À bicyclette

Les Parisiens ont vu fleurir depuis cet été ces panneaux, dits « cédez-le-passage cyclistes ».

Grâce à eux, les adeptes de la petite reine font fi du feu rouge et peuvent tourner à droite aux carrefours en croix et tourner à droite ou continuer tout droit aux carrefours en T. Une nouvelle liberté de conquise pour ces cavaliers suants ! Hourra !

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Oradour

Il est des lieux d’où la vie est bannie par l’horreur.

Il est des lieux où la vie ne subsiste que dans son reflet au triste miroir de la mort.

Cincinnatus,

Le football, nouvel opium du peuple

La passion du foot m’atterre. Quel intérêt à regarder vingt-deux millionnaires incultes et arrogants, qui plus est exilés fiscaux, jouer à la baballe ? La vulgarité du pognon-roi s’étale sans pudeur sur tous les écrans, dans un divertissement décérébrant. Le foot est bien le nouvel opium du peuple, la transcendance de la religion en moins. Du pain et des jeux : aujourd’hui que certains n’ont pas assez de pain, donnons-leur plus de jeux ! ça les calmera. Il s’agit bien de divertir, c’est-à-dire de tourner d’un autre côté, de détourner, d’écarter – merci Littré. Pendant qu’ils sont devant la télé à hurler, ils oublient de penser.

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Écologie : pour une réponse républicaine

Troisième et dernier billet sur l’écologie. On a démasqué les tartuffes néolibéraux et mis en garde contre les techno-béats, puis rejeté les prophètes d’apocalypse et fustigé la pensée magique. Il est temps maintenant de réfléchir à ce que serait une conception humaniste et républicaine de l’écologie.

Il y a une affinité presque « naturelle » du républicanisme pour les enjeux environnementaux : importance du bien commun et de l’intérêt général ; édification continue d’un lien entre les morts, les vivants et les à-naître ; responsabilités réciproques de l’individu et de la société ; conception exigeante de la citoyenneté et de la participation à la vie de la Cité ; collégialité et délibération comme méthodes de la décision ; prééminence du politique sur l’économique ; réflexion critique et balancée sur la modernité… Autant de caractéristiques de la pensée républicaine qui devraient la rendre particulièrement à même d’appréhender les questions écologiques, non par l’angle étroit et misérable de la seule économie ni d’une eschatologie bas de gamme, mais bien du point de vue politique.
Nous sommes face à un enjeu de civilisation qui nous impose de proposer une vision claire et cohérente de la société que nous voulons édifier.
Et de cette vision découlent les actions à mettre en œuvre[1].

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Écologie : de l’apocalypse à la pensée magique

Deuxième billet d’une série de trois consacrés à l’écologie. Après la dénonciation des tartuffes capitalistes et des techno-béats scientistes, on va s’intéresser aux prophètes d’apocalypse et aux adeptes de la pensée magique qui prétendent, eux aussi, apporter des réponses simplistes à des questions complexes.

À l’opposé des scientistes décrits précédemment, des mouvements souvent issus de l’écologie profonde (deep ecology) portent une rhétorique et des propositions radicales. Soyons clair : tout n’est pas à jeter dans l’écologie profonde telle qu’elle a été conçue à l’origine. Ce que je souhaite pointer ici, ce sont des discours qui s’en inspirent pour affirmer un rejet massif de l’homme et de la civilisation. En utilisant le fait, parfaitement avéré, que l’homme est responsable des pires bouleversements que la planète ait connus, ceux-là proposent au mieux, le retour aux arbres et aux grottes ou, au pire, une réduction massive de l’espèce humaine[1], si ce n’est son éradication pure et simple. Au rêve technophile des précédents s’oppose un cauchemar anthropophobe. Youpi. Lire la suite Écologie : de l’apocalypse à la pensée magique

Écologie : entre tartuffes et idiots inutiles

Avec le retour du printemps, j’inaugure ici une série de trois petits billets sur l’écologie. Chacun pourra être lu séparément même s’ils forment un tout cohérent.

