Ma déclaration de politique générale

Bien que l’espérance de vie des gouvernements ait récemment chuté et que la file d’attente des candidats à Matignon se soit simultanément réduite, je doute fort d’être à mon tour appelé à ces hautes fonctions. Tant mieux ou tant pis, qui sait ? Ce n’est toutefois pas une raison pour ne pas m’amuser à imaginer la politique que je mènerais à la tête de mon gouvernement. Si les prochains éminents personnages destinés à présider à notre destin collectif souhaitent s’en inspirer, grand bien leur fasse !

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Mesdames et Messieurs les députés de la Nation française,

Ma politique étrangère et ma politique intérieure, c’est tout un. Politique intérieure, la République ; politique extérieure, la République. Toujours la République ! Tel est le mot d’ordre de tout le gouvernement que j’ai l’honneur de diriger. Les douze ministres qui le composent n’ont été choisis que dans cette perspective : guidés par le seul intérêt général, ils font preuve d’une vertu civique immarcescible. C’est tout ce qui m’intéresse. À eux, maintenant, de mener à bien leur mission.

La première, la plus fondamentale, revient au ministre d’État, ministre de l’Instruction publique : réinstituer l’école républicaine. Et il y a de quoi faire ! Je rappelle, encore une fois, que l’école n’est pas un service public, c’est une institution – et sans doute la plus importante d’une République digne de ce nom. Une institution sapée par le consumérisme qui anime toute la société et, au premier chef, les élèves et leurs parents. Son rôle, sa vocation : transmettre les savoirs, instruire les élèves et, par l’instruction et l’exercice de la raison, les émanciper des déterminismes sociaux, économiques, religieux qui les aliènent.
Pour ce faire, il n’y a guère de secret. Dans le désordre, parce que tout est prioritaire et forme un ensemble cohérent : restaurer, partout et tout le temps, l’autorité des maîtres qui repose sur leur magistère intellectuel ; ne les recruter que par des concours qui doivent sanctionner la maîtrise rigoureuse de la discipline ; revaloriser financièrement le métier en dégelant le point d’indice des fonctionnaires (j’y reviendrai), en compensant les années de perte de pouvoir d’achat et en alignant le traitement des enseignants sur celui des autres catégories A de la fonction publique ; relever le niveau général catastrophique en limitant le nombre d’élèves par classe, en recentrant les enseignements sur les disciplines, en éliminant toutes les « heures de rien », en mettant fin aux mensonges sur le niveau réel des élèves et en revoyant en profondeur les programmes dans un objectif d’exigence intellectuelle et scientifique ; refaire du brevet des collèges et du baccalauréat des examens nationaux sanctionnant un niveau suffisant pour passer au lycée et dans le supérieur ; concentrer les efforts au primaire sur les fondamentaux et interdire le passage dans la classe supérieure si le niveau attendu n’est pas atteint, tout particulièrement en lecture ; promouvoir le mérite, le travail et l’effort contre la culture de l’avachissement ; rompre avec les discours démagogiques sur la « bienveillance » ; valoriser l’enseignement professionnel en lui donnant les moyens dont il a besoin et y renforcer les disciplines générales ; expulser du ministère les idéologues pédagogistes et en fermer la porte aux charlatans autoproclamés spécialistes des « sciences de l’éducation » ; cesser de faire passer pour des enfants « spéciaux », dys-machin ou hyper-truc, des gosses mal élevés qui pourrissent la vie des autres, et aider efficacement ceux qui sont atteints de troubles réels ; lutter véritablement contre le harcèlement scolaire en punissant de manière exemplaire les petits bourreaux et en protégeant les victimes ; ne tolérer aucune incivilité ; laisser les parents d’élèves à la porte de l’école et dissoudre les associations et fédérations qui calomnient les enseignants et prétendent diriger la politique scolaire nationale ; garantir la liberté pédagogique des professeurs ; renvoyer devant les élèves tous les déchargés professionnels, les formateurs à plein temps, les chargés de mission fictive et les planqués au ministère ou dans les rectorats, ainsi que les inspecteurs et remplacer ces derniers par des enseignants ayant au moins quinze ans d’expérience et ayant fait la preuve de leur compétence ; ne confier la formation des jeunes enseignants qu’à des professeurs chevronnés ; mettre l’administration au service de l’instruction, garantir le soutien de leur hiérarchie aux enseignants et tourner définitivement la page du « pas de vague » ; revenir sur tous les avantages offerts à l’enseignement privé, depuis la loi Debré de 1959, qui lui permettent de mener à l’école publique une concurrence déloyale et faussée ; appliquer rigoureusement le principe de laïcité sur tout le territoire ; ne tolérer aucune contestation des enseignements au nom d’une quelconque croyance, aucune intimidation ni aucune menace envers les enseignants ; sacraliser l’enceinte de l’école pour la rendre absolument hermétique à toutes les influences extérieures et, notamment, en interdire résolument l’entrée à toutes les associations.
Une fois que nous aurons fait tout cela, nous n’aurons que commencé un travail qui prendra au moins une génération pour porter ses fruits mais, au moins, nous aurons fait ce que nous devions.

J’ai confié au ministre de la Justice et Garde des sceaux la lourde charge de briser la dialectique mortifère entre sentiment d’impunité et sentiment d’injustice, en mettant fin à chacun d’eux.
Nous devons donner à la Justice les moyens humains, financiers et matériels de son action, dont elle est structurellement privée depuis toujours, et ainsi sortir l’institution de son état de clochardisation avancé qui en fait la honte de notre République.
De même, l’état de nos prisons, inhumaines écoles du vice, appelle des investissements massifs, non seulement pour les rendre dignes mais aussi pour y briser les endoctrinements et les cursus honorum criminels.
Comme toutes les figures d’autorité, les magistrats, concurrencés par des histrions démagogues, ont perdu leur légitimité aux yeux du public : leur autorité doit être restaurée et assurée. Afin de retisser des liens de confiance entre le peuple et les magistrats qui jugent en son nom, le fonctionnement des procédures judiciaires doit être expliqué, les jugements incontestables et incontestés, les règles déontologiques strictement observées. Dans ce domaine, peut-être plus qu’en aucun autre, l’exemplarité ne peut souffrir aucune faiblesse ; c’est pourquoi aucune confusion des genres ne peut être tolérée entre magistrature, syndicalisme et militantisme politique.
En revanche, la protection des magistrats et de tout le personnel de la Justice est un devoir absolu alors qu’ils subissent des menaces et des attaques inadmissibles.

