Tyrannie de la minorité

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Article premier : « Tous les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits »

En démocratie, la crainte est toujours justifiée d’une « tyrannie de la majorité » [1]. Or on assiste aujourd’hui à une autre forme d’asservissement : celle de l’espace public par les revendications identitaires de minorités, ou plutôt d’individus se considérant comme discriminés selon une dimension de leur être qu’ils affirment à la fois essentielle et minoritaire. La lutte contre les discriminations, en temps normal parfaitement légitime, se trahit et laisse place à des revendications agressives, l’affirmation du droit à la différence basculant dans l’exigence d’une différence de droits à raison d’une identité unidimensionnelle fantasmée.
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L’humanisme comme remède au transhumanisme

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L’homme de Vitruve, par Léonard de Vinci

Et si la meilleure réponse à l’hybris transhumaniste était à chercher dans l’humanisme, tout simplement ? Quoi, l’humanisme ? Cette notion désuète, rendue ringarde par la modernité triomphante qui prétend la dépasser par l’adjonction des préfixes trans- ou post- ? Quelle drôle d’idée ! Quel anachronisme de mauvais goût ! L’on se souvient même qu’à une certaine époque, l’humanisme se donnait une dimension politique en se payant le luxe de s’accompagner de l’épithète civique. L’humanisme civique, synonyme de républicanisme : concepts surannés à l’heure où l’on préfère remplacer civique par citoyen, substantif étrangement devenu adjectif cuisiné à toutes les sauces. Discrédités, calomniés, ridiculisés par les prétentieux adorateurs du monde moderne, renvoyés sans appel dans le camp « réac » comme tous ceux qui n’acceptent pas aveuglément les promesses sucrées d’une technique toute-puissante, l’humanisme et le républicanisme n’ont pourtant peut-être pas dit leur dernier mot.
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And justice for all

Fiat justicia, pereat mundus

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Allégorie de la Justice, Cranach

L’idéologie de la glorification des forts et de l’écrasement des faibles a gagné. Les valeurs à la mode ? La violence, l’agressivité, le pognon, l’inculture… Leur traduction dans la novlangue qui putréfie la langue ? Réussite, performance, innovation, efficacité… ad nauseam. Au cœur de cette bouillie : l’injustice avec sa gueule moche. Aux pieds du veau d’or, gît Thémis.
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Le pire des mondes transhumanistes

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Entreprises de la Silicon Valley se disputant les données personnelles d’un client

 

On ne peut pas se contenter de reprocher à Google and co d’utiliser cyniquement le transhumanisme comme paravent à des projets plus prosaïques de domination économique et d’optimisation de sa fortune, sans accorder le moindre crédit aux fables qu’il colporte. En réalité, la croyance dans l’utopie transhumaniste et l’appât du gain coexistent très bien et se renforcent mutuellement ! Cette convergence donne même un nouveau souffle au néolibéralisme par l’extension de son domaine d’emprise : les données (personnelles), l’individu, son corps, etc. constituent une manne extraordinaire.

Données personnelles : c’est toi le produit !
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La Silicon Valley au service du transhumanisme

L’imaginaire collectif des transhumanistes déborde largement les limites de ses thuriféraires assumés, en particulier grâce aux moyens que ceux-ci mettent à sa diffusion : ceux des grandes entreprises de la Silicon Valley et du capitalisme mondialisé. Mais ne nous y trompons pas : l’une des forces de cette pensée, c’est sa sincérité. La volonté de puissance et de profit, qui se perçoit en particulier dans l’accaparement des données personnelles ou le mépris des lois des États-nations, ne doit pas la masquer. Évidemment, ce sont des vautours qui cherchent à gagner un maximum de pognon. Mais ce n’en sont pas pour autant de vulgaires escrocs qui vendraient du rêve pour faire du fric au détriment des pigeons qui croiraient à leurs balivernes.
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L’hybris transhumaniste : idéologie et utopie

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h+ : un des logos-symboles du transhumanisme

Les histoires que nous servent les trans- et les post-humanistes ne doivent pas être méprisées comme les délires de gogos illuminés ou de quelques geeks fans de science-fiction [1]. Ce serait passer à côté de l’un des courants de pensée les plus puissants et les plus influents de notre époque. Et d’autant plus puissant et influent qu’il est doté des moyens financiers que lui fournit le capitalisme mondialisé, des moyens technologiques de la Silicon Valley, et des moyens symboliques de l’industrie du spectacle.
Alors : le transhumanisme, combien de divisions ?
Suffisamment pour être pris au sérieux.

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Amnésie béate et illusion du Progrès

 

On pourrait croire que le Progrès tel qu’il fut pensé au XIXe et une partie du XXe n’est aujourd’hui qu’un astre mort, que plus personne n’y croit vraiment. Comment ne pourrait-il pas s’être fracassé sur les folies meurtrières qui se sont succédé sans discontinuer depuis plus d’un siècle, transformant l’assassinat en industrie de masses ?
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Petite missive adressée à mes amis insoumis

Cette lettre a été écrite il y a quelque temps déjà, parallèlement à la précédente adressée à mes amis centristes. Son brouillon était déjà très avancé lorsque j’ai découvert celle d’Ambroise de Rancourt à Jean-Luc Mélenchon sur le blog de Coralie Delaume. Dans la mesure où un certain nombre de nos points de vue se recoupent largement, je me suis interrogé sur l’opportunité de publier la mienne. Mais c’est justement parce que je partage globalement ses critiques, ainsi que celles de nombreux militants de la France insoumise (et je prends pour un signal important la tribune d’Henri Pena-Ruiz dans Marianne cette semaine), que j’ai choisi de poursuivre ma démarche et de participer au débat qui, je crois, doit nécessairement s’ouvrir quant à la Weltanschauung de ce mouvement. Les lecteurs de ce blog ne seront guère étonnés de retrouver développés les enthousiasmes et les critiques que j’ai déjà exprimés ici depuis plusieurs mois.

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Chers amis,

Vous le savez, j’ai voté pour Jean-Luc Mélenchon, parce que j’ai vu en lui un républicain sincère, un ardent défenseur de la laïcité. J’avais déjà voté pour lui en 2012. À l’époque, contrairement à beaucoup, je n’avais pas été choqué par sa campagne de bruit et de fureur. Elle témoignait, à mes yeux, d’une passion politique et de convictions fortes qui tranchaient avec l’unanimisme désespérant du TINA néolibéral [1]. J’ai ensuite suivi son évolution avec un intérêt critique, pendant cinq ans, jusqu’à la dernière présidentielle.
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Petite missive adressée à mes amis centristes

Chers amis,

Vous le savez, moi aussi, j’ai été centriste. Même si nos chemins se sont éloignés, j’ai gardé, dans vos rangs, des amitiés très fortes, sincères, qui se nourrissent de nos divergences et, parfois, de nos engueulades éphémères. J’ai toujours un profond respect pour votre histoire, vos références et vos combats… et je suis fier d’en partager encore un certain nombre. Non pas que je ne sois plus « centriste » mais j’ai décidé, depuis, de ne plus me définir par des notions topographiques. Lire la suite…

Et ils se disent de gauche !

Le paysage politique français est accablant. Son pendant intellectuel ne l’est pas moins. Quand les clercs trahissent les valeurs qui fondent leur légitimité, on assiste au spectacle navrant de « pédagogistes » qui détruisent l’école, de « féministes » qui sapent l’égalité des droits, d’« antiracistes » qui démolissent l’universalisme. Néolibéraux et identitaires de tous poils s’en frottent les mains.

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