Face à l’horreur : penser et agir

Depuis vendredi, tant a été dit, tant a été écrit. L’essentiel a déjà été exprimé, martelé, parfois mieux que je ne pourrais le faire. Pourquoi en rajouter ?
Parce que c’est ainsi qu’on lutte contre les salopards.

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Trop d’État… ou trop peu ?

Postulant que l’État incarne le principal danger pour les libertés individuelles, les libéraux de gauche comme de droite suspectent toutes ses initiatives de dérive autoritaire. En particulier, ils réclament que son ingérence dans les affaires économiques soit circonscrite à un cercle toujours plus étroit… si possible même vide.
À ce sujet, une petite anecdote personnelle, une fois n’est pas coutume : il y a de cela quelques années, un recruteur, en plein entretien d’embauche, m’infligea cette « blagounette » : « quelle est la différence entre l’État et la mafia ? » Réponse, selon lui : « le taux d’extorsion, plus élevé pour l’État. » Ah. Ah. Ah. (rictus crispé devant tant de bêtise).

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La République à la reconquête de ses territoires perdus

J’ai parlé ailleurs de la balkanisation de la nation. Cette fragmentation se retrouve très concrètement dans la géographie même de notre pays. Lorsque l’on parle des territoires français, des mots d’une violence et d’une charge historique inouïes sont souvent employés, y compris par les plus hauts représentants de l’État : « ghettos », « apartheid »… Ces mots ont un sens précis et les utiliser pour décrire la situation actuelle n’est pas anodin.

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Au secours, ils n’ont rien compris !

Hier, soirée électorale. Réactions en vrac.

*

Passons sur la durée que France 2 lui a accordée. Ou plutôt non, commençons par cela : une vingtaine de minutes avant de lancer « le reste des infos » et le film du dimanche soir. Une honte ! À ce rythme, qu’aurons-nous en 2017 ? À 20h00 la tête du nouveau président et à 20h02 Les Bronzés font du ski ? Bravo le service public audiovisuel !

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La nation balkanisée

La nation française est pulvérisée. Atomisée façon puzzle nanométrique. Elle a laissé la place à des monades esseulées et transies qui cherchent un peu de réconfort dans le rapprochement avec leurs semblables. L’agglutination des mêmes recompose les débris de l’ancienne nation dans de nouvelles configurations. Mais en favorisant le principe unique de l’entre-soi. Et aucune narration collective ne vient lier entre elles ces communautés fantasmées.

La nation est devenue un gros mot, une obscénité pour tous les porte-flingues de la pensée unique, à la légèreté toute tarantinesque, une résurgence d’un passé honni – comme si tout ce qui était avant devait être vomi :

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Le FN et l’école : la tentation de l’illusion

Adresse à Jean-Paul Brighelli

Cher Jean-Paul Brighelli,

En général d’accord avec le républicain convaincu que vous êtes, vous lire me réconforte souvent et, hommage suprême que je puisse vous rendre, cher enseignant, me fait penser. Après l’élection partielle d’hier, dont les résultats ont fait couler beaucoup d’encre, je me suis souvenu d’un billet que vous aviez posté sur l’un de vos blogs en juin 2014. Il était consacré au discours du FN – version Le Pen fille – sur l’école, et vous y montriez combien les diagnostics et propositions développés sur ce sujet ont l’image du bon sens. Votre conclusion (volontairement) ambiguë vous appartient et je ne chercherai pas à l’interpréter dans un sens ou dans l’autre : d’autres se sont jetés dessus pour vous faire un procès malvenu – que les loups hurlent donc en meute ! cela ne m’intéresse pas.

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Je suis Charlie

Pas envie d’écrire. Seulement de pleurer.

Mais il faut se forcer : dégueuler les mots, noircir les pages, dessiner, parler, murmurer, hurler, rire – vivre. Les faire vivre.

Ils ont été exécutés au nom d’une loi qui se prétend au-dessus des lois des hommes.

Des hommes ont décidé que d’autres hommes devaient mourir parce qu’ils exprimaient publiquement des idées jugées blasphématoires. Ces assassins ont refusé à leurs victimes le droit de paraître dans l’espace public afin d’y partager leur vision du monde : une vision laïque, provocante, humoristique, portée par un foutu talent.

En France, le blasphème n’est pas un crime, c’est une tradition – un exercice de liberté.

Nous sommes Charlie.

Cincinnatus,

Le républicanisme, c’est quoi ?

Inscrite dans toutes les typologies classiques des formes de gouvernement, la République représente une organisation tempérée, équilibrée, du pouvoir, en opposition à la tyrannie. Cette opposition dépasse néanmoins la pure abstraction formelle d’un traité de science politique, aussi importante soit-elle. Elle s’exprime par la haine viscérale que portent les républicains contre toutes les confiscations du pouvoir par un groupe ou un individu pour leur seul profit. Le républicanisme est une pensée qui s’actualise dans le combat politique. Malheur des républicains qui ne sont jamais aussi grands que sous le joug du tyran !

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