Les chômeurs ne sont pas des fraudeurs !

J’ai vu récemment le film La loi du marché avec Vincent Lindon, remarquable de justesse et sans jamais tomber dans un pathos de mauvais goût.  Il m’a donné envie d’écrire ce billet.

Il y a quelques années, j’ai vécu une période de plusieurs mois de chômage. Je ne laisserai jamais dire que les chômeurs sont des « assistés », des « parasites » ou des « fraudeurs ». Certes les abus existent, inutile de le nier. Comme toujours, des petits malins jouent les passagers clandestins et profitent du système. Ils faut sanctionner ces escrocs, d’autant plus que leurs comportements servent de prétexte à de plus grands escrocs pour stigmatiser l’ensemble des demandeurs d’emploi.
Soit.

Faut-il pour autant faire de la lutte contre la fraude à Pôle Emploi une nouvelle croisade ? Lire la suite Les chômeurs ne sont pas des fraudeurs !

Les forfaitures de la droite

L’UMP a changé de nom. Histoire de laisser derrière soi les affaires, les casseroles, les scandales, ils se prétendent républicains alors même qu’ils en piétinent les valeurs depuis des années. Comment pourrait-on s’étonner de pareille imposture avec Sarkozy ?
Il aurait changé nous dit-on… encore. Le spectacle qu’il donne n’en demeure pas moins toujours le même : agité, agressif, ambigu voire contradictoire, prêt à tout… Les militants et, plus encore, les cadres de l’UMP semblent ne plus être dupes. Plus probablement, ils doivent être lassés et ne voient plus très bien comment il pourrait rassembler les Français, ou, au moins, un peu plus de la moitié d’entre eux. En s’éloignant de leur ancien héros charismatique, ils font preuve aussi bien de lucidité que de lâcheté. Les rats quittent le navire.

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Quand le théâtre nous rend humains

Cieux, tendez-vous de noir ! Jour, fais place à la nuit !
Comètes, qui annoncez les révolutions dans les siècles et les États,
Brandissez dans le firmament vos tresses de cristal,
Pour en fouetter les mauvaises étoiles rebelles
(Shakespeare, Henry VI)

*

J’ai eu la chance d’assister en peu de temps à deux spectacles particulièrement réussis. Tout semble les opposer sauf l’essentiel : ils incarnent tous les deux ce qui rend le théâtre nécessaire à l’homme.

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Écologie : pour une réponse républicaine

Troisième et dernier billet sur l’écologie. On a démasqué les tartuffes néolibéraux et mis en garde contre les techno-béats, puis rejeté les prophètes d’apocalypse et fustigé la pensée magique. Il est temps maintenant de réfléchir à ce que serait une conception humaniste et républicaine de l’écologie.

Il y a une affinité presque « naturelle » du républicanisme pour les enjeux environnementaux : importance du bien commun et de l’intérêt général ; édification continue d’un lien entre les morts, les vivants et les à-naître ; responsabilités réciproques de l’individu et de la société ; conception exigeante de la citoyenneté et de la participation à la vie de la Cité ; collégialité et délibération comme méthodes de la décision ; prééminence du politique sur l’économique ; réflexion critique et balancée sur la modernité… Autant de caractéristiques de la pensée républicaine qui devraient la rendre particulièrement à même d’appréhender les questions écologiques, non par l’angle étroit et misérable de la seule économie ni d’une eschatologie bas de gamme, mais bien du point de vue politique.
Nous sommes face à un enjeu de civilisation qui nous impose de proposer une vision claire et cohérente de la société que nous voulons édifier.
Et de cette vision découlent les actions à mettre en œuvre[1].

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Écologie : de l’apocalypse à la pensée magique

Deuxième billet d’une série de trois consacrés à l’écologie. Après la dénonciation des tartuffes capitalistes et des techno-béats scientistes, on va s’intéresser aux prophètes d’apocalypse et aux adeptes de la pensée magique qui prétendent, eux aussi, apporter des réponses simplistes à des questions complexes.

