des conflits et la collégialité comme méthode de décision. Elle exècre tout autant les facilités et les renonciations de la démagogie et du césarisme. Elle rejette dans un même mouvement tous les charlatanismes et obscurantismes (quand bien même ils se prétendraient progressistes ou assureraient œuvrer à la défense de l’environnement), et promeut la méthode scientifique pour explorer le monde, tout en se gardant des manipulations et travestissements de la science que sont le scientisme et la technoscience.

Au triptyque fondamental devenu notre devise nationale – liberté, égalité, fraternité – s’ajoutent les épithètes qui qualifient la République à l’article premier de notre Constitution : indivisible, laïque, démocratique et sociale. Autant de principes largement attaqués par nos adversaires et nos ennemis… et bien peu défendus, hélas.
Indivisible. Les séparatismes de toutes obédiences émiettent la République, la divisent en bastions d’entre-soi, fragmentent son territoire quand la déshumanisation à l’œuvre dans la société de l’obscène et la culture de l’avachissement séparent les individus réduits à de simples consommateurs et anéantissent l’universalisme.
Laïque. La nécessaire respiration qui rend possible l’émancipation des déterminismes familiaux, sociaux, religieux… met en péril les projets des entrepreneurs identitaires. Le modèle communautariste de « coexistence » séduit de plus en plus, à mesure que la laïcité subit les pires calomnies et que la veulerie et la lâcheté autorisent toutes les compromissions avec l’infâme.
Démocratique. Le mot « démocratie » est cuisiné à toutes les sauces, confisqué et érigé en étendard par tous, et surtout par ceux qui en travestissent le sens pour mieux en saper les fondements : souveraineté populaire, espace public de libre expression des opinions, iségorie et isonomie…
Sociale. Alors qu’un nombre croissant de foyers peinent à remplir leur frigo le 12 du mois dans l’un des pays les plus riches du monde, la « question sociale » est loin d’être réglée. Non seulement les dispositifs de redistribution sont régulièrement la cible de la rapacité des intérêts privés, mais en plus le « social » ne se limite pas à eux et pose crûment la question, centrale pour la pensée républicaine, de la définition et de la place du « peuple ».

Le républicanisme prend au sérieux la question de l’État, de ses institutions – l’école au premier chef – et de ses services publics, centrale à la fois dans la pensée républicaine et dans l’histoire française : tout en se défiant énergiquement des statolâtries totalitaires, il s’agit d’assurer, par la puissance publique, l’égalité de tous devant la loi, les conditions de plein exercice de la citoyenneté, la cohérence nationale, la juste redistribution des richesses… Contrairement aux billevesées vendues (très cher) par les ennemis de l’État, lorsque ce dernier recule, ce n’est pas la liberté individuelle qui gagne du terrain mais les mafias criminelles et/ou religieuses qui l’occupent, pour le grand malheur de ceux qui sont contraints d’y vivre. Faire de l’État l’adversaire à abattre, c’est toujours jouer le jeu de ceux qui sont capables de s’en sortir sans lui, au détriment de tous les autres ; les services publics sont le dernier bien de ceux qui ne possèdent plus rien d’autre.

D’ailleurs, les mêmes causes produisant les mêmes effets, dans le domaine économique également, les conséquences de l’effacement pur et simple de l’État, prôné dogmatiquement par les néolibéraux au profit du Marché, sont catastrophiques. Loin des caricatures présentant protectionnisme, interventionnisme et planification comme des horreurs soviétiques dont la seule évocation suffirait à réduire à néant la civilisation, d’autres voies existent qui contredisent le totalitaire « There is no alternative ». En matière économique aussi, le républicanisme se montre bien plus rationnel et solide que ses idéologies concurrentes. Le maître-mot est, une fois de plus, la souveraineté. Ici encore, les calomnies des uns et les trahisons des autres ont entaché le concept d’une mauvaise réputation dont il faut le débarrasser. L’État-nation demeure le meilleur cadre pour l’émancipation des individus et l’action politique – contre les confiscations technocratiques, communautaristes, féodales ou financières. L’attachement à la patrie, cher au républicanisme, n’a rien d’un repli identitaire xénophobe : au contraire, l’appartenance assumée à une histoire, à une culture, à une langue, à un ensemble de références partagées… sert de tremplin vers l’universel.

