
Samedi 31 mai 2025, victoire d’un club de football, le Paris Saint-Germain, dans une quelconque compétition ploutocratique. Onze millionnaires incultes, payés pour jouer à la baballe par un pays ennemi de la France, qui finance les déstabilisations et attentats islamistes qui ont tué des centaines de Français ces dernières années, ont gagné. Grand bien leur fasse. Dans la foulée : comme tout le monde s’y attendait – et s’ils avaient perdu, ç’aurait été la même chose –, des hordes violentes ont déferlé sur les Champs-Élysées pour tout saccager sur leur passage, détruire du mobilier urbain, vandaliser des bâtiments publics et privés, incendier des voitures, piller des boutiques et, le plus amusant aux yeux de ces adeptes de l’adrénaline pour tromper l’ennui, affronter policiers et pompiers à coups de mortiers d’artifices. Il paraît que ça s’appelle « faire la fête ». Cette manière de « faire la fête » ressemble à s’y méprendre à celle que les mêmes emploient pour « protester contre l’injustice » ou pour « manifester leur colère ». Manque d’imagination ? Quel que soit le prétexte, depuis les émeutes de 2005, en passant par celles qui ont achevé le mouvement des Gilets jaunes ou celles de 2023, nous subissons régulièrement ces bouffées de violence. Au point de nous habituer ?
Les bons
L’État doit la sécurité aux citoyens. Or les deux institutions que sont la Police et la Justice subissent une crise à la fois matérielle et symbolique. Privées des moyens d’exercer leurs fonctions, soumises à des critiques qui relèvent de la diffamation, instrumentalisées par les idéologies de tous bords, elles sont plus incapables que jamais d’assumer leurs rôles.
Les forces de l’ordre sont volontairement prises à partie dans des agressions qui relèvent de la guérilla urbaine ; dans les territoires abandonnés de la République, où ne règne plus que la loi des mafias criminelles et religieuses, elles doivent, à chaque intervention, s’attendre à tomber dans des pièges conçus explicitement pour tuer du flic ; toutes leurs actions sont filmées par les provocateurs pour les discréditer et livrer à l’opinion publique des histoires de bavures montées de toutes pièces. Et des dirigeants politiques jouent même le jeu des malfaiteurs en accusant publiquement la police républicaine d’être « fasciste » ! Les slogans scandés joyeusement dans les manifestations (« ACAB », « la police tue », « tout le monde déteste la police »…) par des militants et responsables politiques n’ont rien d’anodin : ils témoignent d’un basculement démagogique et factieux uniquement destiné à s’attirer les bonnes grâces des criminels dans une drague répugnante.
Comme tous les représentants de l’État, comme tous les fonctionnaires, quels qu’ils soient, les policiers doivent être exemplaires, incorruptibles, faire preuve de la plus grande intégrité, de la plus pure vertu civique, du sens du service le plus désintéressé. Il n’est pas permis à la police d’être forte avec les faibles et faible avec les forts : elle sert l’intérêt général, l’ordre civil et les citoyens. La noblesse de sa fonction appelle une intransigeance totale envers toutes les formes d’abus de pouvoir, de corruption ou de prévarication. Aucun écart de peut être toléré ; les sanctions doivent être administrées sans trembler avec toute la sévérité nécessaire. La police française ne peut qu’être intégralement républicaine. Et réciproquement, elle doit être explicitement soutenue par le peuple et ses représentants face aux tentatives répétées de déstabilisation, face aux calomnies et aux mensonges.
Le même soutien doit aller à la Justice, plus abîmée encore par les restrictions que lui impose historiquement l’exécutif. La Justice française est « clochardisée », privée des moyens nécessaires à l’efficacité de son action, traînée dans la boue par ses détracteurs dont les diatribes servent avant tout la protection de leurs intérêts privés. Comme la Police, elle doit être préservée des idéologies, que ces dernières exercent leur influence néfaste de l’intérieur de la magistrature ou de l’extérieur. Il ne faut d’ailleurs pas exagérer le poids du militantisme au sein de l’institution : le fantasme des « juges rouges » s’appuie sur quelques personnalités et affaires, certes tout à fait indignes mais largement montées en épingle pour faire passer les magistrats pour un corps homogène de gauchistes obnubilés par l’excuse des criminels et la volonté de laisser libres tous les coupables. Tout cela est caricatural et participe du climat délétère dans lequel nous étouffons.