Le ministre de l’Intérieur doit assumer le premier devoir de l’État : protéger les Français. Pour assurer leur sécurité, tous les moyens doivent être mis en œuvre.
La priorité en ce domaine demeure la lutte contre le terrorisme, qu’il doit mener en lien très étroit avec le ministre de la Justice : démanteler les réseaux, fermer de tous les lieux où se tiennent des discours factieux, des encouragements au meurtre ou la promotion de valeurs en opposition flagrante avec nos principes, arrêter et, le cas échéant, renvoyer dans leur pays d’origine tous les prédicateurs de haine, interdire les médias de propagande aux ordres de puissances étrangères et se défendre contre les tentatives extérieures et intérieures de déstabilisation de notre nation, combattre l’entrisme islamiste dans les clubs sportifs, les associations, les entreprises… Nous savons combien il est difficile de lutter contre l’idéologie fréro-salafiste : et alors ? Nous n’allons pas renoncer pour une raison aussi fallacieuse. Au contraire. Nous allons mener pleinement la guerre qui nous a été déclarée. Aujourd’hui, on peut être assassiné parce que l’on est dessinateur ou écrivain, femme ou homosexuel, professeur ou juif (nous faisons face à la pire vague d’antisémitisme depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale). Nous n’avons pas choisi d’être désignés pour ennemis mais nous devons l’accepter et l’assumer en combattant l’ennemi partout où il se trouve, y compris hors de nos frontières.
Nous avons l’impérieux devoir d’assurer la sécurité de tous les citoyens ainsi que leur absolue égalité en droits et en devoirs, en luttant contre toutes les discriminations et violences, notamment en fonction du sexe ou de l’orientation du désir érotique : les femmes et les homosexuels sont des cibles privilégiées pour certains délinquants et criminels, et tout particulièrement pour les islamistes qui refusent de comprendre que l’égalité entre les hommes et les femmes et la liberté de mener sa vie comme on l’entend sans subir les pressions ni le prosélytisme de petits Torquemada de village sont des principes fondamentaux et indiscutables dans notre société. Par exemple, tout signe religieux ou politique ostensible doit ainsi être interdit pour les mineurs, au premier chef le voilement des fillettes qui est une violence inadmissible commise sur ces enfants et le symbole d’une idéologie en tout opposée à notre civilisation.
La mission du ministre de l’Intérieur ne s’arrête toutefois pas à cette question prioritaire du terrorisme islamiste et de l’idéologie associée ; l’ordre, que chacun appelle de ses vœux doit être rétabli à tous les niveaux. De la plus petite incivilité aux crimes les plus graves, la même rigueur doit être appliquée, les sanctions doivent être exemplaires. Mettre fin au sentiment d’impunité vaut donc également pour tous ceux qui pourrissent la vie des autres par leur je-m’enfoutisme : l’exécrable cycliste sur le trottoir qui effraie les piétons ou le sinistre pignouf qui prend l’espace public pour son salon et fait subir à tous le bruit qu’il ose appeler musique et dont la qualité reflète, hélas, parfaitement son inintelligence, tous ces insupportables petits tracas, accroissent chaque jour l’exaspération générale. Dois-je vraiment rappeler ici que le code de la route est valable pour tout le monde ? Que l’éducation et la politesse ne sont pas un luxe mais une nécessité pour vivre en société ? La tranquillité des citoyens est un droit dont le mépris par la classe politique nourrit à juste titre le ressentiment. Chacun doit pouvoir vivre sereinement sans être inquiété par le comportement des autres, sans craindre qu’il lui arrive quelque chose parce qu’il aurait été au mauvais endroit au mauvais moment, sans avoir peur de sortir le soir.
Dans trop de territoires français, l’insécurité est bien plus qu’un sentiment : elle est une réalité concrète, physique. Lutter contre les trafics, en particulier ceux de stupéfiants, et les mafias criminelles ou religieuses, c’est défendre les plus pauvres, les plus fragiles, ceux qui n’ont pas d’autre choix que de vivre dans les quartiers que ces mafias dirigent. L’objectif est simple : mettre un coup d’arrêt aux exactions du lumpencaïdat et reconquérir les territoires abandonnés de la République. Quant au drame de la délinquance juvénile, la tolérance est le pire service à rendre à ces mineurs : ils doivent être à la fois punis et éduqués… et leurs parents doivent assumer leurs responsabilités.
Enfin, ne nous leurrons pas : comme bien d’autres pays, nous devons affronter lucidement les difficultés que pose l’immigration, la maîtriser et la réguler. Lucidement, c’est-à-dire dans le strict respect de nos principes républicains. Le pacte passé entre la nation et ceux qui souhaitent la rejoindre devrait apparaître évident. Qu’il s’appelle « assimilation » ou « intégration », peu importe, ces mots ont perdu leur sens à force d’être maltraités. Les critères pour entrer et demeurer sur notre territoire et rejoindre notre communauté doivent être clairs et cohérents : d’une part, le droit d’asile est un devoir d’accueil auquel nous ne pouvons nous soustraire sans renier ce que nous sommes mais qui doit être appliqué sans démagogie : le droit d’asile, ce n’est pas l’accueil irréfléchi et inconditionnel de tous ceux qui le demandent ; d’autre part, tout individu désirant sincèrement participer à notre nation et ayant à cœur les principes républicains qui la meuvent est le bienvenu et il doit être reçu et accompagné dignement, en particulier dans l’acquisition de la langue française. Quant à ceux qui ne souhaitent pas faire cet effort, qui ne reconnaissent pas que les seules lois qui s’appliquent en France sont les lois de la République, qui rejettent nos principes fondamentaux et non négociables – universalisme, laïcité, égalité en droit des individus… –, ils n’ont pas leur place ici. De même que notre générosité, notre solidarité et notre fraternité doivent être sans limite pour ceux qui, quels que soient leur origine, leur couleur de peau, leur sexe ou que sais-je encore, souhaitent sincèrement participer à la vie de la Cité en accord avec les principes qui nous guident et nous animent ; de même, notre sévérité doit être exemplaire envers les étrangers délinquants et criminels : ils doivent quitter notre territoire et, parmi eux, les binationaux doivent être déchus de leur nationalité française.
J’ajouterai un dernier mot pour nos forces de l’ordre : comme les enseignants, comme les magistrats, comme tant d’autres, les policiers subissent des attaques insupportables, sont régulièrement diffamés et pâtissent d’une hostilité injuste. Les slogans tels que « ACAB » ou « tout le monde déteste la police » sont inadmissibles et ceux qui les propagent doivent assumer leurs responsabilités. Pour notre part, nous affirmons sans réserve notre confiance dans la police.

La reconquête des territoires abandonnés de la République doit être menée de conserve avec le ministre de l’Égalité territoriale dont le rôle, central, est d’appliquer la politique de « la République à chaque coin de rue » qui est bien plus qu’un slogan. Où que l’on se tourne, partout en France, et tout particulièrement dans ces territoires abandonnés, chacun doit voir physiquement et symboliquement la République ferme et droite. Commune par commune, quartier par quartier, rue par rue, il faut installer des services publics – tous les services publics : écoles, collèges, lycées, universités, musées, bibliothèques, gymnases, agences « France travail », sécurité sociale, assistants sociaux, hôpitaux, commissariats de police, casernes de pompiers, tribunaux, centres administratifs déconcentrés, etc., selon une politique exactement opposée à celles de saupoudrage clientéliste ou d’optimisation gestionnaire qui ont prévalu jusqu’ici. Au contraire ! l’implantation de ces services ne doit répondre qu’à une seule logique : tisser un maillage le plus serré possible qui ne laisse aucun trou. Tous sont concernés, y compris la France d’outre-mer dont les difficultés spécifiques doivent être spécifiquement traitées afin d’y assurer l’égalité républicaine. Tous sont concernés, aussi bien les territoires ruraux en souffrance que les quartiers soumis aux lois des mafias criminelles et religieuses. D’autant qu’implanter des services publics pour les citoyens qui en manquent cruellement, c’est à la fois relancer l’activité économique de ces territoires et répondre à une exigence légitime d’égalité.
Faire en sorte que la République assure comme elle se doit l’égalité de droit de tous, partout, signifie la fin des « expérimentations » dérogatoires qui créent d’inadmissibles inégalités devant la loi, selon où l’on a la chance ou la malchance de vivre. La République est indivisible. La décentralisation telle qu’elle a été menée jusqu’à présent n’a conduit qu’à l’édification de bastions féodaux aux mains de petits barons locaux. Il est temps de rectifier les politiques idéologiques délirantes qui font sombrer un certain nombre de grandes villes. Le gaspillage d’argent public, fruit des lubies délirantes de certains édiles qui ont obtenu leurs mandats dans des conditions très discutables ou de technocrates déconnectés de la réalité, mettent à mal le consentement à l’impôt.
À ce titre, le cas de Paris est aussi exemplaire que navrant : des années gabegie ont saccagé notre capitale, les politiques clientélistes ont chassé de la capitale les classes moyennes et populaires pour ne laisser qu’une juxtaposition de ghettos de riches et de ghettos de pauvres, les travaux ineptes l’ont enlaidie et y ont rendu les déplacements impossibles, l’incurie municipale a endommagé ou détruit toute une partie de notre patrimoine… c’est pourquoi, pour le bien des Parisiens, des Français et de tous ceux qui y vivent, y travaillent ou s’y rendent, sa mise sous tutelle est nécessaire le temps de réparer tout ce qui a été détérioré par l’incompétence et l’idéologie, afin de rendre à Paris sa sécurité, sa propreté et sa beauté.
Le développement des métropoles et le renforcement de structures technocratiques sans lien avec le peuple ont dangereusement affaibli d’immenses territoires. Il s’agit dorénavant de supprimer les échelons technocratiques et antidémocratiques des intercommunalités de tous genres et des grandes régions, au profit des départements et des communes, libres de coopérer et de s’associer comme elles le souhaitent ; de revitaliser les territoires ruraux et de la France périphérique qui subissent une métropolisation mortifère et le mépris d’élites autoproclamées (les politiques qui ont honte d’apparaître sur la photo avec nos concitoyens qui, eux, se sentent abandonnés, ne sont pas dignes de leur mandat !) ; de soutenir les maires des petites et moyennes communes, ces héros de la République ; et de retisser le maillage ferré dense qui permettait à tant de territoires de vivre décemment.
Les réformes successives de la SNCF ont conduit à une situation catastrophique à la fois pour les usagers d’un service de transport devenus clients vaches-à-lait d’une entreprise contrainte à n’avoir que le profit pour horizon, et pour les villes et départements qui ont vu leurs gares et leurs lignes ferroviaires supprimées alors qu’elles permettaient la survie des territoires qu’elles innervaient. Aussi est-il devenu urgent d’en finir avec ces errances coûteuses, de revenir à une société nationale unique qui gère à la fois le réseau ferré et le transport de biens et de voyageurs, et de rouvrir de nombreuses petites gares fermées car jugées opportunément trop peu rentables. Le train doit redevenir un moyen de transport populaire – dans tous les sens du terme. De même, la privatisation des autoroutes a été une trahison nationale. Les sociétés privées qui les gèrent ont largement récupéré leur mise et fait suffisamment de profit sur le dos des Français sans assurer l’entretien attendu. Elles doivent revenir dans le giron national.