L’appel au peuple

Le système politique tourne à vide et ne produit que du ressentiment. Les Français, dans leur immense majorité, ne votent plus… ou bien par défaut, par négation, par élimination, seulement mus par la peur, la colère ou la haine – autant de passions tristes. Les dirigeants politiques qui s’imaginent devoir leur élection à l’adhésion de leurs électeurs se méprennent terriblement : un tel aveuglement volontaire appartient au domaine de la psychopathologie et ne s’explique que par leur déconnexion totale du réel. Ces gens-là vivent dans une réalité parallèle dont ils n’ont aucune raison de s’échapper puisque chacun joue sa partition dans un ensemble parfaitement verrouillé dont les discours démagogiques entretiennent et approfondissent les divisions de la nation.

Faire entendre une autre voix, forcément dissonante, faire émerger une nouvelle force politique, paraissent impossibles, alors même que le besoin est vital d’une autre vision du monde, d’une véritable alternative qui, contrairement à tous les repoussoirs qui nous désespèrent, serait positive, qui pourrait emporter l’enthousiasme.

Comment refuser ce carcan ? comment dépasser à la fois le clivage gauche-droite et une tripartition qui laisse de côté la majorité des Français ? Car c’est là une réussite magistrale : avoir réussi à faire croire à tout le monde qu’il n’y avait rien hors des trois camps fabriqués pour forclore l’offre politique. Or c’est un énorme mensonge. Cette odieuse tripartition est le nouvel avatar du « there is no alternative ». C’est un viol du politique, un assujettissement du peuple dépouillé de sa souveraineté, la prise en otage de la nation. Il faut penser au-delà, refuser de se laisser enfermer dans ce qui n’est pas un choix mais un asservissement de la raison et de la réalité.

Le premier objectif : rassembler les Français. Les plaies béantes qui nous déchirent ne peuvent continuer de s’ouvrir, il faut impérativement les panser, s’attaquer de front aux insécurités physique, sociale, économique, culturelle qui détruisent notre nation. Et pour cela, l’infantilisation du peuple doit cesser. Un grand mouvement républicain ne peut reposer que sur l’appel à la raison du peuple. Faute d’idées, les autres partis se contentent de promesses démagogiques. Un discours rationnel et raisonnable peut être entendu… mieux : il serait la bouffée d’air tant attendue dans l’atmosphère actuelle, empoisonnée des mensonges des uns et des autres. Ne pas nier la réalité au nom de l’idéologie ; dire la vérité ; dire ce que l’on voit. Quel changement !

Cet appel au peuple, à sa raison, à sa « décence commune », pour indispensable qu’il soit, se heurte à l’état de décomposition avancée de notre corps social. Nous vivons dans des mondes parallèles qui au mieux s’ignorent, au pire s’affrontent idéologiquement ou dans le sang. Les Français ne se parlent plus, ne se comprennent plus, se méprisent, s’insultent, se détestent, se combattent. Le repli dans les bulles d’entre-soi, encouragé simultanément par le néolibéralisme et les identitarismes, constitue une guerre civile larvée – que seules la culture de l’avachissement, la lassitude générale et la veulerie universelle empêchent de basculer dans la guerre civile réelle : même de cela, même de la véritable guerre civile, plongés volontairement dans une torpeur languide alimentée par les narcotiques du divertissement spectaculaire et des doudous technologiques infantilisants, nous ne sommes plus capables.

Ce que j’appelle la culture de l’avachissement et la société de l’obscène, les deux faces « culturelles » de notre modernité, sont peut-être nos ennemis les plus sournois. Nous pouvons et devons combattre nos adversaires idéologiques et nos ennemis existentiels… mais comment lutter contre l’apathie publique, contre l’égoïsme élevé au rang de valeur suprême ? Comment susciter un mouvement véritablement civique qui ne soit pas motivé par le ressentiment et les passions identitaires, qui ne se limite pas à la bouffée hystérique d’un buzz médiatique, disparue sitôt publiés les selfies instagrammables ?

L’appel au peuple n’interdit pas la lucidité. Ni la misanthropie – symptôme de bonne santé mentale. Malgré les espérances d’Orwell et de ses épigones modernes, il n’y a plus rien qui ressemble à une « décence commune ». Après le massacre de Charlie Hebdo, nous avons marché, nombreux, rassemblés en ce qui fut peut-être la dernière image fantomatique d’une nation déjà anéantie. Et puis ? Rien après le Bataclan, rien après Nice, rien après Samuel Paty, rien après Dominique Bernard, rien après le pogrom du 7 octobre (l’attentat qui a fait le plus de morts français depuis Nice !)… Lorsque nous sommes attaqués, blessés au plus profond de notre communauté politique, nous nous contentons d’allumer des bougies, de déposer des nounours par terre et d’afficher des slogans « vous n’aurez pas ma haine ».

