Veillée funèbre pour l’honneur disparu

Sous le crépuscule hivernal, ils ne se retrouvèrent qu’une poignée, rassemblés devant la modeste tombe. La pierre laissait lire ces seuls mots gravés : « Ci-gît l’honneur ».

Après un long silence, le premier parla ainsi :
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Non ! Hitler n’est pas arrivé au pouvoir démocratiquement

Je remercie ici vivement Bernard Manin dont l’enseignement sur les institutions d’exception, que j’ai eu la chance de suivre il y a quelques années, a inspiré ce billet.

Un cliché, largement répandu, voudrait que l’accession d’Hitler au pouvoir en 1933 se soit réalisée par les urnes et la volonté populaire. Et de se lamenter sur la grandeur et les limites de la démocratie. Il faut tordre le cou à ces idées fausses car la réalité est bien différente et beaucoup plus complexe. Pour ce faire, repassons-nous le film des événements et tâchons de comprendre les mécanismes qui ont conduit à l’arrivée d’Hitler et des nazis à la tête de l’État, et tout particulièrement le rôle crucial qu’ont joué certaines dispositions de la Constitution de Weimar.
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Winter is coming

Les soubresauts d’un monde qui s’effondre suffisent-ils pour espérer autre chose que des convulsions d’agonie ?

Je suis pessimiste. Je pense que nous devons nous préparer à de nombreuses années difficiles : la dissolution de la République ; l’arrivée au pouvoir de gouvernements bien plus à droite que ce que nous avons connu ; l’inscription dans notre quotidien d’attentats réguliers et chaque fois plus meurtriers. Lire la suite Winter is coming

À propos du « Printemps républicain »

Une fois n’est pas coutume, je réagis ici à chaud à l’actualité. Dimanche 20 mars 2016, j’ai participé au lancement du « Printemps républicain »[1].
Je ne pouvais que me réjouir de cette initiative. Des citoyens qui se rassemblent pour discuter de leurs conceptions de la République et de leurs visions du monde, de l’homme et de la société : belle perspective !

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La danse du centre

Il y a quelques mois, j’ai proposé une analyse des guerres idéologiques qui se jouent à gauche et à droite, ainsi que des recompositions qui s’organisent entre les différents courants de pensée qui s’y affrontent. Alors que j’y montrais la vacuité du clivage gauche-droite en ce qui concerne les représentations idéologiques, pourquoi n’avoir pas fait une place particulière au centre dont un certain nombre de membres défendent eux aussi le dépassement des vieilles catégories et la formation de nouveaux regroupements ?

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Ci-gît la République

L’espace politique dans lequel nous vivons n’a plus de République que le nom : une coquille creuse, comme un décor de cinéma en carton-pâte, ces façades d’immeubles à deux dimensions derrière lesquelles s’étend le vide. Et même : pas plus que de République, nous ne pouvons parler de démocratie. Que reste-t-il de la res publica ? Quel kratein pour quel demos ? Entourés de ces débris glacés, nous nous berçons d’illusions et nous enfonçons dans un autre modèle de gouvernement qui n’ose dire son nom – si même il en possède un.
L’inculture fait employer ces mots – démocratie, République, ces beaux mots pour lesquels tant sont morts –, à tout moment, pour rien, ou si peu. Dévalués, on n’en connaît même plus le sens. On les ânonne. On se les répète pour se tenir chaud à l’âme et à l’espoir[1] pendant que leur signification disparaît. En leurs noms, on bâtit des pyramides de vent.

Démocratie : l’effondrement en trois dimensions
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La vocation de l’école

L’école a pour rôle la transmission des savoirs, instruire.
Pourquoi ? Parce que c’est ainsi que l’on peut instituer des individus libres. Lire la suite La vocation de l’école

Que faire ?

Ce titre léniniste résume l’abattement général chez les républicains[1] sincères.
Où que l’on se tourne, cette même question : « que faire ? »… qui vaut toujours mieux qu’un « à quoi bon ? » résigné.
Prenons-nous à rêver un instant à la manière dont les événements pourraient tourner en notre faveur, quitte à faire preuve d’une bonne dose d’idéalisme, d’angélisme ou de naïveté – appelez cela comme vous voulez.

D’abord, nous remportons la guerre idéologique.

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Discours (imaginaire) à la nation (2016)

Dans quelques jours, le Président s’adressera à la nation pour ses traditionnels vœux du 31 décembre. S’il manque d’idées, je lui offre un discours tout prêt. Allez François, c’est cadeau.

Françaises, Français, mes chers compatriotes,

L’année qui se termine ce soir fut douloureuse pour notre nation. Au-delà des mots. Par deux fois, en janvier puis en novembre, nos valeurs, notre culture, tout ce qui nous relie a été frappé avec une violence inédite sur notre territoire. Ces attaques lâches nous ont bouleversés. Et en même temps nous avons montré une capacité inouïe de faire front ensemble, de ressouder la nation. Oui : la nation française, c’est cette volonté politique de partager un destin, de s’ancrer dans une histoire, de vivre pour construire quelque chose de plus grand, qui nous dépasse, d’édifier des ponts, des liens, entre nous, d’augmenter les fondations que nous héritons de nos prédécesseurs et de léguer, à notre tour, un monde qui nous soit commun. Tout cela, mes chers compatriotes, vous avez su le porter comme le message ferme et définitif de ce qu’est la France, de ce qu’elle a toujours été et sera toujours. Je vous remercie d’avoir ainsi pu rappeler au monde que le peuple français constitue une nation politique dont la vocation est inscrite dans sa devise universelle : liberté, égalité, fraternité.

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Face à l’horreur : penser et agir

Depuis vendredi, tant a été dit, tant a été écrit. L’essentiel a déjà été exprimé, martelé, parfois mieux que je ne pourrais le faire. Pourquoi en rajouter ?
Parce que c’est ainsi qu’on lutte contre les salopards.

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