Réindustrialiser le pays est un devoir humain, une nécessité stratégique et un impératif politique qui incombent au ministre de la Réindustrialisation nationale.
Rien que l’année dernière, la France a connu plus de 67 000 défaillances d’entreprises ! Nous voyons tous les jours les conséquences des décisions prises depuis quarante ans par tous nos petits Mozart de la finance inféodés à l’idéologie néolibérale. Ils nous ont conduits dans le mur et persistent à affirmer qu’« il n’y a pas d’alternative » à l’effacement de notre industrie, à la destruction de nos entreprises, à la disparition de nos emplois. Leur recette miracle ? La même qui n’a jamais fonctionné : s’en prendre à tout ce qui peut protéger les travailleurs. En abaissant les normes, en supprimant des droits, en augmentant toujours plus la pression sur les salariés, la souffrance au travail explose sans qu’aucun des effets bénéfiques promis de ces contre-réformes ne montre son ombre. Au contraire ! Cette idée que les normes, les règles sont néfastes est complètement folle. À les suivre, nous nous engageons dans une course que nous ne pourrons jamais gagner autrement qu’en sombrant dans l’abîme : une course au moins-disant avec nos concurrents étrangers – certains rêvent ainsi ouvertement de prendre la Chine pour modèle… et ensuite quoi ? le Bangladesh ? Nos normes sociales ou environnementales ne doivent pas nous pénaliser mais ne doivent pas non plus être simplement supprimées pour nous aligner sur ceux qui détruisent la planète et exploitent leurs peuples !
Le protectionnisme n’est pas un gros mot. Nous sommes depuis trop longtemps les dindons de la farce mondialisée en étant les seuls à respecter des commandements absurdes que nous nous sommes nous-mêmes imposés : le dogme de la concurrence libre et non-faussée dans un marché sans contrôle ni restriction est parfaitement idiot et personne, à part nous, ne fait même semblant d’y croire. Tous les autres protègent leurs marchés et leurs entreprises. Nous devons protéger notre économie, notre industrie, notre production et nos emplois ! La concurrence faussée et déloyale doit être combattue et rectifiée aux frontières, la souveraineté économique défendue aussi fermement que le font toutes les autres puissances. Ainsi devons-nous soutenir sans fléchir nos fleurons nationaux comme tout notre tissu de PME ; réinstaller une collaboration solide et fructueuse entre entreprises publiques nationales et entreprises privées en veillant à ce que ces dernières ne versent pas dans le parasitisme d’un État trop généreux.
Nous n’avons que trop connu la bêtise à front de taureau des dirigeants qui nous vendaient des entreprises sans usines, devenues des coquilles vides sans ouvriers ni ingénieurs ni cadres. Nous ne cèderons pas à l’infect chantage aux délocalisations parce que nous savons qu’il ne sert à qu’à vider les caisses de l’État avant de procéder, malgré toutes les promesses d’ivrognes, à la vente à la découpe de ce qu’il nous reste d’entreprises rentables en France. Nous avons déjà perdu trop de champions qui tenaient la dragée haute à leurs concurrents étrangers. La longue politique de destruction de la France est terminée. Nous ne tolèrerons plus ces trahisons.
Il s’agit aujourd’hui de sauver ce qui peut l’être et de reconstruire un tissu dense d’entreprises solides, non seulement dans les domaines à la mode, mais aussi et surtout dans tous ceux qui font vivre les territoires sur lesquels elles sont implantées. Privilégier toujours le « fabriqué en France » qui ne soit pas un simple affichage marketing mais une véritable politique de production nationale ; orienter les appels d’offre de la commande publique pour arrêter que l’État se fasse saigner et pour soutenir l’industrie française ; comme les autres, assumer une politique d’exportation agressive en vendant à l’étranger l’expertise française, sa qualité, dans les domaines où nous sommes ou allons (re)devenir les meilleurs. Nous allons investir massivement dans les secteurs stratégiques où nous excellons – ou bien où nous avons excellé et où nous devons reconstruire à partir de ce qui nous reste – : aéronautique, aérospatial, chimie, médicament, train, luxe, agriculture… Nos atouts sont considérables et, dans tous ces domaines, les coopérations internationales sont les bienvenues mais seulement si nous y trouvons notre compte.
L’enjeu, pour nous, est de préparer l’avenir. La raison et la science doivent nous guider sans sombrer toutefois dans l’idéologie technoscientiste ni dans les promesses dystopiques des transhumanistes. La voie est étroite entre les obscurantismes antiscientifiques et l’hybris technolâtre. Ne nous leurrons pas : pour avoir une chance d’échapper à la catastrophe climatique et environnementale, la confiance en la science et la recherche est absolument nécessaire et ceux qui prétendent s’en méfier ne défendent que leurs intérêts privés et des idéologies de mort. Mais cela ne sera pas suffisant et, réciproquement, les discours lénifiants qui ne reposent que sur une confiance aveugle en la technique toute-puissante sont tout aussi mensongers.
La préservation de l’environnement et la limitation du réchauffement climatique sont la priorité absolue de toutes nos politiques. Une réponse républicaine ne peut qu’être ambitieuse, c’est-à-dire à la hauteur des enjeux ; scientifiquement fondée, c’est-à-dire éloignée de tous les charlatanismes et de toutes les manipulations idéologiques ; et juste, c’est-à-dire avec pour objectif de préserver les plus faibles et de s’attaquer aux causes réelles de ce bouleversement planétaire qui met en danger l’humanité toute entière. Il faut en finir avec la moraline : ce n’est pas en culpabilisant les citoyens ni en les manipulant à coup de moraline qu’on sauvera le monde si, parallèlement, on laisse les plus gros pollueurs continuer leurs affaires comme si de rien n’était. La crise climatique et environnementale impose des changements profonds : moins de consommation, moins de surproduction, moins de gadgets, plus de temps long. Comme en matière sociale, il est hors de question de réduire nos exigences environnementales. Et si nous sommes les plus vertueux, nous n’avons pas à être les victimes de notre vertu, les cocus magnifiques de la planète ! Ici encore, nous défendons en même temps la planète, l’avenir de nos enfants, nos intérêts et notre souveraineté.
En la matière, l’énergie est le sujet central. Nous allons renouer avec notre tradition d’excellence dans le nucléaire et, pour cela, investir autant que nécessaire pour reprendre la place qui devrait être la nôtre depuis des décennies : au premier rang des nations ! Nous allons donc rattraper le retard que nous n’aurions jamais dû prendre, notamment avec l’abandon catastrophique du projet Astrid. En effet, notre filière nucléaire a été sciemment sabotée par des traîtres qui ont œuvré pendant des années au service d’intérêts étrangers et des lobbies gaziers et pétroliers. Malgré ce que prétendent les propagandistes, le nucléaire est une énergie sûre, pilotable et propre. Cette électricité décarbonée et bon marché doit nous rendre un avantage compétitif énorme que nous sommes prêts à partager avec tous les États qui voudront nous suivre. Se joue là l’avenir aussi bien de notre pays que de notre planète.
Ce n’est toutefois pas suffisant. Outre que nous mettons immédiatement fin à tous les dispositifs et programmes, en matière énergétique, qui n’ont d’autre intérêt que d’enrichir des entreprises qui en réalité ne produisent rien – notamment dans l’éolien, cette fumisterie anti-environnementale qui coûte très cher, ne produit rien, stérilise les sols, pollue l’environnement avec des produits non recyclables et des centrales à charbon de compensation, et détruit nos paysages –, nous sommes conscients que nous devons revoir en profondeur nos modes de vie. Ce sont des choix politiques urgents et gravissimes qui s’imposent à nous. Soit nous en décidons collectivement avec la justice pour boussole, soit nous laissons d’autres en décider pour nous et ce seront toujours les mêmes qui en pâtiront : les plus pauvres, les plus faibles, les plus fragiles. Nous sommes prêts à assumer nos responsabilités.
Un mot enfin à propos d’un sujet trop souvent laissé dans l’ombre : notre agriculture sacrifiée sur l’autel du pognon, de l’idéologie ou de la superstition. Le drame de notre agriculture est d’abord un drame social : celui de nombreux agriculteurs qui survivent à peine. Nous soutenons les agriculteurs qui s’impliquent dans des modèles qui respectent l’environnement sans néanmoins verser dans des conceptions ésotériques aux relents obscurantistes et antiscientifiques : pas plus que dans d’autres domaines, l’agriculture ne doit tomber dans les dérives sectaires. La production agricole française doit d’abord servir à nourrir les Français ; mais ses immenses atouts appuyés sur un soutien sans faille de l’État lui permettent d’affronter sereinement les affres de l’exportation et des marchés internationaux. Nous possédons les traditions, les compétences, les sols et le climat nécessaires pour une production riche et variée. Nous devons rendre fierté et dignité aux paysans français… et surtout les moyens de vivre de leur labeur, en encourageant, là encore, l’utilisation de leurs produits, notamment dans la restauration. La France rurale n’a pas besoin de recevoir des leçons d’arrogants ignorants qui pensent tout savoir parce qu’ils laissent crever leur pot de basilique sur leur balcon de centre-ville et s’enivrent de quinoa fermenté bio importé de l’autre bout du monde. Elle a besoin de respect, de confiance et des moyens qu’elle demande légitimement.

