
J’écris autrement que je ne parle, je parle autrement que je ne pense, je pense autrement que je ne devrais penser, et ainsi jusqu’au plus profond de l’obscurité.
Franz Kafka
400
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J’écris autrement que je ne parle, je parle autrement que je ne pense, je pense autrement que je ne devrais penser, et ainsi jusqu’au plus profond de l’obscurité.
Franz Kafka
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Les forces morales de la France sont paralysées ; les masses se sont retirées de la scène, et l’on se fatiguerait inutilement à chercher le dénouement dans la logique des idées. Quand les drames sont embrouillés à ce point, il n’y a que le deus ex machina qui puisse trouver une issue. C’est un des moments où les peuples sont si las et si désorientés qu’ils laissent à des individus le soin de les sauver. Ce n’est pas qu’il n’y ait de grandes et d’extraordinaires choses à faire, mais les masses n’ont plus l’inspiration de ces choses-là ! Il dépend de quelques hommes de relever et de sauver l’humanité.
Lettre d’Edgar Quinet à son ami Jules Michelet, Bruxelles, 23 novembre 1852
« Las et désorientés ». On ne saurait mieux dire. Collectivement et individuellement, nous sommes las. Et désorientés. Et nous ne pouvons guère compter sur un quelconque deus ex machina pour nous « relever » : il n’existe plus de Clemenceau ni de de Gaulle pour sauver la nation. Nos héros sont des nains ; toute grandeur est depuis longtemps congédiée. Sinistres temps.
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Il y a un an, je débutais 2023 avec le constat désespéré d’une France qui ne s’aimait pas [1]. Aujourd’hui, je pourrais publier le même billet… en un peu plus tragique encore. Nous nous enfonçons dans le repli individualiste, le marasme national et le ressentiment politique. La classe dirigeante est sans doute la plus incompétente et la plus lamentable de notre histoire et le peuple lui-même semble avoir abandonné toute vertu civique et toute décence commune.
Lire la suite…I wish I was special
You’re so fucking special
But I’m a creep
I’m a weirdo
What the hell am I doing here?
I don’t belong here
Radiohead, Creep
J’avais dix ans quand le mur est tombé et vingt-deux lorsque les tours se sont effondrées. Entre les deux, j’ai grandi dans ces années 1990 qui devraient rester, aux yeux des historiens de demain, comme un temps étrange, suspendu – une respiration… ou plutôt, peut-être, ce moment où l’Histoire paraît, a posteriori, retenir son souffle.
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N°300
*
Pourquoi m’as-tu choisi pour masque ?
*
Lorsque je naquis, le règne du dernier des tyrans – Lucius Tarquin, le Superbe – durait déjà depuis seize années. Il lui en restait dix avant que ses turpitudes et celles de son fils ne provoquassent le prodigieux avènement de la République.
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La mélancolie est un crépuscule.
La souffrance s’y fond dans une sombre joie.
La mélancolie, c’est le bonheur d’être triste.
Victor Hugo, Les travailleurs de la mer
Serait-ce vraiment Alain Juppé qui aurait inventé l’expression « tentation de Venise » ? Cela ne l’a pas empêché de revenir. Plusieurs fois. Je ne suis pas sûr que ce patronage soit le meilleur, même s’il est révélateur que, peut-être ?, la tentation du retrait, même sincère, se fracasse nécessairement à la volonté ou à son insuffisance.
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Franchement, Docteur, je ne sais pas quand ça commencé ni si quelque chose a déclenché tout ça mais, d’aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais supporté l’injustice. Aucune injustice. Quelle qu’elle soit. D’où qu’elle vienne. Aussi infimes ou généralisées qu’elles soient, toutes les injustices me foutent dans une rogne pas possible. Lire la suite…

6 ans.
229 billets.
380 000 mots.
Déjà.
Pour cette nouvelle année qui pointe, il m’a semblé qu’il était temps de rafraîchir un peu ce blog. Lire la suite…
Tu viens d’avoir trois ans, ma fille. Dans quel monde en auras-tu trente, vers le mitan du siècle ? Ce siècle dans lequel je suis entré à déjà vingt. Enfant du vingtième et homme du vingt-et-unième, je me sens surtout millénaire. Frémiras-tu, toi aussi, au souvenir de cette mer Égée qui porte les vaisseaux des Achéens vers l’Est et l’immortalité ? Ou toutes ces histoires qui me constituent vous seront-elles étrangères, à toi et à tes compagnons temporels ? Je sens aujourd’hui survenir la rupture du fil ténu qui relie les vivants aux morts, les présents aux passés. L’augmentation des fondations, conception romaine de la culture qui m’est parvenue non sans mal, signifiait un respect critique et cette volonté de transmission que je t’assène dans mon effroi devant son obsolescence. Le monde commun semble s’anéantir sous nos yeux, à mesure que la culture s’éteint. Nous avons dilapidé notre héritage, faute de nous y intéresser, de chérir ce patrimoine comme il se doit. Que vous lèguerons-nous, sinon un monde amnésique – le contraire d’un monde, donc ? Fin de la transmission [1]. Lire la suite…
Te voilà. Alors que nous t’attendions sereinement, tu as décidé de débarquer dans ce monde en le prenant par surprise. Six semaines d’avance : ton premier coup d’éclat d’une longue série, je parie.
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