Je n’ai que réticences à commenter ici l’actualité « chaude » : « la chouette de Minerve ne prend son envol qu’à la tombée de la nuit » rappelait Hegel. L’étripage en règle entre les partisans du mouvement des « gilets jaunes » et ses opposants auquel j’assiste depuis plusieurs jours expose moult arguments, plus ou moins convaincants. Quoique je répugne à me jeter dans cette mêlée, il semble que chacun soit sommé de se positionner et de donner son avis : ne reculant devant aucune occasion de me faire des ennemis, à mon tour !
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Catégorie : Res publica
Réflexions sur le politique, par-delà l’écume
#Pasdevague
(Ce billet est issu d’un fil publié sur mon compte twitter le 23 octobre 2018, ici réécrit et augmenté, y compris par les commentaires de la principale intéressée : merci à elle !)
Le mouvement #pasdevague qui fait actuellement le « buzz » me touche particulièrement. Ma mère était prof de math-sciences (mathématiques, physique et chimie) en LEP (lycée d’enseignement professionnel), devenus entretemps LP (lycée professionnel) par l’effet d’une de ces réformes que les (ir)responsables temporaires de la rue de Grenelle se croient obligés de pondre pour marquer l’Histoire de leur empreinte, bien plus intéressés par cette illusion de postérité que par l’écoute des agents de leur administration.
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And justice for all
Fiat justicia, pereat mundus

L’idéologie de la glorification des forts et de l’écrasement des faibles a gagné. Les valeurs à la mode ? La violence, l’agressivité, le pognon, l’inculture… Leur traduction dans la novlangue qui putréfie la langue ? Réussite, performance, innovation, efficacité… ad nauseam. Au cœur de cette bouillie : l’injustice avec sa gueule moche. Aux pieds du veau d’or, gît Thémis.
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Malaise dans la représentation : 3. Morale
Un mandat d’élu n’est pas un poste en entreprise, une élection n’est pas un recrutement lors duquel sont évaluées des compétences et un parcours. Ce n’est pas non plus un concours de sosies dont le vainqueur serait celui qui, grand transformiste, saurait le mieux renvoyer à ses électeurs l’image la plus ressemblante pour les séduire.
Obnubilés par ces conceptions fallacieuses et par l’appât du gain, dans tous les partis, les « spécialistes des élections » découpent la Nation et le territoire en segments auxquels offrir le produit qui réponde le mieux aux désirs qu’ils leur prêtent. Ils prennent en compte un nombre incalculable de critères… parmi lesquels, hélas !, la probité, l’exemplarité et l’incorruptibilité des candidats, qualités qui dérivent toutes trois de la vertu civique, ne pèsent pas lourd.
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Malaise dans la représentation : 2. Identité
L’identité ne fait pas la légitimité. Si, comme évoqué précédemment, seuls les entrepreneurs sont légitimes à parler d’entreprises (et pourquoi pas plutôt les ouvriers ?) et les fonctionnaires de services publics, alors seules les femmes sont légitimes à parler des droits des femmes, seuls ceux dont le taux de mélanine dépasse un certain seuil sont légitimes à parler de racisme, etc. etc. Lire la suite…
Malaise dans la représentation : 1. Compétence
Selon quels critères devons-nous élire nos représentants ? Dit autrement : quelles doivent être les qualités d’un élu ? efficacité oratoire, fortune personnelle, compétences techniques, expérience professionnelle antérieure, ressemblance à ses électeurs, souci de l’intérêt général… ? La liste, longue, peut encore s’étendre à l’infini.
En arrière-plan de ces questions en apparence anodines, se pose celle, cruciale, de la représentation, qui a passionné tous les penseurs politiques depuis des siècles et dont les multiples réponses occupent des kilomètres linéaires de rayonnages dans les bibliothèques de philosophie politique.
Nulle prétention de synthétiser ici l’ensemble de ces réflexions très intelligentes[1]. En trois courts billets, je me propose plutôt d’interroger quelques errements contemporains liés à des conceptions biaisées de la représentation.
*
Aujourd’hui, la mode est à la « compétence ». Pour être légitime, un élu doit être « compétent ». Certes. Mais de quoi parle-t-on au juste ?
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Pour une (vraie) recomposition politique
« Se vogliamo che tutto rimanga come è, bisogna che tutto cambi. »
« Pour que rien ne change… »
Le Guépard
Il l’a, sa majorité. 350 députés sur 577.
C’est une vague !… c’est une déferlante… c’est un raz-de-marée ! Que dis-je, c’est un raz-de-marée ?… C’est un tsunami !
Bon… « en même temps »©, c’est moins que prévu il y a une semaine, c’est vrai… mais quand même… 350 députés pour celui dont la candidature, il y a encore deux ans, n’était qu’une blague entre patrons de presse et pubards cocaïnés, c’est beaucoup, non ? Lire la suite Pour une (vraie) recomposition politique
L’avarice fiscale
La peste soit de l’avarice, et des avaricieux.
(Molière, L’Avare, Acte I, Scène 3)

Ceux qui refusent de payer l’impôt ou réclament d’en payer toujours moins ne sont que des traîtres qui cherchent à s’abstraire de la solidarité nationale. L’impôt n’est pas une punition : que ces gamins mal élevés et capricieux cessent donc de se plaindre ! Lire la suite L’avarice fiscale
Vae victis

Depuis une semaine, la campagne présidentielle est terminée. Emmanuel Macron est le nouveau président de la République. Tant mieux pour lui. Comme beaucoup, j’ai mis dans l’urne un bulletin à son nom, ne faisant mon choix qu’au dernier moment, dans l’isoloir. On ne s’étonnera pas que cela ne signifie pas une adhésion au personnage ni à son programme : au contraire [1]. Quoiqu’amère, j’assume cette décision parce que c’est mon vote, décidé en conscience… et malgré toutes les innommables pressions exercées entre les deux tours. Car, si la campagne électorale avant le premier tour avait déjà été odieuse, celle qui a suivi a repoussé les bornes de l’abjection. C’est toute la France qui a sombré dans une folie puérile et suicidaire [2].
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Des lendemains qui déchantent
Emmanuel Macron (24,01 %)
Le vainqueur depuis longtemps annoncé est bien arrivé en tête hier soir. Le héros balzacien, chouchou des médias, des sondages manipulateurs et performatifs, du CAC 40, de l’oligarchie, qui lui ont tout passé, qui l’ont protégé pendant des mois, a réussi son hold-up. Lire la suite Des lendemains qui déchantent