Contrairement à ceux que j’ai appelé « les républicains au milieu du gué », nous n’oublions pas que la République doit être sociale. Le ministre de la Justice sociale veille à ce que toute notre politique soit dictée par le principe de solidarité.
L’hôpital et, de manière globale, notre système de santé sont sa priorité. Dorénavant il est devenu commun, en France, de mourir dans la file d’attente des urgences ! Comme l’école, l’idéologie a réussi à détruire ce qui a longtemps été considéré comme l’un des meilleurs systèmes au monde. Comme l’école, mais aussi la justice ou la recherche, l’hôpital doit retrouver les moyens de fonctionner normalement afin de remédier à la situation gravissime dans laquelle l’idéologie néolibérale et son dérivé managérial nous ont plongés. La voie à suivre est bien connue mais nécessite du courage et de la volonté – et nous n’en manquons pas ! – : en finir avec la politique mortifère de rentabilité et d’optimisation budgétaire qui conduit à des drames, dégager les médecins des tâches parasites, assurer leur sécurité, tout particulièrement aux urgences qui subissent des agressions inadmissibles, demeurer intraitables en matière de laïcité, combattre tous les obscurantismes, veiller à l’application stricte des programmes de vaccinations pour ne pas voir ressurgir d’anciennes maladies que l’on croyait définitivement éliminée à cause des délires de complotistes antiscientifiques, dérembourser les fausses médecines (homéopathie en tête), garantir l’excellence des formations en médecine en revenant notamment sur des aberrations qui font passer les connaissances et les compétences attendues de médecins derrière des considérations idéologiques hors-sujet, s’assurer de la maîtrise de la production et de l’approvisionnement en médicaments, dans ce secteur stratégique comme en bien d’autres, défendre ardemment nos fleurons nationaux et notre souveraineté, lutter contre l’obésité, la malbouffe et les vendeurs de poisons en imposant des normes d’hygiène très strictes et en les faisant respecter, protéger et éduquer la jeunesse en matière alimentaire et de santé.
En outre, si nous voulons retisser les solidarités nationales, nous ne pouvons faire semblant de ne pas voir le grave problème démographique qui s’impose à nous. Les Français ne font plus d’enfants ! Ici encore, les mesures à prendre sont connues : revoir la politique familiale pour encourager la fécondité, lutter contre l’infertilité, véritable fléau qui met en danger notre civilisation, réserver le remboursement des parcours PMA aux cas pathologiques dûment diagnostiqués (et puisque je parle de PMA, je réaffirme que la GPA n’a rien à voir et que nous la maintenons illégale pour des raisons évidentes de dignité humaine), rendre le congé paternité réellement attractif en repensant les modalités et la rémunération des congés maternité et paternité vers le haut (et non pas procéder à un nouveau rabotage des droits), protéger de la même manière toutes les familles, quelle qu’en soit la configuration, réviser le calcul et les montants des allocations familiales, renforcer le réseau des crèches publiques et sécuriser au maximum les conditions de garde des plus petits… Je voudrais ici dire un mot sur les services de protection de l’enfance dont les errances font honte à notre République : ils doivent être au service des enfants et de la société et vont donc être revus de fond en comble.
À l’autre bout de la vie, la place que nous donnons à nos aînés et la manière dont nous les traitons dit beaucoup de ce que nous sommes. En l’occurrence, je méprise profondément les discours qui cherchent à en faire les boucs émissaires de nos veuleries. Se construire une médiocre vertu en accablant nos vieux d’une culpabilité mensongère est abject. J’en entends certains colporter le fantasme d’une tabula rasa, d’une rupture absolue avec les générations précédentes, s’offrir à bon compte une virginité moralisante en calomniant tous ceux qui ont vécu avant et seraient donc coupables de tous les crimes imaginables. La fracture générationnelle que creusent les imbéciles à coups de slogans ignobles contre ceux qu’ils appellent les « boomers » est peut-être l’une des plus graves. Ils sont trop bêtes pour réaliser qu’à diffamer le passé, ils doivent s’attendre à être vilipendés par l’avenir. Nous devons traiter nos vieux avec respect et leur offrir toute la dignité possible. Et c’est également pour cela que, pour ma part, je suis toujours aussi réticent devant l’immixtion du politique dans l’intimité de la mort ; mon opinion n’a pas varié quant à ce qu’on appelle dans une novlangue pudibonde « la fin de vie » ou « le droit de mourir dans la dignité » : le sujet est sensible et complexe et je comprends les arguments de ceux qui, y compris parmi mes amis politiques, défendent ce qu’ils pensent sincèrement être un progrès du droit, mais je persiste à penser que le législateur doit rester à la porte de la chambre d’hôpital et que le phénomène général de déshumanisation à l’œuvre dans notre société ne peut trouver là qu’une nouvelle chance de disséminer ses métastases.
Notre nation fait face à des forces centrifuges qui cherchent à la fragmenter, à dresser les uns contre les autres, jeunes contre vieux, hommes contre femmes, travailleurs contre chômeurs… à créer des boucs émissaires pour attiser les haines. Ainsi faut-il, par exemple, cesser de culpabiliser et de stigmatiser les chômeurs ! Ce ne sont pas des fraudeurs professionnels qui vivent de l’assistanat. S’il faut chercher des assistés, il y en a bien plus dans la classe politique française que dans toutes les agences « France travail » de notre pays ! (Agences dont nous allons d’ailleurs changer le nom parce que, si le ridicule ne tue pas, nous ne sommes tout de même pas obligés de nous y soumettre sans cesse.) En matière de travail et d’emploi, les politiques menées depuis plusieurs décennies n’ont que trop détricoté le code du travail, devenu l’épouvantail de tous les ennemis des travailleurs qui proposent un marché de dupe : précarité ou chômage. Certains rêvent de revenir au XIXe siècle en retirant toujours plus de droits aux travailleurs ou en leur imposant des jours de travail gratuit : après tout, l’esclavage et le travail des enfants présentaient quelques avantages économiques intéressants, puisqu’il n’y a pas de tabous, prétendent-ils, pourquoi ne pas y revenir ? Ces considérations sont aussi détestables que la concurrence des misères et des travailleurs organisée grâce à une immigration incontrôlée qui a toujours fait le jeu du grand patronat.
Au contraire des politiques qui nous ont menés dans la situation actuelle, nous allons rendre sécurité, stabilité et surtout dignité aux travailleurs. Métiers manuels, artisanat, industrie : il n’y a pas de sots métiers – quoique l’on puisse avec quelque raison se demander à quoi servent certains emplois (souvent très bien rémunérés), dont le seul objectif est de nuire à la société et à la civilisation : dans un monde qui ne marcherait pas sur la tête, les emplois les plus importants pour la société (et je parle aussi bien du boulanger que de l’instituteur) devraient être bien plus rémunérateurs que ceux qui, in fine, lui nuisent. Les travailleurs, et tout particulièrement ceux qui exercent les métiers les plus durs, doivent pouvoir compter sur la protection de l’État, du cadre légal et du droit du travail, afin de limiter autant que possible non seulement les accidents mais aussi, plus généralement, la souffrance physique ou psychologique que le travail et ses conditions d’exercice peuvent entraîner. Le travail doit être rémunérateur : quand on travaille, on ne doit pas craindre de ne pouvoir remplir le frigo le 12 du mois ! Les salaires doivent être revus à la hausse. Paysan ou artisan, travailleur indépendant ou profession libérale, employé du public ou du privé, entrepreneur ou petit patron : chacun doit pouvoir vivre de son métier – et s’il ne peut en exercer à cause de l’âge, de la maladie, ou d’un accident de la vie, la solidarité nationale doit lui donner les moyens de vivre décemment.
Nous sonnons la fin de la récréation en ce qui concerne les innombrables cadeaux fiscaux offerts sans aucune contrepartie d’embauches. La fonte des cotisations sociales met en danger tous notre système de redistribution au plus grand bonheur des officines privées qui font payer une fortune des services que l’État-Providence (non, ce n’est pas un gros mot !) assurait selon la justice : de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins. La solidarité s’est bien trop étiolée avec, pour conséquence, le déchirement de notre nation, sa division en petites chapelles de haine. L’objectif de pérennité de notre système de sécurité sociale ne doit pas se rétrécir à une volonté malthusienne d’équilibre budgétaire par coupes successives jusqu’à que le bilan comptable parvienne à une égalité entre zéro recettes pour zéro dépenses !
Enfin, je ne pourrais pas parler de solidarité et de justice sociale sans évoquer le logement. L’immobilier n’est pas un casino : des vies humaines sont en jeu. Ce qui signifie lutter contre les bulles immobilières de spéculation, réguler les marchés, assainir le secteur et mettre fin à l’exploitation des plus faibles par des municipalités qui jouent avec le logement social pour s’acheter des clientèles.