Comme cette léthargie est étrange, alors que souffle dans tous les esprits un vent de révolte de colère – très sain en lui-même. Mais ces sentiments authentiquement politiques, ne trouvant aucun débouché politique, ils pourrissent en une désespérance doublée d’une haine dirigée contre le premier épouvantail venu. Aveuglée par la souffrance, la bête blessée dévore sa propre patte retenue dans le piège. Nous oscillons individuellement et collectivement entre l’avachissement du « rien à foutre ! », la capitulation d’un « à quoi bon ? » objectivement légitime, et l’explosion d’un « ras le bol ! » dévastateur.

Assumer la radicalité… la vraie !

Républicains, notre devoir est d’entendre et de comprendre les passions populaires. Et de répondre aux attentes, sans rien céder à la démagogie. Contre la société de l’obscène et sa déshumanisation, contre la culture de l’avachissement, le projet paraît ridicule de vouloir susciter une véritable passion civique, de faire renaître dans les cœurs des individus la vertu et d’affranchir les consommateurs en forgeant des citoyens. La République a besoin de caractères fermes, incorruptibles, tant du côté de ses dirigeants pour la guider que, plus important encore, de celui des citoyens, pour l’animer. Tous doivent être dotés d’une vertu civique inébranlable – sentiment bien anachronique, semble-t-il.

C’est pourquoi j’évoque un républicanisme « radical ». Radical, non seulement, bien sûr, au sens du parti radical du troisième tiers du XIXe siècle qui, au-delà des légendes, des caricatures et des calomnies, a su ancrer la République indivisible, laïque, démocratique et sociale – avec bien des limites et des imperfections, évidemment, mais dont le projet humaniste et l’horizon universaliste demeurent d’une grave actualité. Mais aussi radical au sens étymologique du terme : nous devons revenir aux racines de notre pensée politique, à ses principes fondamentaux ; extirper le mal à la racine, faire fi des faux débats, ces leurres conçus comme diversions et divertissements, et faire feu sur nos véritables adversaires, attaquer les véritables sujets ; refuser les solutions faciles, évidentes, reconnaître la complexité du monde et chercher les causes réelles des difficultés que nous affrontons ; refuser l’écume et plonger au plus profond du réel.

Si nous prônons la mesure, la raison et la pensée, nous sommes toutefois à l’opposé exact de ce « centrisme » qui se confit dans son illusoire « cercle de la raison ». Notre éthique interdit tout compromis avec nos principes, toute compromission avec les responsables de la situation actuelle (qu’ils fussent au pouvoir hier ou aujourd’hui, ou qu’ils s’en tinssent stratégiquement éloignés tout en en profitant allègrement). La France a besoin avant tout d’un grand débarras de tous ceux qui ont collaboré de près ou de loin à sa destruction depuis quarante ans, y compris ceux qui sont restés sur le banc de touche, « amateurs » et « professionnels » de la politique, collaborateurs et profiteurs. Nous refusons d’accorder le moindre crédit aux trublions vulgaires, aux usurpateurs de légitimité démocratique, aux profanateurs du Parlement et du politique. Imposture et hypocrisie, écrivait Yourcenar, sont les deux visages modernes du mensonge ; ils sont aussi les deux visages de cette classe politique subclaquante. Un peu de sérieux, de gravité et de responsabilité feraient du bien à la vie politique !

Nous ne nous soumettons ni aux modes ni à l’air du temps et refusons de nous laisser entraîner dans les débats ni dans les définitions imposés par d’autres. Pour remporter la « bataille culturelle », nous imposons nos priorités, notre grille de lecture. Nous nous réapproprions les mots et les concepts : leur capture et le viol de la langue sont criminels – la lutte politique est aussi, et peut-être avant tout, une lutte pour rendre aux mots leurs sens et mettre fin au massacre de cette langue qui fait partie intégrante de notre culture commune.

