Les exclus du monde

À la porte de l’éternité, Vincent van Gogh (1890)

Vous qui êtes trop vieux pour « sortir de votre zone de confort », vous qui n’avez pas les moyens matériels de vous payer une connexion, vous qui ne souhaitez pas vous faire greffer un téléphone à votre main, vous qui n’avez pas envie d’être asservis à des gadgets technologiques ou qui, tout simplement, ne savez pas comment ils fonctionnent, vous qui êtes malades, bancroches, handicapés, blessés, fatigués, cacochymes, valétudinaires, pauvres, mal-foutus ou pas foutus-du-tout, trop-lents dans un monde trop rapide, vous tous qui ne voulez pas ou ne pouvez pas vous plier pas aux diktats de cette modernité tyrannique et n’entrez pas, par volonté ou nécessité, dans ses cadres, dans ses petites boîtes formatées, comme autant de lits de Procuste ; alors même qu’on nous bassine avec « l’inclusivité », ce barbarisme de la novlangue bien-pensante et moralisatrice, vous n’êtes pas seulement exclus de l’espace public privatisé, de ces territoires que les élus et les mafieux choisissent de réserver à leurs clientèles, à ceux qui leur ressemblent ou les servent : vous êtes exclus du monde lui-même.

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Tout fout l’camp !

Stańczyk, Jan Matejko (1862)

Reviennent, sur le devant de la scène où se joue le navrant spectacle de l’humanité, de vieux fantômes que l’on croyait définitivement exorcisés. Mais enfin, quelle naïveté ! Comme s’ils avaient disparu tout ce temps et réapparaissaient miraculeusement ! Rien n’est jamais définitif avec l’homme, rien n’est jamais assuré. Rien. Si ce n’est sa capacité à s’enfoncer toujours plus bas dans l’obscur.

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Face au désastre climatique

Le Moine au bord de la mer, Caspar David Friedrich (entre 1808 et 1810)

Quoi qu’en disent les négationnistes climatiques qui ont rejoint les autres complotistes divers et variés dans les limbes de la paranoïa, le consensus scientifique est bien établi : nous vivons une catastrophe climatique et environnementale inédite, dont l’activité humaine est la cause directe. Entre réchauffement climatique et extinction de masse, les grands équilibres de notre planète sont en train de s’effondrer sous nos yeux, mettant en péril non seulement l’existence de l’humanité mais de la vie elle-même. Nous le savons, nous le voyons… et nous nous payons de mots plutôt que d’agir.

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Un problème ? Une appli !

Le « solutionnisme » est cette idée simpliste selon laquelle tous les problèmes, quelles que soient leur nature et leur complexité, peuvent trouver une solution sous la forme d’algorithmes et d’applications informatiques. Très en vogue dans la Silicon Valley depuis plusieurs années, il s’est largement répandu grâce à ses illusions séduisantes et imprègne dorénavant les imaginaires collectifs, notamment celui de la start-up nation chère à notre Président.

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Liberté des uns, contrôle des autres

Le Tasse à l’Hôpital Sainte-Anne de Ferrare, Eugène Delacroix (1839)

Il y a, dans l’idéologie néolibérale [1] et, plus encore, dans sa manière de s’appliquer, un paradoxe apparent : d’un côté, une défense lyrique de la liberté (malgré une définition discutable), en particulier individuelle et économique ; de l’autre, une volonté de contrôle dont l’intensité et le périmètre ne cessent de s’accroître. N’y voir qu’une contradiction ou une hypocrisie ferait passer à côté de l’essentiel.

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Science ou sorcières ?

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Le Sabbat des sorcières, Goya (1823)

Notre hypermodernité n’aime pas la science alors qu’elle adore la technique et… les superstitions. Est-ce une forme de retour du refoulé ? En tout cas, la science n’a plus bonne presse.
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Cinquante nuances de néolibéraux

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Après avoir débuté mon travail d’entomologiste par une première expérience de description très-scientifique des nombreuses espèces d’identitaires, voici le tome 2 : l’abécédaire des néolibéraux !
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Tous des sales gosses !

Quelle société de petits cons nous formons ! Où que le regard se tourne, point d’adultes : ça grouille d’adolescents mal élevés, quelle que soit leur date de naissance. Même les cheveux blanchis par l’âge ne semblent avoir acquis de leurs années passées que la vanité de cœur et la myopie d’esprit. Et en matière de maturité, il n’est rien à chercher non plus du côté des toniques intermédiaires entre le bachot et l’EHPAD. Des corps protégés par la médecine moderne trimballent des ego bouffis de dérisoires certitudes. Lire la suite…