La France a longtemps occupé une place particulière sur la scène internationale, au premier rang des nations où elle faisait entendre une voix forte et indépendante. Le ministre des Affaires étrangères a la mission de remettre la diplomatie française à la place qu’elle n’aurait jamais dû quitter. À chaque fois qu’elle a assumé son rôle, la France a été attendue et entendue. Nous renouons avec une certaine idée de la grandeur nationale (qui doit nous animer dans tous domaines) et un modèle original dont le monde manque terriblement, alors que ne subsistent que des modèles par défaut ou des repoussoirs.
La fermeté guide dorénavant nos relations internationales. Nous devons en particulier être intraitables avec nos ennemis. Tous les États qui financent ou encouragent le terrorisme sont, de fait, nos ennemis et doivent être traités comme tels. Leurs ressortissants ne sont pas les bienvenus, leurs dirigeants doivent répondre de leurs actes. De même, nous défendons par tous les moyens nos compatriotes pris en otages par des pays étrangers : l’emprisonnement injustifié de citoyens français pour délit d’opinion et, surtout, pour tenter de faire pression sur la France expose les États coupables de ces manipulations aux pires représailles. Les falsifications de l’histoire ne sont que des raisons supplémentaires pour être d’autant plus fermes, nous assumons pleinement l’histoire de la France, y compris ses périodes sombres ou lumineuses, et nous ne laisserons aucune puissance étrangère s’en servir dans de risibles tentatives de chantage.
La souveraineté nationale est le synonyme exact de la démocratie. Elle n’est pas négociable. Dans aucun traité. Quelle idée saugrenue que de partager notre souveraineté avec d’autres, de prêter ou de céder nos avantages comme notre siège au Conseil de sécurité de l’ONU – institution qui n’a ces dernières années que trop montré ses failles et ses apories. La souveraineté nationale n’a été que trop bafouée, la volonté générale que trop trahie. En défendant les intérêts de la France et des Français, nous inaugurons une nouvelle politique vis-à-vis des institutions internationales, qui ne diffère d’ailleurs que bien peu de celle menée par les autres puissances.
La francophonie est à ce titre un trésor précieux qui a été trop longtemps négligé : nous allons en refaire un vecteur de notre puissance et de notre rayonnement culturels. Plus largement, l’investissement dans la diplomatie culturelle a été trop longtemps négligé : nous renouons avec une longue tradition, hélas, abandonnée, par la création d’un réseau dense d’instituts culturels à l’étranger destinés à promouvoir la langue et la culture françaises.
Pour ce qui concerne l’Union européenne, enfin, le temps de la naïveté et de la faiblesse est aussi derrière nous. Nous constatons que ses institutions ont trahi ce qu’est profondément l’Europe : un bouillon de cultures – au pluriel – qui dialoguent, échangent, construisent ensemble mais gardent leurs spécificités, leur indépendance, leur esprit propre, leur souveraineté. C’est cela, le génie de l’Europe, c’est cela que les institutions de l’Union européenne font tout pour détruire.

Puissance diplomatique, la France est aussi une puissance militaire – les deux vont de pair si nous voulons retrouver le respect international. Au ministre des Armées de rendre, ici encore, son indépendance à la France et à nos armées les moyens nécessaires à leur action. L’impératif vital de l’indépendance signifie, entre autres, de quitter le commandement intégré de l’OTAN, non pas pour s’y opposer mais pour collaborer avec les membres de cette organisation sans y être asservis : nous participerons loyalement aux coalitions internationales lorsqu’elles défendent nos principes et nos intérêts. Et nos alliés peuvent compter sur notre aide et notre protection sans failles.
Pour ce faire, les militaires français doivent retrouver les moyens de défendre nos intérêts nationaux partout où ils sont mis en danger. Que nos ennemis sachent que nous ne serons plus pusillanimes et que nous n’hésiterons pas à employer tous les moyens nécessaires pour nous défendre.

