Le réalisme tyrannique des imbéciles

L’impératif de réalisme me fatigue. Franchement, être réaliste, ça veut dire quoi ? En 40, qui était réaliste : celui qui acceptait la débâcle ou celui qui partait à Londres pour poursuivre le combat ? C’est au nom du « réalisme », du « pragmatisme », tant vantés aujourd’hui, que l’on jugeait préférable de se soumettre et que l’on considérait De Gaulle comme un idéaliste n’ayant rien compris au film. Le réalisme, je le laisse aux petits comptables de sous-préfecture[1] qui ont une calculette à la place de l’encéphale.

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« Réidologiser » la politique : une urgence !

Le champ politique crève de son inanité intellectuelle. Aucune idée nouvelle, aucun projet de société, aucune vision du monde et de l’homme n’en émerge. On a chanté l’effondrement des idéologies et la fin de l’Histoire, comme autant de bonnes nouvelles. C’est bien à la fin de la pensée que l’on a assisté. Quelles propositions nous font les dirigeants politiques ? À qui ou à quoi se réfèrent-ils ? Sur quoi légitiment-ils leurs discours ? Pourquoi sont-ils à ce point coupés du fourmillement intellectuel que l’on voit dans la « société civile » ?

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Paris, une « ville-musée » ? Et pourquoi pas ?

Paris deviendrait une « ville-musée ». Ah ben merde alors ! Je comprends mieux pourquoi tous les matins deux cents touristes étrangers m’entourent pour me prendre en photo !

Bon, sérieusement, c’est quoi cette histoire ?
Ça veut dire quoi, une « ville-musée » ?

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Ils voient des tabous partout

À longueur d’interviews, à droite comme à gauche, au centre comme aux extrêmes : « nous n’avons pas de tabou », « ce n’est pas un tabou » ou encore « il faut faire sauter les tabous ». Pauvres tabous qui n’en demandaient pas tant ! Pourquoi cette haine ? Pourquoi voient-ils des tabous partout ?

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Valeur, coût et droit du travail

« Le travail coûte trop cher » répètent ad nauseam, sur tous les écrans, les amis du Medef, qu’ils soient de l’UMP, du PS ou d’ailleurs. Alors qu’il n’y a pas si longtemps la mode était à la « valeur travail », voilà que celui-ci est devenu brusquement une charge. Comment a-t-on pu glisser de la « valeur travail » si chère à Nicolas Sarkozy, à l’obsession pour le « coût du travail » ?

En 2007, Nicolas Sarkozy développe tout un discours sur le travail comme activité essentielle qui aurait été dévalorisée, dénigrée, abandonnée par la société (hypothèse purement gratuite dont la démonstration n’a jamais été ne serait-ce qu’effleurée !). Avec son fameux « travailler plus gagner plus », il entend remettre cette « valeur » au cœur de son projet politique. Mais de fait, est-ce bien « travailler plus » qui compte ici ou, plutôt, « gagner plus » ? L’ambiguïté n’est qu’apparente : la fin, c’est le gain, le moyen, c’est le travail. Celui-ci n’a pour but ni l’épanouissement du travailleur, ni le développement de son entreprise, ni l’augmentation de la richesse globale de la société, ni la participation au collectif. Travailler plus POUR gagner plus. Ou, encore une fois, le sarkozysme comme expression pure de la rapacité.

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