Nous assumons pleinement notre vision du monde, notre idéologie – au sens noble du terme, celui d’une Weltanschauung, comme disait Max Weber – faite de références historiques et intellectuelles communes, de modèles de grands hommes – hommes d’État et de plume, de science et de pensée. Faite, surtout, de principes fondamentaux intangibles à partir desquels nous construisons logiquement un programme d’action politique cohérent – véritable alternative aux politiques proposées par ailleurs. Nous n’avons pas vocation à devenir une note de bas de page dans un ouvrage d’historien du siècle prochain – s’il y a encore des historiens au siècle prochain. Nous ne sommes pas là pour représenter quelque minorité anecdotique. Je suis convaincu que nos idées sont majoritaires dans notre pays, que notre vision du monde est capable de convaincre la majorité des Français et que notre programme politique peut emporter la majorité des suffrages. C’est avec le plus grand sérieux que nous devons nous engager dans une véritable stratégie de conquête du pouvoir.

Restaurer la République

Les fractures (sociales, territoriales, culturelles, économiques, générationnelles…) sont nombreuses et, surtout, se superposent, s’aggravant réciproquement. Les redditions et trahisons ont conduit la République et l’État à abandonner des territoires physiques et symboliques de plus en plus importants. Nous n’avons d’autre choix que de les reconquérir. « La République à chaque coin de rue » ne se contente pas d’être un slogan : c’est le guide de toute notre action. Parce que là où la République recule, les mafias criminelles et/ou religieuses s’empressent d’occuper le terrain pour le plus grand malheur de ceux qui y vivent et ne rêvent que de s’échapper.

Pas plus que nous ne pouvons laisser à nos adversaires le monopole sur les mots et les concepts qu’ils manipulent impunément au point de leur faire dire le contraire de ce qu’ils signifient, nous ne pouvons leur laisser le monopole sur les sujets qui empoisonnent la vie des Français, au prétexte vile et veule que ce serait « faire le jeu de… ».

Traiter avec fermeté et humanité les questions d’immigration, d’intégration (ou d’assimilation, un terme rendu radioactif par des idéologues soi-disant antiracistes qui propagent le pire racialisme, alors qu’il mériterait de retrouver son sens véritablement humaniste), de sécurité, de délinquance… ce n’est pas « faire le jeu de… » mais, au contraire, répondre aux attentes véritables du peuple. Tous ces sujets effraient les bonnes âmes qui s’empressent de traiter de fascistes ceux qui osent seulement en parler. Or il ne s’agit plus de parler mais bien d’agir : mettre fin à l’extension du domaine du caïdat et rendre à chacun la sérénité et la sécurité auxquelles il aspire, voilà une politique républicaine et populaire !

Le « sentiment d’insécurité » a fait long feu. Sans sombrer dans la démagogie, dans les rodomontades de matamores aux petits pieds, dans les discours martiaux qui débouchent immanquablement sur la déception et la frustration, dans les promesses de « transformations urbaines » qui offrent des milliards d’euros d’argent public aux caïds et aux mafias des quartiers, dans l’inversion des valeurs par laquelle les criminels sont portés au pinacle et les victimes calomniées, dans les discours identitaires séditieux qui fabriquent des boucs émissaires pour mieux protéger les vrais coupables… une politique radicalement républicaine a pour objectif immédiat l’ordre et la justice, autrement dit la lutte assumée contre tous les degrés de cette insécurité qui n’est pas qu’un sentiment : des plus petites incivilités qui pourrissent les relations humaines au terrorisme islamiste responsable de la mort de plusieurs centaines de nos concitoyens ces dernières années, en passant toutes les formes de délinquance et de criminalité. Le « sentiment » à abattre n’est pas celui de l’insécurité mais de l’impunité.

Pour cela, nous devons nous saisir d’un autre gros mot : l’autorité. Le besoin est immense de réinvestir l’autorité, la sacralité, la verticalité. Or l’autorité est d’abord une question d’incarnation. Les figures classiques en sont délégitimées, décrédibilisées, moquées, calomniées et ont pris leur place dans les esprits des clowns sinistres, des bonimenteurs démagogues, des saltimbanques haineux. La tâche est immense : remettre sur pied les représentants déchus de l’autorité – autorité de l’État et des institutions, des maîtres et de la connaissance, de la science et de la raison…