À l’opposé des scientistes décrits précédemment, des mouvements souvent issus de l’écologie profonde (deep ecology) portent une rhétorique et des propositions radicales. Soyons clair : tout n’est pas à jeter dans l’écologie profonde telle qu’elle a été conçue à l’origine. Ce que je souhaite pointer ici, ce sont des discours qui s’en inspirent pour affirmer un rejet massif de l’homme et de la civilisation. En utilisant le fait, parfaitement avéré, que l’homme est responsable des pires bouleversements que la planète ait connus, ceux-là proposent au mieux, le retour aux arbres et aux grottes ou, au pire, une réduction massive de l’espèce humaine[1], si ce n’est son éradication pure et simple. Au rêve technophile des précédents s’oppose un cauchemar anthropophobe. Youpi. Lire la suite Écologie : de l’apocalypse à la pensée magique

Écologie : entre tartuffes et idiots inutiles

Avec le retour du printemps, j’inaugure ici une série de trois petits billets sur l’écologie. Chacun pourra être lu séparément même s’ils forment un tout cohérent.

Le réchauffement planétaire[1] est le plus grave danger qui pèse sur l’homme, ses sociétés et l’ensemble de la planète. Dire que nos générations seront jugées sur leur capacité à y répondre, c’est ne pas comprendre qu’il n’y aura sans doute personne pour nous juger si nous échouons.
Rien de moins.
Et toutes les questions environnementales sont liées : réchauffement planétaire, destruction de la biodiversité, extinction des ressources fossiles et crise énergétique, pollutions, agriculture intensive, malbouffe… Chacune doit recevoir des réponses adaptées, mais aucune ne peut être pensée indépendamment des autres : c’est là l’une des difficultés principales.

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Le déficit budgétaire expliqué à ma mère

Petit dialogue familial.

Maman de Cincinnatus (MdC) : Tiens, j’ai fait une tarte Tatin en dessert.

Cincinnatus (C) : Hmmmm merci m’man !

MdC : Dis-moi Cinci, il y a un truc que j’ai du mal à comprendre : c’est quoi cette histoire de « règle d’or » et de 3% de déficit ? 3% de quoi ? Déficit de quoi ?

C : Vastes questions ! En gros, on parle de deux choses. Le déficit budgétaire, c’est la différence entre les recettes et les dépenses dans le budget de l’État. Le déficit public, c’est la même chose, la différence entre les recettes et les dépenses, mais pour l’ensemble des administrations publiques, c’est-à-dire à la fois l’État, les collectivités territoriales, les administrations de sécurité sociale, etc. La règle des 3%, c’est pour le déficit public.

MdC : Et donc ce déficit ne doit pas dépasser 3%… de quoi ?!

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Primaires : la faillite des partis

Depuis une semaine, la droite n’a plus que ce mot à la bouche ! Les primaires ouvertes incarnent le comble de la démocratie et de la modernité. Grâce à elles, les sympathisants peuvent choisir le candidat d’un parti à toutes les élections, y compris la plus « importante », celle qui empêche certains de dormir et d’autres de se raser : la présidentielle. C’est merveilleux, cette parole si longtemps confisquée par les dirigeants des partis et enfin rendue à la base. En plus, c’est inspiré des Américains[1], donc c’est forcément bien.

Ça c’est pour le décorum.
Quand on est bien élevé, critiquer les primaires ouvertes c’est comme péter à table : c’est mal vu et ça sent mauvais.
Mais quand on est mal élevé ou un peu taquin, on se pose des questions.

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La République à la reconquête de ses territoires perdus

J’ai parlé ailleurs de la balkanisation de la nation. Cette fragmentation se retrouve très concrètement dans la géographie même de notre pays. Lorsque l’on parle des territoires français, des mots d’une violence et d’une charge historique inouïes sont souvent employés, y compris par les plus hauts représentants de l’État : « ghettos », « apartheid »… Ces mots ont un sens précis et les utiliser pour décrire la situation actuelle n’est pas anodin.

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Au secours, ils n’ont rien compris !

Hier, soirée électorale. Réactions en vrac.

*

Passons sur la durée que France 2 lui a accordée. Ou plutôt non, commençons par cela : une vingtaine de minutes avant de lancer « le reste des infos » et le film du dimanche soir. Une honte ! À ce rythme, qu’aurons-nous en 2017 ? À 20h00 la tête du nouveau président et à 20h02 Les Bronzés font du ski ? Bravo le service public audiovisuel !

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