
Alors que nous sortons d’un été apocalyptique qui devrait provoquer une mobilisation nationale unanime pour adapter le pays à la catastrophe climatique en cours, et imposer aux partis politiques et aux candidats à la prochaine élection présidentielle l’urgence de prendre leurs responsabilités et d’annoncer des mesures à la hauteur des enjeux, tous s’enferment dans une médiocrité crasse et une déconnexion coupable.
La campagne devrait être l’occasion d’enfin confronter des idées et des visions du monde et de la France ambitieuses et enthousiasmantes, nous devrions vivre une effervescence populaire inouïe à l’approche de la fin de la décennie macroniste et à la perspective d’une nouvelle ère, notre nation éminemment, historiquement, culturellement, viscéralement politique devrait vibrionner sous l’effet d’une inextinguible passion politique, l’espace public devrait être saturé des joutes oratoires enflammées et des réflexions sur l’intérêt général, nous devrions êtes collectivement obsédés par l’avenir de notre pays, par le devenir de notre nation, nos dirigeants devraient suer sang et eau afin de nous convaincre du bien-fondé de leur candidature et nous démontrer comment ils comptent rendre à la France sa grandeur…
Hélas, nous subissons la pire classe politique depuis la Révolution et nous nous vautrons dans la culture de l’avachissement.
Conséquence : nous assistons à une rentrée franchement nulle.
Dans le marais macronien en proie à un marasme méphitique, les clones tristes du Président – Philippe et Attal – gesticulent pour croire qu’ils existent. Leur récente course à l’échalotte dans les propositions démagogiques pour l’école n’ont servi qu’à rappeler cruellement leur incompétence lorsqu’ils étaient au pouvoir. Et ils voudraient qu’on leur donne les clefs de l’Élysée pour faire encore pire que leur maître ? Heureusement pour eux que le ridicule ne tue pas.
Information à peine digne de la rubrique des chiens écrasés de la feuille de chou locale de Saint-Jean-de-Cuculles, sur le même créneau politique que les précédents, créneau déjà bien encombré, Xavier Bertrand, le sempiternel candidat qui s’agite beaucoup juste avant chaque élection mais se dégonfle (oups, on avait dit pas le physique) à chaque fois qu’il faut devenir sérieux, a, encore une fois et sans surprise, annoncé qu’il allait y aller. Dans le genre répétitif, il me fait un peu penser à Ségolène Royal avec qui il formerait un joli duo de comiques façon Laurel et Hardy (l’humour, la finesse et l’intelligence en moins). Franchement, comme si leurs mauvaises guignolades pouvaient intéresser qui que ce soit.
À « gauche », Flamby, incapable de se représenter il y a dix ans, s’imagine revenir pendant que Glucksmann, piteuse égérie d’une social-démocratie subclaquante, montre qu’il ne comprend toujours rien à rien en faisant mumuse avec des moulins à vent. Du côté de LFI, on délire sur l’abrogation des lois antiterroristes et on se pignole devant les vidéos à la gloire de l’assassin Georges Ibrahim Abdallah. La secte mélenchoniste, toujours aussi passionnément antisémite, revendique explicitement son allégeance à l’islamisme sans que cela semble gêner quiconque – mais, avec une certaine ironie, elle subit la concurrence inattendue du Premier ministre du CPE, Dominique de Villepin, l’émissaire stipendié de nos ennemis qataris, qui a lui aussi, de nouveau, affirmé qu’il était candidat. Plus drôle, cette vidéo, petit moment de vérité capté à la sortie d’un débat, qui montre le gourou de la meute plaisantant avec Marine Le Pen dans une jolie complicité… faut-il rappeler, parallèlement, le spectacle puéril et ridicule des députés LFI qui refusaient hier de serrer la main du benjamin de l’Assemblée, issu des rangs du parti lepéniste ? Que tout ce mauvais théâtre est donc minable !
Et, pendant ce temps, Marine Le Pen compte les points en se frottant les mains.
Au milieu de cet ennui profond qui ne fait qu’encourager la dépolitisation du peuple, réduit à l’à-quoi-bon, au rien-à-foutre et au ras-le-bol, une seule nouvelle un peu moins inintéressante : Natacha Polony laisse entendre qu’elle pourrait peut-être, éventuellement, si ça se trouve, se porter candidate… de la pire manière qui soit : « je n’exclus rien » est le genre de formule malheureuse qu’on ne peut plus supporter. Soit oui, soit non. Mais plus d’entre-deux. Nous en avons assez des tergiversations. Certes, c’est toujours mieux que l’inénarrable Cécile Dufflot qui avoue benoîtement « avoir la flemme » – beau mépris pour le pays ! – mais les tergiversations et les fausses coquetteries pour susciter le désir de la nation sont une erreur navrante. Polony possède une juste compréhension de la plupart des fractures qui traversent la société et son positionnement politique est bon – elle se réclame de Séguin et Chevènement : il y a pire. Elle a néanmoins deux défauts majeurs : elle est d’abord très clivante et je crains qu’elle ne soit pas capable de réconcilier les Français ; en outre, pour une souverainiste revendiquée, ses ambiguïtés complaisantes pour le Kremlin posent un très gros problème : elle doit rompre explicitement pour être crédible. Il faudra voir jusqu’où elle va mais elle pourrait par contraste, loin d’être une géante, montrer plus crûment encore l’insignifiance des nains qui prétendent devenir présidents. Alors à suivre.
Personnellement, j’aurais préféré quelqu’un d’autre, qui aurait été formidable à l’Élysée. Mais quelqu’un d’autre ne veut pas. Je comprends et respecte sa décision. Dommage.
Cincinnatus, 31 août 2026

Oui, Marine Le Pen compte les points et les Français seront tout contents d’avoir comme présidente une personne qui ne fait pas que dans les cadeaux de costumes (cf. Fillon) et qui bien que plus timidement, je vous l’accorde, nourrit des « amitiés » peu avouables.
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