Le réchauffement planétaire[1] est le plus grave danger qui pèse sur l’homme, ses sociétés et l’ensemble de la planète. Dire que nos générations seront jugées sur leur capacité à y répondre, c’est ne pas comprendre qu’il n’y aura sans doute personne pour nous juger si nous échouons.
Rien de moins.
Et toutes les questions environnementales sont liées : réchauffement planétaire, destruction de la biodiversité, extinction des ressources fossiles et crise énergétique, pollutions, agriculture intensive, malbouffe… Chacune doit recevoir des réponses adaptées, mais aucune ne peut être pensée indépendamment des autres : c’est là l’une des difficultés principales.

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Sur la « fin de vie » et l’euthanasie

Des représentants de diverses religions donnent leur avis sur le sujet, pourquoi pas moi ? Mais ce n’est certainement pas en tant qu’athée que je souhaite m’exprimer. Il y a quelques semaines, l’affaire Vincent Lambert est revenue à la une des médias, juste après la réouverture du « débat » sur la fin de vie par la proposition de loi Claeys-Léonetti. Je ne veux entrer dans le détail ni du cas particulier Lambert ni des propositions des deux députés. Je préfère m’interroger, de manière plus générale, sur l’opportunité de légiférer sur ces questions et sur la légitimité du politique à s’en saisir.

Je dois d’abord avouer que je suis très mal à l’aise avec ce débat sur la « fin de vie » (étrange euphémisme). Comme beaucoup, j’ai été confronté à la mort d’êtres proches. Et, quoi que je fasse, mon émotion personnelle influence nécessairement mon jugement. Mais, pour cette raison, mon discours a-t-il plus de poids ou, au contraire, est-il disqualifié ? L’expérience intime légitime-t-elle ou invalide-t-elle l’opinion émise ?
Je ne sais pas.
Je constate simplement que la mienne n’a que peu évolué à la traversée de la douleur. Peut-être, parce qu’elle était déjà tiraillée avant, elle l’est demeurée ensuite.

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Tourisme et barbarie (2)

Une famille de Français entre dans un petit restaurant de la campagne sicilienne : « BONJOUR, NOUS SOMMES TROIS ! ».

Et ils se plaignent d’être mal considérés ! Et ils persiflent les touristes mal élevés en France : Américains, Japonais, Chinois, Allemands, Anglais… autant de profanateurs « qui se croient tout permis quand ils débarquent chez nous » !
La massification du tourisme international et son corollaire, la standardisation, ne font qu’encourager ces comportements affligeants de beaufs mal dégrossis.
Curiosité, bienveillance et humilité ne sont-elles pas consubstantielles à l’idée même de voyage ? découvrir l’autre dans son altérité ? Ne peuvent-ils donc pas faire le petit effort de se renseigner sur le pays visité ?

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Tourisme et barbarie

En cette période de vacances scolaires, souvenirs d’un périple italien.
(NB : toutes les photos sont prises par moi-même, si vous souhaitez les réutiliser merci de me prévenir)

Un site antique livré à la barbarie moderne : Pompéi, l’archétype du tourisme de masse dans son horreur. La Circumvesuviana, le train de Naples à Sorrente qui dessert aussi Herculanum et le Vésuve, vomit les touristes qui n’ont pas pris le car. Dans la file interminable devant les guichets, on se bouscule, on s’invective, les groupes bouchent le passage en s’enduisant de crème solaire. Bienvenue à Disneyland.

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Je suis Charlie

Pas envie d’écrire. Seulement de pleurer.

Mais il faut se forcer : dégueuler les mots, noircir les pages, dessiner, parler, murmurer, hurler, rire – vivre. Les faire vivre.

Ils ont été exécutés au nom d’une loi qui se prétend au-dessus des lois des hommes.

Des hommes ont décidé que d’autres hommes devaient mourir parce qu’ils exprimaient publiquement des idées jugées blasphématoires. Ces assassins ont refusé à leurs victimes le droit de paraître dans l’espace public afin d’y partager leur vision du monde : une vision laïque, provocante, humoristique, portée par un foutu talent.

En France, le blasphème n’est pas un crime, c’est une tradition – un exercice de liberté.

Nous sommes Charlie.

Cincinnatus,