Notre ministre du Patrimoine culturel a la lourde responsabilité de réorienter complètement un ministère devenu bateau ivre au service d’une politique inepte.
Il faut relire Hannah Arendt ! La culture est, par essence, conservatrice : elle n’a que faire des soi-disant « progressistes » qui se fabriquent une rente en diffamant le passé alors qu’ils sont en général eux-mêmes les plus réactionnaires, les plus pudibonds, les plus moralisateurs, les plus puritains. Nous n’avons rien à renier. Nous pouvons être fiers d’être français : nous sommes les héritiers d’une longue histoire, avec ses parts d’ombre et de lumière, qu’il faut connaître, reconnaître et embrasser en bloc, avec lucidité et enthousiasme. Nous sommes les héritiers d’une langue, d’une culture, d’un patrimoine, d’un territoire, de paysages, de traditions… auxquels il nous faut témoigner un tendre souci afin de les enrichir et les transmettre à nos successeurs, plus beaux encore que nous les avons reçus. C’est une responsabilité immense qui nous incombe. Français, nous n’avons pas à rougir d’aimer la France, notre patrie, ses villes et ses écrivains, ses guerres et ses fêtes, ses révolutions et son modèle social, ses défauts et sa devise : Liberté Égalité Fraternité. Sa République, enfin.
Préserver, enrichir et transmettre ce patrimoine ; défendre la langue française contre le rouleau-compresseur d’un globish qui fait autant de mal aux langues française qu’anglaise, mais aussi contre les délires idéologiques de nos nouveaux précieux ridicules ; promouvoir la culture française contre ceux qui affirment péremptoirement qu’elle n’existerait pas ou font leur fonds de commerce de sa destruction méthodique ; et, a contrario, permettre à tous ceux qui participent à cette mission cruciale pour notre société et notre civilisation d’agir sereinement… tels sont les devoirs de l’État.
Celui-ci doit assumer son rôle et cesser de le déléguer lâchement. Le système de mécénat, tel qu’il existe aujourd’hui, est parfaitement contre-productif. C’est fini : l’État ne fera plus le tapin. Nous signons la fin des avantages fiscaux qui coûtent bien plus à la nation qu’ils ne rapportent et entraînent une concurrence malsaine entre les établissements culturels pour draguer des financeurs devenus tout-puissants. La politique culturelle de la France n’a pas à être décidée en fonction d’acteurs privés seulement intéressés par l’optimisation de leurs revenus. Comme dans les autres domaines, à missions pérennes, moyens pérennes. Les établissements culturels doivent pouvoir se concentrer sur leurs missions sans crainte pour leurs budgets et sans s’éparpiller dans des tâches parasites.
Concentrer l’action de l’État sur le patrimoine ne veut pas dire abandonner la création culturelle. Celle-ci est toujours soutenue mais selon des critères bien différents. Alors que le divertissement sur écrans participe d’une spectacularisation morbide de la société, d’une lobotomisation générale des individus et de manipulations intrusives des esprits, nous ne pouvons que nous opposer aux progrès de ce que j’appelle la société de l’obscène qui nous déshumanise chaque jour un peu plus. C’est là l’antithèse exact de la culture ! Au contraire, nous encourageons la culture, l’art et la beauté, face à l’extension de l’empire du moche qui envahit nos vies. Nous ne tergiversons pas en ce qui concerne le principe de l’exception culturelle, malgré les coups de boutoir toujours plus violents de l’industrie du divertissement, et nous comptons bien lui rendre toute sa dignité. En effet, il est trop souvent utilisé pour détourner de l’argent public afin de faire vivre très confortablement dans l’entre-soi une petite clique sans talent. À ce titre, le financement du cinéma français est un véritable scandale qui pompe grassement dans les caisses de l’État pour produire des bouses infâmes qui ne doivent rien à l’art et tout à l’idéologie et à la moraline et qui, malgré leurs prétentions, ne sont bien trop souvent que de purs produits marketing.
L’audiovisuel public doit promouvoir la culture, sans ingérence idéologique d’aucune sorte. Car seule la culture peut nous sortir du règne de la marchandise, d’une valeur d’échange qui s’impose sur la valeur d’usage à tel point que l’humain lui-même devient marchandise, de l’aliénation consumériste qui étouffe le citoyen sous le consommateur, de l’uniformisation marchande du monde qui détruit toutes les spécificités nationales ou locales pour les remplacer par du folklore markété et du spectacle industriel.

Une réorientation politique similaire est à l’œuvre à l’université. Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche a la lourde tâche de sortir l’université et la recherche françaises de l’ornière des modes néolibérales et du new public management, de rendre aux chercheurs les moyens de leurs recherches, de réduire la bureaucratie, le micromanagement et toutes tâches parasites. Il s’agit d’en finir avec le fameux « mode projet », les appels à projets et autres appels à manifestation d’intérêt, avec les évaluations selon des critères ineptes par des agences et autres comités technocratiques, de même qu’avec toutes les foutaises bureaucratiques qui contraignent les chercheurs à passer plus de temps à mendier les subsides dont ils auraient besoin qu’à mener leurs recherches, de sortit du « publish or perish » qui provoque à la fois une inflation artificielle de la production scientifique et son appauvrissement, d’investir massivement dans la recherche fondamentale sans s’en tenir exclusivement à ce qui peut paraître rentable ou à la mode, de faire confiance aux chercheurs, de promouvoir la science, de lutter massivement contre l’inculture scientifique, la désinformation, les complotismes divers et variés qui profitent de l’inculture générale, de lutter contre les pseudosciences, les mensonges, les charlatanismes et le mélange des genres entre science et politique. L’argent destiné à la recherche ne doit en aucun cas être détourné pour financer le militantisme politique, de quelque bord soit-il.
Nous devons par ailleurs mettre fin à l’autonomie suicidaire des universités qui n’a produit que des petites baronnies, un système plus féodal encore qu’auparavant et mené à la faillite nombre d’entre elles. Au contraire, nos objectifs sont de bon sens : renouer avec une politique universitaire nationale, lutter contre l’entrisme idéologique à l’université, assurer que la liberté d’expression ne soit pas confisquée par des petits inquisiteurs, punir avec la plus grande sévérité toutes les intimidations, menaces ou pressions sur des universitaires, toutes les tentatives de censure, combattre les militants qui se font passer pour des scientifiques, notamment dans le domaine des sciences humaines et sociales beaucoup trop parasité par des idéologies venues de campus étrangers où elles ont fait des ravages, encourager une exigence intellectuelles réelle, favoriser les filières classiques abandonnées au profit de mirages idéologiques, refuser l’entrée à l’université des étudiants qui n’ont pas le niveau minimal, empêcher le tourisme universitaire qui voit des jeunes gens passer opportunément, d’année en année, d’une filière à l’autre sans aucun intérêt réel pour les disciplines en question, restreindre l’accès au doctorat aux thèses qui ont une réelle valeur scientifique et ne confondent pas propagande et recherche. Enfin, encore une fois, à missions pérennes, donner aux établissements de l’enseignement supérieur et de la recherche des moyens pérennes.

