L’indécence commune

george-orwell
Eric Arthur Blair, alias George Orwell

Le peuple serait doué d’une forme de morale intuitive lui permettant de distinguer « ce qui se fait » et « ce qui ne se fait pas » [1]. Telle est la thèse, ainsi outrageusement résumée, derrière la notion de « décence commune », chère à George Orwell et reprise par Jean-Claude Michéa. Toute l’œuvre du premier est parcourue par cette conviction que le peuple – au sens, ici, des classes laborieuses, singulièrement les ouvriers – possèderait cette capacité viscérale de s’orienter et de choisir entre le Bien et le Mal, entre le juste et l’injuste, entre, surtout, le décent et l’indécent – capacité que les classes supérieures auraient, quant à elles, perdue. Orwell, le socialiste antitotalitaire, increvable défenseur des plus misérables, irréprochable humaniste, défend toujours et partout la dignité humaine – c’est à travers ce prisme, je pense, qu’il faut comprendre cette notion de « common decency » : la dignité pour seul horizon et seul combat [2].
Lire la suite…

Extension du domaine du caïdat

Les éruptions en banlieues éclatent comme les bulles à la surface d’un marécage. Régulièrement, des scènes de guérillas urbaines occupent les écrans et les cerveaux, achevant d’annihiler les distinctions entre fiction et réalité tant les codes en sont confondus. Nouvelle série Netlfix ou dernière bouffée de violence dans une périphérie de métropole ? Les esprits intoxiqués d’images clipesques ne font plus la différence… les victimes et la République, si. Lire la suite…