Mis à mal par des générations de politiques et de parasites divers qui se sont nourris sur la bête, attaqué de toutes parts, l’État, au premier chef, doit retrouver sa position et son efficace. Contrairement à une idée répandue, le néolibéralisme n’a pas pour objectif la disparition de la puissance étatique mais bien sa privatisation de toutes les façons possibles : en confiant au secteur privé les institutions et les pans de services publics qui peuvent constituer un juteux business (hôpital, école…), en détournant l’argent public des services publics vers des parasites privés, en utilisant la puissance régalienne pour défendre des intérêts privés. Quant aux identitarismes, ils sont les premiers à manipuler l’État tout en le vilipendant. Après la séparation des Églises et de l’État, l’heure est à une nouvelle séparation des lobbies et de l’État, qui viendrait, enfin, nettoyer les relations incestueuses entre politique, privé et associations, sans craindre de déplaire à tous ceux qui abusent des abdications et de la complicité des politiques.

Quant à l’administration et aux services publics, à la fois colonne vertébrale de l’État et bien commun de la nation, leur redressement nécessite des mesures d’ampleur qui vont dans le sens exactement opposé à tout ce qui a été fait ces dernières décennies pour les détruire. J’ai déjà expliqué en détail les réformes à mettre en œuvre, en voici une liste non exhaustive, je laisse le lecteur intéressé aller voir les explications dans le billet « Rénover la fonction publique ? Chiche ! » : abonder correctement les budgets ; recruter ; mettre fin à la contractualisation ; remettre sur pied le principe du concours ; revaloriser les carrières de toutes les catégories et dégeler le point d’indice ; répondre au besoin urgent de reconnaissance ; faire du soutien indéfectible aux agents de la fonction publique la règle, et du respect de leur engagement une évidence partagée ; retisser les liens entre cabinets ministériels, administrations centrales et établissements sur le terrain ; obliger les hauts fonctionnaires à demeurer en poste au moins cinq ans ; alléger la gestion et les contrôles paranoïaques ; en finir une bonne fois pour toute avec le new public management ; revenir à une gestion saine, c’est-à-dire fondée sur la confiance dans la compétence de fonctionnaires, en donnant à leurs cadres les moyens de diriger concrètement leurs actions sur le terrain, avec des orientations générales claires et l’appui de la chaîne hiérarchique ; repenser en profondeur le fonctionnement du syndicalisme ; assurer les agents du soutien de leurs hiérarchies dont chaque niveau doit assumer ses responsabilités ; repenser toute l’organisation de la fonction publique territoriale ; revoir le fonctionnement des écoles d’application et de formation des cadres ; dénoncer et mettre fin au scandale des fonctionnaires européens ; rendre l’impôt de nouveau juste et compréhensible pour qu’il soit acceptable

De toutes les institutions (et non service public) de l’État, l’école est sans doute, pour les républicains, la plus importante. Celle où tout se joue. Or son effondrement, qui marque celui de l’instruction et de la transmission, apparaît comme le symbole et le symptôme du basculement civilisationnel auquel nous nous opposons. Contre l’abêtissement général et l’inculture plastronnante, la réinstitution de l’école, dont la vocation est l’instruction, demeure la priorité absolue. L’enjeu, vital, est civilisationnel. C’est là, sans doute, que l’autorité est la plus mise à mal. Alors que l’autorité des professeurs est fondée sur la maîtrise du savoir dans la discipline enseignée, toutes les « réformes » des quarante dernières années ont eu pour but unique de saper la discipline et les disciplines, de transformer les maîtres en animateurs dont le rôle n’est plus de transmettre des connaissances et, ce faisant, d’émanciper les élèves et d’instituer des citoyens, mais de flatter les ego des enfants et des parents en les enfermant un peu plus encore dans leurs déterminismes familiaux, sociaux et religieux. Tous ceux qui ont participé à ce crime contre la jeunesse et contre la nation – ministres et parents d’élèves, administration du ministère adepte du « pas de vague » dans toute sa chaîne hiérarchique et syndicats d’enseignants, idéologues du pédagogisme et professeurs complices, concepteurs de programmes toujours plus ineptes et moins exigeants et commentateurs diffamateurs seulement capables de répéter en un écœurant psittacisme tous les clichés contre les profs… – tous devraient se couvrir le visage de cendre ! Ils sont responsables de la fabrication en chaîne de crétins arrogants. Mais aussi de voyous décérébrés – parce que, faut-il encore le rappeler ?, c’est par l’éducation que s’établit le rapport à la loi.