Tous nos prédécesseurs ont promis de « rénover les services publics » en ne faisant que les affaiblir voire les sacrifier. Le ministre de la Fonction publique et de l’administration doit leur rendre leur efficacité, au service de l’intérêt général. Lorsqu’ils comparent le montant de leurs impôts et les services dont ils bénéficient, nos concitoyens se demandent, à très juste titre : « où va l’argent ? ». Il est tout à fait exact que des économies importantes peuvent et doivent être faites… mais pas forcément là où les ennemis de l’État et les calomniateurs des fonctionnaires le prétendent. L’État subit au moins trois sortes de privatisations auxquelles nous devons mettre fin immédiatement : la vente au privé de pans entiers de nos entreprises et services publics, l’utilisation des moyens de l’État par des intérêts privés et le détournement de l’argent public au profit d’entreprises privées. Des sommes astronomiques servent ainsi à financer indûment cabinets de conseil privés, associations troubles et autres parasites de l’administration. La suppression des subventions clientélistes, des externalisations injustifiées et coûteuses et du gaspillage par des prestataires et intermédiaires sans aucune valeur ajoutée permettront de réinjecter dans les services publics l’argent qui leur est destiné tout en améliorant sensiblement à la fois la qualité des services rendus aux citoyens et les conditions de travail des agents de la fonction publique. Nous allons également mettre de l’ordre dans la gabegie d’un certain nombre de collectivités territoriales qui multiplient les chargés de mission fantôme, les contournements des règles des marchés publics ou qui utilisent ces dernières pour mieux favoriser les clientèles locales.
Mais la rénovation de l’administration française et l’amélioration des services publics ne s’arrête pas aux économies que nous pouvons faire : abonder correctement les budgets, recruter, mettre fin à la contractualisation, remettre sur pied le principe du concours, revaloriser les carrières de toutes les catégories et dégeler le point d’indice, répondre au besoin urgent de reconnaissance des fonctionnaires, faire du soutien indéfectible aux agents de la fonction publique la règle, et du respect de leur engagement une évidence partagée, retisser les liens entre cabinets ministériels, administrations centrales et établissements sur le terrain, obliger les hauts fonctionnaires à demeurer en poste au moins cinq ans, alléger la gestion et supprimer les contrôles paranoïaques, en finir une bonne fois pour toutes avec le new public management, revenir à une gestion saine, c’est-à-dire fondée sur la confiance dans la compétence de fonctionnaires à qui on offre la sérénité nécessaire à l’exercice de leurs fonctions, et les laisser faire leur travail, en donnant à leurs cadres les moyens de diriger concrètement leurs actions sur le terrain, avec des orientations générales claires et l’appui de la chaîne hiérarchique, repenser en profondeur le fonctionnement du syndicalisme, assurer les agents du soutien de leurs hiérarchies dont chaque niveau doit assumer ses responsabilités, repenser toute l’organisation de la fonction publique territoriale, revoir le fonctionnement des écoles d’application et de formation des cadres, dénoncer et mettre fin au scandale des fonctionnaires européens… Autant de réformes qui bénéficieront à tous, les services publics étant notre bien commun.

Pour terminer, le ministre de l’Économie a un programme très simple : sortir l’économie de son asservissement à la finance, libérer le politique de l’économique et surtout de la dictature des marchés. En somme : appliquer un véritable républicanisme économique.
La politique de la France ne se fait plus à la Corbeille ni dans les agences de notation ! L’intérêt général doit primer sur les intérêts privés. La finance mondialisée n’est qu’une vulgaire mafia. Ce système s’effondre régulièrement, à chaque crise financière, laissant sur le carreau toujours les mêmes victimes : les peuples – jamais les banquiers, les très-grands-patrons ni les dirigeants politiques responsables de ces catastrophes. Pourquoi les dettes des investisseurs privés devraient-elles être assumées par les contribuables ? La responsabilité doit changer de camp : ceux qui jouent avec l’argent des autres, avec l’argent du peuple, doivent assumer les risques qu’ils courent : c’est eux qui doivent payer les pots cassés, pas les citoyens ! Les activités de dépôt et d’affaire des banques vont être de nouveau cloisonnées et leurs activités strictement régulées pour mieux protéger les déposants. À l’économie-casino, nous préférons l’économie réelle, celle qui crée des emplois, celle qui produit des biens et des services utiles à la société. Nous encourageons, par tous les moyens, l’investissement et le travail, plutôt que les rentes du capital, afin de bâtir ensemble les conditions d’un développement serein des entreprises par une planification raisonnable et nous luttons ardemment contre les fraudes, en particulier fiscales.
Que l’on m’entende bien : pas question de prétendre à la liesse d’un Grand Soir dont on ne connaît que trop bien la gueule de bois des petits matins. Nous n’allons pas « manger les riches » comme le souhaitent les démagogues. En revanche, l’économie française ne s’est jamais mieux portée, dans l’histoire, que lorsque l’État assumait son rôle dans le cadre d’un pacte clair entre le public et le privé. Artisans, commerçants, petites et moyennes entreprises, salariés et entrepreneurs, public et privé : nous sommes tous solidaires au sein de l’économie nationale. Nous devons rompre avec les dogmes néolibéraux qui vantent la concurrence sauvage et créent de toutes pièces des boucs émissaires livrés à la vindicte générale. Ces idées suicidaires nous ont menés dans le mur. Nous devons engager un bras de fer avec les petits télégraphistes de l’ordolibéralisme qui, depuis Bruxelles, Berlin ou Bercy, prétendent dicter sa politique économique et industrielle à la France. Ne jouons plus les paillassons économiques !
La justice sociale nécessite la justice fiscale. Et pour cela nous engageons une refonte profonde des impôts et taxes afin de les rendre justes et compréhensibles. J’entends les plaintes régulières sur l’air de « je paie trop d’impôts ». Certes, de notre point de vue individuel, nous payons toujours trop d’impôts… quand bien même nous n’en paierions qu’un seul euro. Il faut en finir avec cette manière égoïste de penser. De même, les vindictes catégorielles et les jalousies corporatistes sont des enfantillages à proscrire définitivement. Dans la situation critique que nous vivons, je n’ai que faire des jérémiades des uns ou des autres qui s’estiment moins bien lotis que leur voisin. Seule compte la justice. Car le problème n’est pas le montant des impôts mais, je le répète : qu’ils soient justes et compréhensibles. Ce qui n’est évidemment pas le cas aujourd’hui. C’est pourquoi une remise à plat de tous les impôts, des niches fiscales et du système de redistribution est d’ores et déjà engagée avec ce seul mot d’ordre : la justice.
Tous ceux qui poussent des cris d’orfraie à notre politique authentiquement républicaine sous prétexte qu’elle « coûterait trop cher » feraient mieux de nous expliquer en quoi leur politique, menée depuis des décennies, ne nous a pas coûté trop cher ! Comme à leur habitude, il font preuve là d’une morale de tiroir-caisse, d’une conscience de calculette. Max Weber les a très bien décrits : « Spécialistes sans vision et voluptueux sans cœur – ce néant s’imagine avoir gravi un degré de l’humanité jamais atteint jusque-là » ; Desproges les a moqués : « Nous n’avons plus de grand homme, mais des petits qui grenouillent et sautillent de droite et de gauche avec une sérénité dans l’incompétence qui force le respect. »

*

J’achèverai cette déclaration de politique générale en rappelant que notre tâche est immense mais que l’abdication n’est pas une option. Nous devons avant tout cesser d’opposer les uns aux autres, de creuser les inégalités, les jalousies, les envies, les haines. De fabriquer de toutes pièces d’opportuns boucs émissaires. Nous devons rompre avec les visées clientélistes et électoralistes et parler au peuple, dans son intégralité. Et si le mot peuple vous fait frémir, rendez votre mandat !

Cincinnatus, 3 février 2025

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Cincinnatus

Moraliste (presque) pas moralisateur, misanthrope humaniste, républicain râleur, universaliste lucide, défenseur de causes perdues et de la laïcité, je laisse dans ces carnets les traces de mes réflexions : philosophie, politique, actualité, culture…

9 commentaires sur “Ma déclaration de politique générale”

  1. Je souscris à quelques nuances près et je voterai: à quand la candidature?

    Vous dites, parfois avec la certaine candeur de ceux éloignés des affaires politiques -politicarde surtout- ce que pensent beaucoup de citoyens attachés à la République.