Les critiques des peines prononcées dans les jours qui ont suivi les dernières émeutes sont ainsi bien plus motivées par la communication que par la justice elle-même. « Trop légères », « culture de l’excuse », « juges complices »… autant de considérations qui font fi de la réalité et saisissent le moindre prétexte pour ressasser les mêmes poncifs dans un laborieux psittacisme. Or le réel s’accorde rarement avec l’idéologie et les calculs à courte vue des petits combinards : le profil de ceux qui ont été arrêtés ne correspond pas forcément à la majorité des émeutiers, ceux qui se font prendre sont les moins « bons » dans le domaine, les plus « gendre idéal », et ce sont ceux-là qu’il s’agit de juger, pas les caïds qui ont réussi à s’échapper – la Justice doit juger des individus pour leurs actes, et non en faire des symboles qui prennent pour les autres, des boucs émissaires. Comme le rappelle la journaliste Olivia Dufour :
on ne condamne pas un tireur de mortier à dix ans de prison. Il ne peut pas payer pour toutes les voitures brûlées, commerces dévalisés, pour tous les blessés, pour la fête gâchée. Chacun doit être puni pour ce qu’il a fait, ni plus, ni moins. Et en considération de son parcours. Au nom de la personnalité des peines.
La personnalisation de la peine, principe fondamental, ne doit pas être remis en cause. Le problème est ailleurs, en particulier dans les moyens indignes donnés à la Justice qui en fait la honte de la République et dans les conséquences de cette incurie. La surpopulation carcérale en est une : avec des taux d’occupation des prisons largement supérieurs à 100 %, il est impossible d’y envoyer un individu qui aura agressé un policier, même avec un mortier. La responsabilité du juge n’est pas ici en question, contrairement à celles du législateur et de la collectivité qui font, ne serait-ce que par défaut, le choix de ne pas financer les conditions nécessaires à la répression des crimes et délits. Des décisions éminemment politiques doivent être prises en la matière (par exemple, au sujet de la place des étrangers en prison : les délinquants et criminels étrangers ne devraient-ils pas purger leur peine dans leur pays ? ou, à tout le moins, y être renvoyés d’office ?) afin d’assurer à la Police comme à la Justice les moyens nécessaires (encore une fois : financiers et symboliques) au bon exercice de leurs responsabilité, au service de la Cité.
Les brutes
Que voyons-nous dans ces scènes de violences urbaines ? Un défoulement. Une manière lâche et stupide de « faire la fête », de « s’amuser » ; une contrefaçon répugnante de liesse populaire. L’illusion d’une liberté confondue avec la licence ; la désinhibition de la violence conçue comme rapport aux monde et aux autres. La conviction que « tout est permis », qu’on peut « se lâcher » sans limite et que les pulsions peuvent et doivent être satisfaites immédiatement – dans une tribune au Figaro le 4 juin, le pédopsychiatre Maurice Berger parle de « jouissance sans pensée ». S’y ajoutent les phénomènes bien connus de mimétisme et d’effet de foules, aux effets amplifiés par la caisse de résonnance inouïe des réseaux dits sociaux. Les nouveaux Narcisses, toxicodépendants aux écrans, tous en train de se filmer avec leurs téléphones pour exhiber leurs « exploits » au monde entier, entrent dans une malsaine émulation : c’est à qui sera le plus violent, le plus stupide pour remporter le funèbre concours de vues et de likes. En collant aux codes du caïdat – il ne fait pas bon être une femme dans ces émeutes… mais les néoféministes leur pardonneront puisque « c’est culturel » – qui ainsi continue de s’étendre, alors que les scènes d’émeutes et de violences finissent par devenir habituelle. La normalisation de ces épisodes inadmissibles accroît le sentiment d’impunité qui, réciproquement, encourage la violence – jusqu’où ?
N’importe quel prétexte est bon pour casser : victoire ou défaite, joie ou colère – peu importe. La violence n’est toutefois pas complètement gratuite. À chaque nouvelle émeute, quelles sont les cibles ? Des magasins à la mode pour voler du matériel, des fringues et des gadgets technologiques ; du mobilier urbain ; des symboles de l’État et des services publics (mairies, préfectures, écoles, crèches, bibliothèques, gymnases…) ; des lieux associés au judaïsme (le fameux antisémitisme « résiduel » que Jean-Luc Mélenchon refuse de voir parce qu’il explose dans ses clientèles)… les pillages se doublent d’un vandalisme haineux. Haine de la France et de ses symboles, largement préfabriquée par les propagandistes identitaires qui font gober des histoires à dormir debout à des gamins ni éduqués ni instruits.
La propagande n’a aucun mal à pénétrer les esprits de gamins dont la raison et l’esprit critique n’ont pu être formés et qui avalent avec plaisir les billevesées flatteuses et les mystifications démagogiques qui leur sont servies à volonté. Les figures d’autorité traditionnelles déboulonnées, les remplacent caïds, grands frères et autres influenceurs – y compris, parfois, souvent, avec l’assentiment des parents eux-mêmes – dont les discours les plus caricaturaux et les plus violents sont toujours ceux qui marchent le mieux, les plus appréciés. Des dizaines de milliers de mômes – pour la plupart français ! – aux identités imaginaires construites de toutes pièces en opposition à la France et aux Français, opportuns boucs émissaires de leurs frustrations et de leur ressentiment, servent de bombes à retardement à ceux qui nous ont désignés comme ennemis.
