Amnésie béate et illusion du Progrès

 

On pourrait croire que le Progrès tel qu’il fut pensé au XIXe et une partie du XXe n’est aujourd’hui qu’un astre mort, que plus personne n’y croit vraiment. Comment ne pourrait-il pas s’être fracassé sur les folies meurtrières qui se sont succédé sans discontinuer depuis plus d’un siècle, transformant l’assassinat en industrie de masses ?
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Santé publique : entre empoisonneurs et obscurantistes ?

 

 

Il doit être admis que, lorsque des incertitudes subsistent quant à l’existence ou à la portée de risques pour la santé des personnes, les institutions peuvent prendre des mesures de protection sans avoir à attendre que la réalité et la gravité de ces risques soient pleinement démontrées. (Affaire C-180/96 – Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord contre Commission des Communautés européennes, 1998)

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Tout paraît bien simple, dit comme ça. Sauf que le réel, non seulement « c’est quand on se cogne » (Lacan), mais surtout, c’est toujours plus compliqué qu’on ne croit au début. Prenons deux exemples très différents.
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À ma fille

Te voilà. Alors que nous t’attendions sereinement, tu as décidé de débarquer dans ce monde en le prenant par surprise. Six semaines d’avance : ton premier coup d’éclat d’une longue série, je parie.
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Le règne de l’agressivité

Une étude récente prétendait montrer la diminution alarmante du QI. Peu importe la véracité d’une telle affirmation : nous pourrions bien être tous des génies, nous nous comportons comme des monstres de bêtise crasse. Pire : la connerie s’est élevée en valeur cardinale. La veulerie, la vulgarité, la bassesse, l’agressivité imprègnent tous les rapports sociaux, et l’inculture s’impose jusqu’au plus haut niveau. Toute nuance est congédiée au profit de la réduction à l’affrontement caricatural d’un camp contre un autre, quel que soit le sujet. L’honneur, la grandeur, la vertu, la noblesse sont ringardisés, ridiculisés, méprisés. Jouissez, chers contemporains, de cette société de la sottise et de la fatuité qui préfère la « punchline » à la pensée, le « buzz » à l’information, l’agressivité à la sérénité et à la délicatesse des mœurs.
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Et si on parlait d’infertilité ?

Avertissement : dans ce long billet, ça risque de jacter un peu sexe et même de manière que certains pourraient trouver pas très pudique. Il n’est donc pas recommandé aux âmes prudes qui veulent encore croire que les enfants naissent dans des végétaux… quoiqu’elles pourraient sans doute y apprendre deux ou trois choses. Vous voilà prévenus.
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Le cirque des jeux

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Les JO 2024 se tiendront à Paris. Youpi. Tout le monde est content de vivre cette grande communion internationale dans le sport !
Tout le monde ? Non !
En réalité, ces jeux sont une très très mauvaise nouvelle…

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J’arrive !

Chers lecteurs du blog de Cincinnatus, bonjour.

Je me présente : Cinci Jr. Enfin… pour l’instant je m’appelle comme ça parce que mon genre n’est encore qu’une théorie. Je fais confiance à Cinci, mon futur papa, pour me trouver un petit nom sympa quand les choses seront plus… précises.
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Ce douloureux sentiment d’imposture

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Se lancer dans des études scientifiques pour les maths, mais préférer la philo quand presque tous les autres la méprisent ; achever ce cursus et pouvoir enfin se tourner vers les humanités ; débarquer avec son bagage original ; passer pour un extraterrestre ; subir le snobisme de ceux qui ont toujours fait la même chose ; se sentir seul, à côté.

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La trahison des Lego

Noël est passé. Ouf. La gueule de bois commence à refluer, le cadavre du sapin a été retiré du trottoir. On retrouve avec soulagement le morose quotidien et ses affects tristes : redescente des euphories consuméristes. Peut-être avez-vous offert, cette année encore, à l’un quelconque des mouflets de votre entourage, une boîte de ces jouets universels, intemporels, composés de petites briques colorées que l’on assemble en des architectures éphémères ? N’avez-vous rien remarqué d’étrange depuis plusieurs années ? De subtilement différent de vos propres souvenirs d’enfance ?

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L’enfer du flâneur

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Rue de Paris, temps de pluie, Gustave Caillebotte (1877)

« Doukipudonctan » braillait Zazie… et encore, elle avait la chance d’être dans le métro. Parce que dans la rue, ça schlingue au moins autant. Avec en plus le bruit de la circulation et des klaxons (interdits en ville sauf « cas de danger immédiat », nous rappelle le code de la route si bien respecté), le quidam qui sort de chez lui pour, idée saugrenue s’il en est !, profiter des merveilles de la ville, à pied !, pénètre immédiatement dans une atmosphère que l’on qualifie doctement d’« anxiogène » lorsqu’on a fait novlangue LV2. Le bruit et l’odeur, comme dirait l’autre. Ou les cercles de l’enfer d’un Dante contemporain : « Abandonne tout espoir, piéton qui sors de chez toi ! »

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