    Bravo pour ce courage (à envoyer aux tracts de Gallimard)

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  2. Les américains ont vibré lors du discours d’investiture de Trump et je crois que beaucoup de Français apprécieraient également le votre. Las, ils ont eu le discours de Bayrou …

    Toutefois, je trouve que ce discours manque d’une articulation essentielle: La maitrise de l’immigration. A vous entendre, nous devons accueillir dignement tous ceux qui souhaite sincèrement rejoindre le « pacte républicain ». Au point où en sont les choses, je crois que nous n’avons plus aucun devoir dans ce domaine, mais une nécessité de mettre en place un moratoire stricte qui pourra être assoupli plus tard par une politique de quotas. Il en va de l’intégrité du pays.

    Ce moratoire est la condition sine qua non pour le succès des politiques scolaires, sociales, diplomatiques, de santé ou de sécurité que vous proposez et au contraire, une manque de maitrise de l’immigration les fera toutes échouer.

    Il ne me reste plus qu’à me faire élire et vous demander des éclaircissements sur ce points pour ne pas à avoir à voter une motion de censure.

    La Dive

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    1. Bonjour,

      je ne suis pas sûr de voir où se situe le problème.
      D’une part, j’ai bien précisé vouloir mettre en place un contrôle et une régulation stricts de l’immigration.
      D’autre part, et dans ces conditions, qu’avez-vous à reprocher à des étrangers qui ne demandent qu’à devenir français, qui parlent ou apprennent notre langue, qui partagent nos principes, qui aiment notre culture et, parfois, la maîtrisent bien mieux que beaucoup de français, qui désirent travailler et participer sincèrement à la vie de la Cité et à notre œuvre politique commune ? En quoi ne mériteraient-ils pas de nous rejoindre ? En quoi feraient-ils de moins bons Français que certains de nos concitoyens nés de parents français depuis moult générations et qui se comportent comme des petits voyous ?
      Ils sont bien plus nombreux que vous ne semblez vouloir le croire (mais peut-être me trompé-je) et nous pouvons les accueillir volontiers les bras ouverts.

      Cincinnatus

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      1. Il n’y a pas vraiment de problème et encore une fois, je tiens à vous dire que je souscris à votre discours et je reconnais bien volontiers que dans le paragraphe consacré au ministère de l’intérieur vous parlez de la nécessité de maitriser l’immigration.

        Ma nuance porte toutefois sur deux points:

        • En premier lieu, je crois que vous auriez pu évoquer la nécessité de la maitrise de l’immigration pour toutes les actions ministérielles. A l’intérieur bien sûr et vous l’avez fait, mais aussi pour l’éducation qui ne pourra restaurer son autorité et transmettre notre héritage si elle est « submergée », pour la santé qui ne pourra respecter les priorités que vous lui donnez si elle doit soigner un trop grand nombre d’étrangers, pour les affaires étrangères qui ne pourra redresser l’image de la France si il ne s’occupe pas en premier lieu de la notion de frontière, pour la justice qui ne pourra pas appliquer la loi si les prisons ne sont pas vidées des trop nombreux étrangers qui les occupent, et ainsi de suite pour tous les ministères évoqués.
        • Sur le fait de présenter la citoyenneté comme une sorte de droit octroyé à tous ceux qui présentent une bonne capacité à s’assimiler au reste de la nation. Je suis tout à fait conscient que la grande majorité des immigrants montrent une très bonne connaissance de notre langue et un amour sincère de notre culture, mais le problème n’est pas celui du traitement de chaque cas individuel, mais un problème de nombre et donc de quotas. En deux semaines, nous avons appris une nouvelle chute de la natalité et une nouvelle hausse des nouveaux titres de séjour (336700 en 2024) et des demandes d’asile (autour de 150000 demandes moins 20000 faites en France et rejetées en 2024). La plupart de ces demandes sont justifiées individuellement par le regroupement familial, les mariages avec des étrangers, les crises politiques, les études universitaires, les travaux agricoles … et pourtant je crois qu’il faut mettre en place un moratoire pour permettre à la France de reprendre son souffle et de redéfinir ses besoins en terme d’immigration car sinon les notions de solidarité nationale, de consentement à l’impôt, et de confiance en la justice et dans les forces de l’ordre risque de s’effilocher gravement.

        Je peux paraitre mono maniaque, essentialiste, mais je crois réellement que l’immigration est le principal à traiter pour tous les gouvernements français des années à venir. Je pense aussi que nos gouvernements devront s’appuyer sur le référendum pour assurer une assise démocratique aux remises à plat nécessaires.

        De toute façon, si nos parlementaires avaient la bonne idée d’aller chercher Cincinnatus dans son champ, je ne crois pas que ce soit pour régler un problème de barème d’impôt, le budget d’une collectivité locale mal maitrisé ou celui d’une haute autorité trop dépensière mais plutôt pour résoudre la véritable crise existentielle du grand remplacement que traverse notre pays. C’est ce nœud gordien que vous serez amené à trancher, le reste, et tous les lauriers qui vont avec, vous seront donnés en prime !

        La Dive

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  3. Bonjour,

    Pour une fois je suis en désaccord sur un point pratique: je pense que c’est une erreur de limiter le nombre de ministres. Pourquoi? parce que le ministre est face à une haute administration qu’il doit gérer en, assurant en même temps un rôle médiatique et politique chronophage.

    Avoir peu de ministres implique de fait que la partie administrative sera dominante dans les échanges, que le ministre nommé n’aura pas le temps de vérifier la réalité qui lui est présentée, croiser ses sources, cadrer et encadrer l’action administrative.

    Bref, c’est à mon avis la recette de l’immobilisme, dans le sens où de fait ce sera la culture de la partie administrative qui s’imposera au ministre. Un cas exemplaire est à mon avis l’éducation nationale, où, malgré des efforts considérables, aucun ministre n’a jamais réussi à infléchir le contenu des formations des nouveaux professeurs. L’exemple typique est le débat sur les méthodes de lectures, tranché il y a longtemps en faveur des méthodes plutôt syllabiques et qui pourtant n’est toujours pas reflété dans les formations INSPE…

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    1. Bonjour,

      Je vous remercie parce que vous me permettez de préciser un point qui n’avait pas sa place dans la déclaration elle-même et qui pourrait faire l’objet d’un billet en soi : à quoi servent les ministres ? Dans ma fiction, mes douze ministres sont de véritables politiques et ont un rôle entièrement politique. Ce qui signifie, entre autres, qu’ils ont la pleine responsabilité de leur domaine de compétence et que je leur laisse carte blanche pour s’entourer, s’ils le souhaitent, de Secrétaires d’État dédiés aux différents domaines qu’ils dirigent, de conseillers techniques, d’un cabinet musclé, etc. et qu’ils doivent diriger leurs administrations sans tomber sous la coupe des hauts fonctionnaires dont le rôle demeure, à mon sens, capital (mais pas toujours correctement joué, je suis d’accord avec vous : voir tout ce que j’ai pu écrire sur les réformes à effectuer dans l’administration). S’ils n’en sont pas capables, ils n’ont pas à être ministres.

      Cela étant dit, vous m’avez donné l’idée d’un nouveau billet et je vous en remercie !
      Cincinnatus

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      1. Bonjour,

        En ce cas, leur cabinet doit être une véritable équipe de spécialistes, à la fois nombreux et adhérents à la politique du ministre… un système à l’américaine pour le coup, où les top-job sont renouvelés à chaque élection et descendent assez looin dans la hiérarchie administrative.

        Même du point de vue strictement humain, si la charge de travail est trop lourde au niveau du ministère, il sera impossible d’y installer d’autre profils que des solitaires bourreaux de travail, les autres ne tiendront pas (en caricaturant, essentiellement des hommes sociopathes cocaïnés). Or je crois qu’il serait aussi bon d’avoir des profils plus équilibrés (par ex des parents chargés de famille, catégorie totalement sous-représentée en politique, mais aussi des femmes ou des provinciaux…). Si le poste de ministre/cabinet de ministre est de fait réservé à des gens qui ne dorment jamais, cela revient à s’interdire d’embaucher beaucoup de monde

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