Les truands
Évidemment, ça n’a pas raté ! Une partie de la « gauche » s’est comportée comme elle le fait chaque fois, en une réaction-réflexe, de celles qui ne nécessitent pas un cerveau mais simplement une moëlle épinière guidée par l’idéologie, en excusant les criminels et en accusant les victimes. Ainsi a-t-on pu entendre, parmi tant d’autres, la directrice de la rédaction de la revue Regard, Catherine Tricot invitée par Yves Calvi sur RTL, asséner doctement : « On construit une culture de l’affrontement, les gens qui n’habitent pas Paris ne sont pas les bienvenus, ça crée une tension ». Les destructions et les agressions ne sont pas de la responsabilité de ceux qui les commettent ; c’est la faute des Parisiens qui méritent bien ce qu’ils subissent. Comment n’y avait-on pas pensé ? Quant aux médias du service public, sans surprise, ils ont sorti la carte de la « récupération par la droite et l’extrême droite », montrant, une fois de plus hélas, qu’ils vivent dans une réalité parallèle.
Le soutien aux délinquants est devenu une constante de la part de partis politiques cyniques – LFI en tête mais aussi, entre autres, ses séides écologistes – qui sont prêts à tout pour faire exploser la France et prendre dans le feu d’une insurrection un pouvoir qu’ils se savent incapables de gagner par les urnes. Ils colportent un imaginaire révolutionnaire au rabais, façon série netflix ; leurs détournements et manipulations de l’Histoire ne démontrent que leur inculture – et que l’on cesse cette propagande absurde d’un Jean-Luc Mélenchon puits de science, grand lecteur et profond historien : ses lacunes en la matière sont béantes et ses connaissances partielles et partiales ne lui servent qu’à épater les militants et cadres de son parti, dénués de toute structure intellectuelle. L’esbroufe pseudo-intellectuelle, ça marche très bien avec les ignares. Les fantasmes de sang issus d’une réécriture simpliste et mensongère de la Révolution française réussissent ainsi à faire passer les voyous d’aujourd’hui pour les descendants des sans-culottes d’hier. Quelle sinistre farce qui salit l’une des pages les plus complexes et remarquables de l’Histoire !
Le clientélisme qui guide ces justifications de l’injustifiable ne craint nullement d’apparaître pour ce qu’il est dans la lumière crue de l’espace public. Les dirigeants complices des crimes et délits commis assument parfaitement… jusqu’à l’absurde. Quand le ministre de l’Intérieur – pour qui on ne peut guère me soupçonner la moindre sympathie – traite les casseurs de « barbares », les dirigeants de cette « gauche » hurlent au « racisme » et à l’« islamophobie », assimilant eux-mêmes les délinquants à une race et à une religion ! Par idéologie, électoralisme et bêtise (il ne faut jamais sous-estimer la bêtise chez les politiques), toute une partie de la « gauche » a tranquillement abandonné les classes moyennes et populaires pour défendre ceux qui les martyrisent tous les jours : ils préfèrent les bourreaux aux victimes, méprisent ouvertement le peuple et la France périphérique qu’ils assimilent à l’extrême droite (le terme lui-même de « France périphérique » est accusé d’être une invention de celle-ci… avant qu’il ne fassent subir le même sort au mot « peuple », après tout, ils ont déjà abandonné la nation) et assimilent les banlieues aux petits voyous et aux islamistes qu’ils flattent avec gourmandise.
L’inversion accusatoire, la victimisation des bourreaux, l’excuse victimaire… permettent donc de justifier toutes les exactions en reportant la culpabilité sur ceux qui les subissent. Cette « gauche-coucou » qui squatte la vieille maison en a détruit toutes les fondations. Oubliées les références classiques, abandonnées les grandes figures… ils ne connaissent même pas deux lignes des auteurs dont ils s’imaginent les descendants. Faut-il donc leur rappeler ce qu’écrivent Marx et Engels dans La social démocratie allemande en 1871 ?
Le lumpenprolétariat – cette lie d’individus déchus de toutes les classes qui a son quartier général dans les grandes villes – est, de tous les alliés possibles, le pire. Cette racaille est parfaitement vénale et tout à fait importune. Lorsque les ouvriers français portèrent sur les maisons, pendant les révolutions, l’inscription : « Mort aux voleurs ! », et qu’ils en fusillèrent même certains, ce n’était certes pas par enthousiasme pour la propriété, mais bien avec la conscience qu’il fallait avant tout se débarrasser de cette engeance. Tout chef ouvrier qui emploie cette racaille comme garde ou s’appuie sur elle, démontre par là qu’il n’est qu’un traître.
Marx et Engels eux-mêmes se feraient traiter de fascistes par les phares de la pensée qui officient du côté de LFI et de cette « gauche » d’extrême droite, et qui voient dans la religion (version fréro-salafiste) un projet émancipateur (« l’opium du peuple », disiez-vous ?) et une nouvelle incarnation des Damnés de la Terre dans le lumpencaïdat dont les méfaits pourrissent la vie d’une France au bord de la crise de nerfs.
Cincinnatus, 9 juin 2025