Avec l’école, c’est toute l’idée même de culture que nous devons réhabiliter. Le relativisme en la matière, aussi généreux prétend-il être, fonctionne en réalité comme un leurre qui enferme les individus dans le périmètre étroit de leurs prédestinations. Le contraire, en somme, de l’émancipation. La possession d’une culture large – y compris scientifique : la résolution de la crise climatique et environnementale, si tant est qu’elle soit encore possible, ne peut qu’allier science et politique, en se gardant des charlatanismes et des manipulations idéologiques, des illusions puériles du scientisme et des détournements de la technoscience – ouvre sur l’universel et débute avec la parfaite maîtrise de sa langue – hélas si maltraitée – et des références communes. La culture française est d’une immense richesse – malgré ce qu’a pu prétendre celui qui devrait en être le plus vigilant gardien, le Président lui-même qui a osé affirmer, avec la morgue qu’on lui connaît, qu’elle n’existe pas. Nous pouvons en être fiers collectivement. Le patriotisme républicain n’a rien à voir avec les caricatures que peuvent en faire les tristes propagateurs de la haine de soi. Il embrasse l’histoire nationale en un bloc, avec un regard lucide sur le passé, sur les ombres et les lumières d’une histoire complexe, sans repentance ni illusion, sans révisionnisme ni fantasme de la table rase.

La nostalgie n’a rien de honteux et nous pouvons sereinement assumer être les héritiers d’un beau et grand pays, d’une nation qui a su, par le passé, briller mondialement et faire entendre une voix différente des autres. Cette voix est d’ailleurs toujours attendue, à défaut d’être entendue. La France a quelque chose de singulier à dire au monde, quelque chose dont le monde a besoin et que beaucoup espèrent. Nous pouvons et devons rebâtir ce modèle unique capable de parler à tous.

La malédiction des républicains

Hélas !, nous n’avons, bien souvent, même pas besoin d’adversaires ni d’ennemis : nous nous débrouillons très bien pour nous saborder nous-mêmes. La médiocrité des républicains est affligeante : où sont les Gambetta, les Clemenceau ? La déliquescence générale fait aussi des ravages dans nos rangs. Je regrette la propension de la « galaxie » républicaine – que je qualifierais plutôt, hélas, de nébuleuse ou d’archipel – à la chamaillerie suicidaire. Nous n’aimons rien tant que nous diviser. Nous préférons nous battre entre nous que faire front et agir de conserve. Nos adversaires et nos ennemis le savent, le voient et en profitent – ils auraient tort de se gêner ! D’accord sur l’essentiel, nous nous opposons pour des brimborions. Nous nous fâchons à mort avec nos amis et ne tirons de notre solitude qu’une ridicule gloriole. Tout cela est aussi épuisant que désespérant. Quoique viscéralement anticésaristes, nous devons reconnaître que nous avons le terrible besoin d’une incarnation, d’une figure rassembleuse, capable de faire taire toutes ces ridicules bagarres de cour de récré. Cette personnalité existe. Elle pourrait susciter un véritable enthousiasme populaire.

Reconstruire un monde commun

Dans cette atmosphère lugubre, qui nous étouffe, il est vital de rompre avec les politiques qui ne nous servent que des divertissements destinés à tromper notre vague à l’âme de repus qui s’ennuient. Il faut secouer tout cela ! Nous avons le devoir de réécrire, ensemble, un récit commun, une histoire commune avec un passé partagé et un avenir désirable pour tous – de nous consacrer à l’édification du monde commun. Nous souffrons d’un terrible besoin de grandeur, d’honneur, de vertu civique, d’éthique… mais aussi de légèreté, d’humour, d’esprit. Le républicanisme est notre antidote. À condition d’en administrer au pays une dose de cheval.

Cincinnatus, 16 septembre 2024


[1] Et non destruction, comme on le croit souvent naïvement. Le néolibéralisme a besoin de l’État et de la puissance publique pour en détourner les moyens et s’en servir à ses propres fins.

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Cincinnatus

Moraliste (presque) pas moralisateur, misanthrope humaniste, républicain râleur, universaliste lucide, défenseur de causes perdues et de la laïcité, je laisse dans ces carnets les traces de mes réflexions : philosophie, politique, actualité, culture…

10 commentaires sur “Pour un républicanisme radical”

  1. Bonjour,

    Une nouvelle fois je partage votre idée de la République avec une nuance car, à moins que je me trompe, j’ai la sensation que votre conception de notre République est plus « territoriale » que la mienne.

