Tous s’y mettent : le pouvoir actuel qui essaie de faire oublier que, par son incurie et son cynisme, il est coupable de milliers de morts ; ses zélés prédécesseurs qui nous ont conduits à l’abyme en appliquant consciencieusement depuis quarante ans les dogmes du néolibéralisme ; les vieilles gloires retirées qui tentent encore un come-back plutôt pitoyable après avoir tant de fois montré leurs limites que personne ne peut les prendre au sérieux ; les opposants épidermiques qui se réjouissent ouvertement de la crise et feignent d’ignorer que le problème avec l’ivresse du Grand Soir, c’est toujours la gueule de bois du petit matin. Tous entonnent en chœur l’air ampoulé du « rien ne sera plus jamais comme avant ! » Qui peut les croire ?
Lire la suite…
Étiquette : Idéologie
La manipulation des esprits
Billet écrit avant l’épidémie et le confinement.
*
J’appelle « société de provocation » toute société d’abondance et en expansion économique qui se livre à l’exhibitionnisme constant de ses richesses et pousse à la consommation et à la possession par la publicité, les vitrines de luxe, les étalages alléchants, tout en laissant en marge une fraction importante de la population qu’elle provoque à l’assouvissement de ses besoins réels ou artificiellement créés, en même temps qu’elle lui refuse les moyens de satisfaire cet appétit.
(Romain Gary, Chien blanc)
1. Publicité
Que dirait, de notre société, ce grand humaniste ? Sa « société de la provocation » a enfanté un monstre plus effrayant encore : une société de l’obscène et de la manipulation. Lire la suite…
Unité nationale : quelle escroquerie !

« Le droit d’insulter les membres du gouvernement est inviolable. »
Georges Clemenceau, note adressée le 8 juin 1918 au Bureau de presse
En réponse à la crise sanitaire gravissime que nous subissons, le Président de la République appelle à « l’unité nationale ». Étrange rhétorique de la part de celui qui, en bon disciple de Sarkozy, a dressé les Français les uns contre les autres et dont la responsabilité est majeure dans la débandade actuelle.
Lire la suite…
Pot-pourri chaotique de questions naïves en période de confinement
Il y a un mois, c’était pas « juste une grippette » qui, de toute façon, n’arriverait jamais en France ?
Plutôt que la promesse de la légion d’honneur pour le personnel hospitalier, pourquoi ne pas lui accorder ce qu’il demande : des salaires décents, un équipement digne d’un pays développé et une gestion humaine ayant pour objectif l’intérêt général et non la productivité ?
Le télétravail avec enfant peut-il devenir une discipline olympique ? Lire la suite…
Les lectures de Cinci : comment on laisse sombrer l’école
La désinstruction nationale, René Chiche, Les Éditions Ovadia, 2019.
Le livre en deux mots
Le professeur de philosophie René Chiche a livré fin 2019 un livre important à propos de l’école et de l’état lamentable dans lequel elle se trouve. Les aveugles volontaires et les idéologues pédagogistes se récrieront immédiatement : encore un livre « passéiste », « nostalgique » (en quoi, d’ailleurs, la nostalgie serait-elle un sentiment dont on devrait avoir honte ?), etc. etc. en un mot : « réactionnaire » ! Qu’ils s’étouffent donc dans leur venin, ils sont responsables de la situation que décrit René Chiche avec justesse et précision. Lire la suite…
Humanités numériques ? Poil au clic !
Au lycée, la révolution se fait silencieusement : pendant que les lettres classiques y sont méthodiquement assassinées dans l’indifférence générale, les « humanités numériques » prétendent les remplacer [1]. Lire la suite…
Ma première grève
Pour la première fois, jeudi 9 janvier 2020, j’ai fait grève. Non que l’envie m’en ait manqué auparavant, ayant eu moult occasions et bonnes raisons de participer à d’autre mouvements de protestation contre des mesures gouvernementales iniques ou pour manifester une colère civique à l’encontre d’évolutions qui me semblaient néfastes. Trois raisons m’ont conduit à débuter ainsi l’année, trois écœurements qui ont justifié ce geste symbolique : la réforme des retraites, la destruction des services publics et la politique menée par le pouvoir actuel.
Lire la suite…
Écologie : quel spectacle !
La planète mérite mieux que Greta Thunberg. Peut-être les éventuels lecteurs de ces lignes, quelques années après leur rédaction, s’interrogeront-ils sur le sens de cette première phrase ; peut-être Greta Thunberg aura-t-elle disparu des écrans et des esprits ; peut-être ne subsistera-t-il d’elle qu’un lointain souvenir d’éphémère passionaria chez les vieux cons surannés – Greta Thunberg, un destin de Casimir ?
Lire la suite…
« Ta gueule, t’es pas concerné »
Au sommet de l’arrogance recuite, l’interdit de parole par culpabilité d’essence, résumé dans cette formule rabâchée comme un leitmotiv totalitaire : « ta gueule, t’es pas concerné » [1]. Cette censure diablement à la mode repose sur deux postulats très simples mais intrinsèquement faux qui se cumulent : d’une part, seule une personne ayant subi quelque injustice, vécu quelque situation, aurait le droit de s’exprimer à ce sujet ; d’autre part, on naît victime ou bourreau. Conséquence : seules les femmes sont légitimes à évoquer le sexisme parce que tous les hommes sont des porcs, seuls les « racisés » peuvent s’exprimer sur le racisme parce que tous les blancs sont racistes [2], seuls les homosexuels ont le droit de s’élever contre l’homophobie parce que tous les hétérosexuels sont homophobes, etc. etc.
Lire la suite…
De la volonté en politique
Les eunuques au pouvoir
En politique, tout n’est qu’affaire de volonté. Les contingences, les contraintes, aussi insurmontables puissent-elles paraître, ne sont que des murs de papier pour celui qui veut. Le réel doit d’autant plus être pris au sérieux qu’il peut être aisément manipulé par un vouloir suffisant – là réside même le principe commun de l’idéologie et de l’utopie dans toutes leurs acceptions. Les totalitarismes du vingtième siècle l’ont bien compris qui ont fait de l’idée que « tout est possible » le moteur de leur propagande [1]. Depuis, cet hybris déchaîné a essaimé ; et ses fruits sont dévorés aujourd’hui partout où les éléments-de-langage ont remplacé la pensée : un ancien président en a même fait son slogan de campagne !
Il n’existe qu’une seule loi : tout ce qui est fait par l’homme dans le champ humain peut être défait par l’homme [2].
Lire la suite…
