À mes pères

Quand on n’a pas de père, on s’en choisit.

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La modernité barbare des « services clients »

Qui n’a jamais vociféré des insultes à un serveur vocal censé analyser automatiquement ce que vous lui dites mais bloqué sur la phrase « je n’ai pas compris votre question, veuillez formuler votre demande » ? Qui n’a jamais abandonné après avoir patiemment tapé 2, puis 4, puis 1, puis #, puis 3 pour finalement se retrouver, sans savoir comment, au menu de départ ? Qui n’a jamais souffert de devoir réexpliquer son problème à un cinquième interlocuteur aussi incompétent que les quatre précédents ? Lire la suite La modernité barbare des « services clients »

Les lanceurs d’alerte sont-ils des délateurs ?

Les lanceurs d’alerte sont à la mode avec, en ce moment, le procès des « Lux Leaks ». Il y a quelques jours, un tweet (que je n’ai pas retrouvé : si quelqu’un met la main dessus, je suis preneur) m’a interloqué. De mémoire, il ressemblait à :

Si je retrouve le lanceur d’alerte qui a dénoncé mes grands-parents juifs, j’aurais deux mots à lui dire.

Comme tous les éditorialistes et hommes politiques qui assimilent les lanceurs d’alerte à des voleurs et à des délateurs, il procède par une analogie qu’il faut impérativement décrypter parce qu’elle devient une modalité un peu trop récurrente de la rhétorique médiatique. Lire la suite Les lanceurs d’alerte sont-ils des délateurs ?

Identités choisies

Né à l’étranger, dans une pomme, j’ai grandi en France avec deux passeports. Par l’un d’eux, le bleu, je suis citoyen d’une forteresse que des millions de personnes rêvent d’investir… sans que pour autant je n’y sois jamais retourné. Cette double nationalité fait partie de moi, elle m’a accompagné toute ma vie, le plus souvent à travers les questions qu’elle suscite chez les autres : le fantasme du modèle absolu contemporain et, simultanément, du repoussoir tout aussi excessif. Baigné comme tous dans la saturation spectaculaire de cet imaginaire-monde, sans l’avoir cherché je me suis distingué par cette appartenance à « l’autre côté de l’écran ».
Je pourrais revendiquer cette identité, au nom du sol me prétendre de là-bas plus que d’ici, et ignorer le goût d’imposture. Je pourrais aussi la rejeter, y renoncer dans un geste grandiloquent et sot.
Je choisis de l’accepter, un peu comme la couleur de mes cheveux : comme un fait qui m’appartient, me constitue mais ne me définit pas.

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Souvenirs de Palmyre

Il y a une douzaine d’années, j’ai eu la chance de passer une journée à Palmyre. En déambulant pendant des heures au milieu des ruines romaines, j’ai vécu là une expérience inoubliable… que je qualifierais volontiers de « métaphysique » même si c’est devenu un gros mot. Lire la suite Souvenirs de Palmyre

À bicyclette

Les Parisiens ont vu fleurir depuis cet été ces panneaux, dits « cédez-le-passage cyclistes ».

Grâce à eux, les adeptes de la petite reine font fi du feu rouge et peuvent tourner à droite aux carrefours en croix et tourner à droite ou continuer tout droit aux carrefours en T. Une nouvelle liberté de conquise pour ces cavaliers suants ! Hourra !

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Oradour

Il est des lieux d’où la vie est bannie par l’horreur.

Il est des lieux où la vie ne subsiste que dans son reflet au triste miroir de la mort.

Cincinnatus,

Le football, nouvel opium du peuple

La passion du foot m’atterre. Quel intérêt à regarder vingt-deux millionnaires incultes et arrogants, qui plus est exilés fiscaux, jouer à la baballe ? La vulgarité du pognon-roi s’étale sans pudeur sur tous les écrans, dans un divertissement décérébrant. Le foot est bien le nouvel opium du peuple, la transcendance de la religion en moins. Du pain et des jeux : aujourd’hui que certains n’ont pas assez de pain, donnons-leur plus de jeux ! ça les calmera. Il s’agit bien de divertir, c’est-à-dire de tourner d’un autre côté, de détourner, d’écarter – merci Littré. Pendant qu’ils sont devant la télé à hurler, ils oublient de penser.

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Écologie : pour une réponse républicaine

Troisième et dernier billet sur l’écologie. On a démasqué les tartuffes néolibéraux et mis en garde contre les techno-béats, puis rejeté les prophètes d’apocalypse et fustigé la pensée magique. Il est temps maintenant de réfléchir à ce que serait une conception humaniste et républicaine de l’écologie.

Il y a une affinité presque « naturelle » du républicanisme pour les enjeux environnementaux : importance du bien commun et de l’intérêt général ; édification continue d’un lien entre les morts, les vivants et les à-naître ; responsabilités réciproques de l’individu et de la société ; conception exigeante de la citoyenneté et de la participation à la vie de la Cité ; collégialité et délibération comme méthodes de la décision ; prééminence du politique sur l’économique ; réflexion critique et balancée sur la modernité… Autant de caractéristiques de la pensée républicaine qui devraient la rendre particulièrement à même d’appréhender les questions écologiques, non par l’angle étroit et misérable de la seule économie ni d’une eschatologie bas de gamme, mais bien du point de vue politique.
Nous sommes face à un enjeu de civilisation qui nous impose de proposer une vision claire et cohérente de la société que nous voulons édifier.
Et de cette vision découlent les actions à mettre en œuvre[1].

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Écologie : de l’apocalypse à la pensée magique

Deuxième billet d’une série de trois consacrés à l’écologie. Après la dénonciation des tartuffes capitalistes et des techno-béats scientistes, on va s’intéresser aux prophètes d’apocalypse et aux adeptes de la pensée magique qui prétendent, eux aussi, apporter des réponses simplistes à des questions complexes.

À l’opposé des scientistes décrits précédemment, des mouvements souvent issus de l’écologie profonde (deep ecology) portent une rhétorique et des propositions radicales. Soyons clair : tout n’est pas à jeter dans l’écologie profonde telle qu’elle a été conçue à l’origine. Ce que je souhaite pointer ici, ce sont des discours qui s’en inspirent pour affirmer un rejet massif de l’homme et de la civilisation. En utilisant le fait, parfaitement avéré, que l’homme est responsable des pires bouleversements que la planète ait connus, ceux-là proposent au mieux, le retour aux arbres et aux grottes ou, au pire, une réduction massive de l’espèce humaine[1], si ce n’est son éradication pure et simple. Au rêve technophile des précédents s’oppose un cauchemar anthropophobe. Youpi. Lire la suite Écologie : de l’apocalypse à la pensée magique