    Il me semble la République a une portée universelle et que l’Histoire (qui est liée au développement des idées autant que des techniques) ne s’arrêtant jamais nous sommes au moment où nous pourrions proposer et porter cette République universelle au-delà de nos frontières…

    Je ne suis pas prêt à laisser en plan le projet européen qui à mes yeux et malgré ses déboires, ses trahisons, ses atermoiements (mais tout cela n’est ce pas la vie?) reste une source d’espérance.

    Comment dans ce cadre là notre République peut-elle être entendue, comprise et partagée… voilà je le crois aussi un véritable combat.

    Pierre

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  2. « Tout cela est aussi épuisant que désespérant. « 

    Comme vous le dites si bien.

    Mais pourquoi vous obstinez-vous à perdre (et à faire perdre)
    encore tant de temps et d’énergie à le répéter ?

    Avec toute mon autocompassion citoyenne.

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  3. Vous pourriez presque me convaincre de devenir républicain car j’aime votre approche d’un républicanisme qui « oblige ». Mais revenons au réel et regardons la société telle qu’elle est. Pensez-vous qu’il soit possible d’appliquer le début du commencement de votre programme visant à rétablir une décence commune? Pensez-vous notre peuple encore capable de raison? Personnellement j’en doute …

    La Dive

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      1. Je partage tout à fait ce que vous avez exprimé dans ce billet sur l’indécence commune et il est très probable qu’A.Huxley, observant le même phénomène de disparition de la décence commune, l’aurait rattaché à la disparition de la classe ouvrière.

        Maintenant, considérant que « tout désespoir est une bêtise absolue » que faudrait-il mettre en place pour éradiquer cette indécence commune? Plus de république dites-vous. Il faut tout d’abord reconnaitre que c’est sous un régime républicain que la décence commune s’est amoindrie. La république n’ayant de cesse de s’en prendre à ce qui relie les hommes en eux (la famille, les corporations, les syndicats, les particularismes régionaux) et les hommes à leur passé (révision de l’histoire, culte du progrès) elle tend à en faire des individus isolés et sans racine. Ces citoyens diminués, matraqués par les injonctions à consommer, ont beaucoup plus de mal à se comporter selon une décence commune.

        Une république plus exigeante, une république qui « oblige » (décidemment, j’aime beaucoup cette formule) aurait-elle pu éviter cette décadence ? Je ne sais pas, mais je pense comme vous qu’une solution césariste serait la voie la plus courte pour stopper cette spirale qui nous entraine.

        La Dive

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        1. Bonjour,
          Je ne partage pas du tout vos point de vue mais je leur reconnais volontiers une cohérence et une structure qui encouragent le dialogue et le débat : c’est énorme et si rare ! Merci.
          Pas d’accord avec « tout désespoir est une bêtise absolue » : il me semble au contraire que c’est l’espoir, le dernier et le pire des maux contenus dans la boîte de Pandore – les Grecs possédaient une lucidité qui nous manque -, qui empoisse les esprits et gâche l’action. On n’y voit clair que lorsque le désespoir a effacé les mirages et les fantasmes, et qu’il ne reste plus devant soi que le réel dans toute sa crudité.
          Pas d’accord avec votre interprétation de la République responsable de la décadence. La question est trop profonde pour être traitée correctement ici : il me faudra y revenir plus tard – et je vous remercie de m’y inciter !
          Pas d’accord, enfin, avec le césarisme : s’il est évident que le contexte institutionnel autant que les forces centrifuges qui animent les républicains entraînent nécessairement la cristallisation du mouvement dans une figure rassembleuse, celle-ci doit toutefois impérativement se plier aux principes républicains de collégialité, de délibération, etc.
          Amitiés
          Cincinnatus

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  4. La formule souvent citée de Maurras comme quoi en politique tout désespoir est une bêtise absolue est rarement remise dans son contexte. Elle est extraite de l’un de ses premiers ouvrages « Trois idées politiques : Chateaubriand, Michelet, Sainte-Beuve. » de 1898 où il s’en prenait à Chateaubriand, qui, d’après lui, avait nuit à la cause contre-révolutionnaire par un excès de romantisme. Au travers de Chateaubriand, il fustigeait les hommes de droite qui aimaient à se complaire dans une idéalisation de l’époque prérévolutionnaire et dans un désespoir romantique vis à vis des temps présents. Il reprochait par exemple à Chateaubriand son désespoir de ne pouvoir faire revenir l’ancien régime qui le conduisait dans une opposition excessive aux tentatives de restauration.

