Une étude récente prétendait montrer la diminution alarmante du QI. Peu importe la véracité d’une telle affirmation : nous pourrions bien être tous des génies, nous nous comportons comme des monstres de bêtise crasse. Pire : la connerie s’est élevée en valeur cardinale. La veulerie, la vulgarité, la bassesse, l’agressivité imprègnent tous les rapports sociaux, et l’inculture s’impose jusqu’au plus haut niveau. Toute nuance est congédiée au profit de la réduction à l’affrontement caricatural d’un camp contre un autre, quel que soit le sujet. L’honneur, la grandeur, la vertu, la noblesse sont ringardisés, ridiculisés, méprisés. Jouissez, chers contemporains, de cette société de la sottise et de la fatuité qui préfère la « punchline » à la pensée, le « buzz » à l’information, l’agressivité à la sérénité et à la délicatesse des mœurs.
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Catégorie : Chroniques d’un humaniste écorché
Le monde comme il va (mal)
Et si on parlait d’infertilité ?
Avertissement : dans ce long billet, ça risque de jacter un peu sexe et même de manière que certains pourraient trouver pas très pudique. Il n’est donc pas recommandé aux âmes prudes qui veulent encore croire que les enfants naissent dans des végétaux… quoiqu’elles pourraient sans doute y apprendre deux ou trois choses. Vous voilà prévenus.
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Le cirque des jeux

Les JO 2024 se tiendront à Paris. Youpi. Tout le monde est content de vivre cette grande communion internationale dans le sport !
Tout le monde ? Non !
En réalité, ces jeux sont une très très mauvaise nouvelle…
J’arrive !
Chers lecteurs du blog de Cincinnatus, bonjour.
Je me présente : Cinci Jr. Enfin… pour l’instant je m’appelle comme ça parce que mon genre n’est encore qu’une théorie. Je fais confiance à Cinci, mon futur papa, pour me trouver un petit nom sympa quand les choses seront plus… précises.
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Ce douloureux sentiment d’imposture

Se lancer dans des études scientifiques pour les maths, mais préférer la philo quand presque tous les autres la méprisent ; achever ce cursus et pouvoir enfin se tourner vers les humanités ; débarquer avec son bagage original ; passer pour un extraterrestre ; subir le snobisme de ceux qui ont toujours fait la même chose ; se sentir seul, à côté.
La trahison des Lego
Noël est passé. Ouf. La gueule de bois commence à refluer, le cadavre du sapin a été retiré du trottoir. On retrouve avec soulagement le morose quotidien et ses affects tristes : redescente des euphories consuméristes. Peut-être avez-vous offert, cette année encore, à l’un quelconque des mouflets de votre entourage, une boîte de ces jouets universels, intemporels, composés de petites briques colorées que l’on assemble en des architectures éphémères ? N’avez-vous rien remarqué d’étrange depuis plusieurs années ? De subtilement différent de vos propres souvenirs d’enfance ?
L’enfer du flâneur

« Doukipudonctan » braillait Zazie… et encore, elle avait la chance d’être dans le métro. Parce que dans la rue, ça schlingue au moins autant. Avec en plus le bruit de la circulation et des klaxons (interdits en ville sauf « cas de danger immédiat », nous rappelle le code de la route si bien respecté), le quidam qui sort de chez lui pour, idée saugrenue s’il en est !, profiter des merveilles de la ville, à pied !, pénètre immédiatement dans une atmosphère que l’on qualifie doctement d’« anxiogène » lorsqu’on a fait novlangue LV2. Le bruit et l’odeur, comme dirait l’autre. Ou les cercles de l’enfer d’un Dante contemporain : « Abandonne tout espoir, piéton qui sors de chez toi ! »
À mes pères
Quand on n’a pas de père, on s’en choisit.
La modernité barbare des « services clients »
Qui n’a jamais vociféré des insultes à un serveur vocal censé analyser automatiquement ce que vous lui dites mais bloqué sur la phrase « je n’ai pas compris votre question, veuillez formuler votre demande » ? Qui n’a jamais abandonné après avoir patiemment tapé 2, puis 4, puis 1, puis #, puis 3 pour finalement se retrouver, sans savoir comment, au menu de départ ? Qui n’a jamais souffert de devoir réexpliquer son problème à un cinquième interlocuteur aussi incompétent que les quatre précédents ? Lire la suite La modernité barbare des « services clients »
Les lanceurs d’alerte sont-ils des délateurs ?
Les lanceurs d’alerte sont à la mode avec, en ce moment, le procès des « Lux Leaks ». Il y a quelques jours, un tweet (que je n’ai pas retrouvé : si quelqu’un met la main dessus, je suis preneur) m’a interloqué. De mémoire, il ressemblait à :
Si je retrouve le lanceur d’alerte qui a dénoncé mes grands-parents juifs, j’aurais deux mots à lui dire.
Comme tous les éditorialistes et hommes politiques qui assimilent les lanceurs d’alerte à des voleurs et à des délateurs, il procède par une analogie qu’il faut impérativement décrypter parce qu’elle devient une modalité un peu trop récurrente de la rhétorique médiatique. Lire la suite Les lanceurs d’alerte sont-ils des délateurs ?
