
Il est parti tôt et a sauté dans son Uber pour être chez lui au plus vite. Effondré sur son canapé, les yeux rivés sur une série Netflix dont il absorbe une saison entière d’affilée en la commentant sur Twitter, il attend son Deliveroo. On sonne à l’interphone, il grommelle, contraint de faire une pause au milieu de l’épisode – bah, il en profitera pour aller pisser – et va ouvrir. Hélas, ce n’est pas l’arrivée tant espérée de sa pitance toute prête qui lui réclame cet effort physique difficilement surmontable, ni le colis Amazon contenant le précieux nouveau gadget qu’il attend depuis deux jours (il va leur mettre une mauvaise note, ça leur fera les pieds), mais la livraison de ses courses, depuis le supermarché à deux cents mètres de chez lui. Il récupère les sacs, dans un échange minimal avec le livreur, les dépose au milieu de la cuisine et retourne à son épisode et à ses followers – il pissera plus tard.
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La culture de l’avachissement est le soubassement anthropologique qui permet l’épanouissement de la « société de l’obscène » que j’ai décrite ailleurs. Elles forment les deux faces de notre modernité. Alors que l’esprit de grandeur fut vanté comme idéal de noblesse humaine, dorénavant, l’esprit de petitesse domine en tant que modèle de la vie bonne.
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Les deux mots claquent. L’expression, à la mode depuis un bout de temps maintenant, sert à mettre fin à la conversation en disqualifiant l’autre au nom de son appartenance à une génération qui n’a plus que le droit de la fermer. Contre les enfants du baby-boom et, par extension, toute personne qui ose avancer un point de vue perçu comme « rétrograde » ou « réactionnaire », c’est-à-dire simplement différent (les idées ont-elles un âge ?), l’insulte se veut humiliation définitive, intimant l’ordre de se taire à celui dont toute parole est a priori invalidée, délégitimée, méprisée 
Les élections prochaines se dérouleront dans un contexte catastrophique. Entre la très grave crise sanitaire qui endeuille la France et le monde depuis plus d’un an et demi et dont rien ne laisse présager la fin, les attentats islamistes qui scandent l’actualité sur fond d’insécurité croissante et la dégradation des conditions de vie, ces cinq dernières années ont été marquées par l’enfoncement de notre nation dans le marasme et l’angoisse.

Des identités… L’identité, comme conscience que l’on a de soi-même, naît à la convergence de deux paradoxes : dans le rapport d’influences réciproques entre identité individuelle et identité collective, d’une part ; dans la tension entre permanence et évolution de soi, d’autre part.
Anne Hidalgo est formidable ! Parisiens, nous avons une chance extraordinaire de l’avoir pour maire ; d’ailleurs, nous ne nous y sommes pas trompés, en la réélisant haut la main l’année dernière. La légitimité de notre chère édile, plébiscitée par l’ensemble de ses administrés, est inattaquable… avec une abstention somme toute négligeable : à peine les deux-tiers des électeurs sont restés chez eux. Une broutille évidemment due à la crise sanitaire et en aucun cas à l’offre politique de très haut niveau – notre bien-aimée Anne en tête.