    Il disait plus ou moins la même chose des hommes de gauche qui comme Michelet se contentait d’une vision « sensuelle, intuitive » de la nation et ne se préoccupaient pas beaucoup des faits et des conséquence auxquelles pouvait amener le récit national qu’ils construisaient. Il regrettait que les hommes de son époque ne s’intéressaient pas assez à Sainte Beuve qui représentait une voie médiane, argumentée, capable de réunir tous les Français.

    Cette citation est donc extraite d’un ouvrage à mi chemin entre la critique littéraire et la politique ou l’on voit poindre ce qui va devenir une méthode d’action politique.

    La phrase « en politique tout désespoir est une bêtise absolue » est donc, à mes yeux la première pierre sur laquelle C. Maurras va construire son « empirisme organisateur« , une méthode d’analyse et de prise de décisions politiques inspirée du positivisme par laquelle il essaye de partir des faits, du réel et ou chaque possibilité d’action est analysée en fonction des risques et des chances d’arriver à ses fins.

    Dire que tout désespoir est une bêtise absolue ne veut donc pas dire manquer de lucidité, refuser les faits, ignorer les contingences. Au contraire c’est une exhortation à regarder les réalités telles qu’elles sont, sans idéologie, sans sectarisme, sans nostalgie pour trouver le chemin permettant de faire progresser la nation.

    En lisant votre billet, j’ai eu l’impression que vous empruntiez la même méthode, celle d’une analyse lucide des faits pour proposer des solutions qui peuvent sembler hardies aux moutons de Panurge mais qui semblent étayées.

    Je découvre votre blog, je n’ai ouvert qu’un ou deux liens vers les billets antérieurs mentionnés dans votre texte, mais c’est avec beaucoup d’appétit que je m’apprête à ouvrir les autres.

    La Dive

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    1. J’avoue que je ne connaissais pas la citation de Maurras, que j’ai découverte en faisant des recherches à partir de votre premier commentaire.
      Vous vous doutez que, politiquement, Maurras n’est guère ma tasse de thé mais je préfère toujours un adversaire intelligent à un allié médiocre.
      Bienvenue sur mon blog… et bonne chance si vous voulez lire les 400 billets qui ont précédé celui-ci ! Je me permets de ne vous en suggérer qu’un, qui fait en partie écho à vos réflexions : De la volonté en politique.
      Cincinnatus

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  5. Bonjour Cinci,

    Merci encore pour vos réflexions sur l’état de notre République qui ces derniers temps atteint des sommets de bêtise crasse.

    La difficulté selon moi est de sortir de ces jeux d’égos et de courtisanerie, dès que l’on s’approche du pouvoir. Je ne vois pas à brèves échéances de sursaut; même les dernières élections législatives qui ont déplacé des millions d’électeurs n’ont pas apporté de solution à long terme.

    Est-ce que ce ne serait-pas dans notre constitution qu’il faudrait chercher les racines de ce mal si français ? Je pense au livre de JF REVEL, « L’absolutisme inefficace ». Nous en sommes en plein dedans je trouve…un chef de l’Etat, qui gouverne mais qui n’est pas responsable devant la représentation du peuple…il aurait dû partir le soir du 7 juillet.

    Je crains des lendemains difficiles quand on connait l’Histoire de ce pays fait de guerres civiles depuis presque ses origines gauloises…

    Merci encore pour vos réflexions toujours stimulantes.

    K

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  6. Bonjour,

    Un régime politique qui n’a amené que ruine à son pays et qui est incapable de défendre les siens.

    Ne pouvant subsister que parce qu’une puissance étrangère s’occupe à sa place de toute notion de défense, de viabilité et de rationalité.

    Restant continuellement de marbre à chaque fois qu’on retirait au pays des composantes essentielles à la mise en place des objectifs, inconnus de tous Français, de la république Française. Pire, légitimant et oeuvrant sans interruption pour les ennemis de la république.

    Le clou : après trois cent ans de républicanisme on apprend par les mêmes républicains un nouveau commandement de la sagesse républicaine : notre propre peuple est responsable de tous les maux de l’humanité et il faut au plus vite diffuser au monde entier la cible de notre propre population.

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