Le niveau monte !

Misbehaving, George Brehm

Quelle chance ont ces nouvelles générations ! Elles vivent une époque en tous points formidable. L’horizon de leurs possibilités n’a jamais été aussi large.

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Dépolitisation, piège à cons ?

Ah ! quel plaisir d’être électeur !, Honoré Daumier

On se plaint à chaque nouvelle élection, on se lamente devant les chiffres de l’abstention ; de tous les côtés, on geint, on gémit, on surjoue les pleureuses en jurant que le « premier parti de France », qui ne cesse de croître, va maintenant refluer, sera désormais la préoccupation principale, enfin la cible de toutes les attentions, promis-juré-craché-croix-de-bois, on vous a entendus, Français qui vous abstenez, qui votez avec les pieds, qui préférez aller à la pêche qu’aux urnes, si si, même qu’on a vraiment saisi votre message, jusque-là, on était un peu dur de la feuille, on n’était pas sûr d’avoir bien tout interprété comme il fallait… mais cette fois, c’est pas pareil, ça y est vraiment, on a compris.

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Où va l’argent ?

Les Collecteurs d’impôts, Marinus van Reymerswale (XVIe s.)

« On paie trop d’impôts ».
Certes.
Ce cri universel réunit tous les individus, tous les peuples, tous les pays, toutes les sociétés. Il faut néanmoins avouer qu’à l’agacement bien compréhensible se mêlent souvent la mauvaise foi et le ressentiment. Car, quel que soit le montant réellement prélevé de toutes les manières possibles – et, dans ce domaine, l’imagination humaine n’a guère de limite –, c’est toujours trop : celui qui se voit délesté de 70 % de ses revenus réclame un rabais à 50, celui à qui on prend 30 % milite pour descendre à 10… et même lorsqu’on n’en paie point, on voudrait encore en payer moins.
Il serait d’ailleurs, au contraire, bien difficile de trouver quelqu’un qui affirmerait sincèrement vouloir en payer plus… en-dehors d’une clique de quelques milliardaires provocateurs qui s’offrent ainsi à intervalle régulier un petit coup de pub à la générosité feinte.
Trop d’impôts, donc ?
Mouais.
Mais pour quoi faire ? et surtout : « où va l’argent ? », se demande-t-on avec, cette fois, quelque justesse.

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Fragments pour une réconciliation

Painting (Silver over Black, White, Yellow and Red), Jackson Pollock (1948)

Il faut bien qu’un peuple se refasse, et se refasse de toutes ses forces
Charles Péguy

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Arrêtez d’emmerder les Français !

Bal du moulin de la Galette, Auguste Renoir (1876)

Le légendaire cri du cœur de Pompidou à son jeune conseiller Chirac pourrait tout aussi bien être poussé aujourd’hui, tant tout ce qu’entreprennent nos dirigeants politiques semble fait pour rendre la vie des gens plus difficile, plus compliquée, plus stressante. Des ostréiculteurs obligés d’installer des WC et un lavabo dans tous leurs bateaux aux automobilistes interdits de centres-villes au prétexte qu’ils seraient des « ennemis de la planète », des salariés écrasés par le micromanagement au agriculteurs assassinés par des réglementations que dictent les croyances plutôt que la science, les colères et le ras-le-bol paraissent plus que légitimes.

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Les (vrais) fascistes de notre temps

Guernica, Pablo Picasso (1937)

Ils ne pensent qu’à ça, ces obsédés ! « FACHOS ! », gueulent-ils à tout-va, du côté de la « gauche », de la « vraie gauche », de la pure, de la dure – même s’il faut reconnaître qu’ils ne sont pas les seuls, sur l’échiquier politique, à se servir de la reductio ad hitlerum comme seule « argumentation » pour discréditer l’autre. L’insulte politique la plus répandue, avec toutes ses variations, selon l’heure et l’humeur, se rapporte toujours à une forme de nostalgie perverse de l’expérience fasciste : « nazis », « bruit de bottes », « heures les plus sombres », « années 30 », etc. ad nauseam et tutti quanti. Lire la suite…

La France provincialisée

Mappe-Monde, Guillaume Delisle (1700)

On peut, on doit, remercier, louer, embrasser Donald Trump. On peut, on doit, se réjouir du boulevard gigantesque qu’il ouvre : un boulevard aussi large qu’un chemin de crête, un boulevard aussi sûr que les Champs-Élysées – ceux d’aujourd’hui, bien sûr – après 23h ; oh ! pas la Porte de la Chapelle ni Stalincrack, hein, non : les Champs-Élysées, la « plus belle avenue du monde », n’est-ce pas, – mais de quel monde ? – ; mais un boulevard quand même qu’on aurait tort de ne pas emprunter pour devenir, pour redevenir, pour être encore un peu, encore une fois, une fois seulement, ce phare, cette boussole, ce repère qu’on a été – avant.

Sauf que non.

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Immigration : le temps de la lucidité ?

Les Émigrants, Honoré Daumier (1857)

S’il est un sujet saturé d’affect et d’idéologie alors qu’il devrait être traité avec la plus grande rigueur et pour seules boussoles la raison et nos principes républicains, c’est bien l’immigration. Instrumentalisée, manipulée au service d’intérêts particuliers et d’ambitions politiques personnelles, la question de l’immigration nous renvoie au visage la vanité et la médiocrité de notre classe politique, incapable de s’en saisir sérieusement, et creuse les fractures béantes au sein de notre nation. Pourrait-on, enfin, montrer un minimum de lucidité et la traiter à la hauteur des enjeux politiques, culturels, économiques et sociaux qu’elle charrie ?

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Où sont passés les Gilets jaunes ?

Il Quarto Stato, Giuseppe Pellizza (1901)

Le 10 septembre dernier, le mouvement « On bloque tout » a imaginé reprendre le flambeau des Gilets jaunes d’il y a cinq ans. Et en effet, il semble avoir démarré exactement là où le mouvement populaire d’alors s’était arrêté : dans la violence crapuleuse et la récupération sectaire. Bien loin des aspirations et espérances des premiers révoltés des ronds-points.

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Complicités coupables : les traîtres à la nation

Samson et Dalila, Le Guerchin (1654)

À VENDRE !
Dirigeant politique français doté d’un important carnet d’adresses et dénué de toute conscience ou colonne vertébrale,
prêt à servir n’importe quelle cause étrangère contre les intérêts de la nation.
Allégeances multiples possibles.
Toutes les offres seront examinées sans a priori et avec la plus grande bienveillance.

Ah ! Ils sont nombreux à pouvoir déposer ce genre d’offre de services, nos représentants de la nation qui représentent bien plus sûrement les intérêts de leurs mécènes étrangers ; nombreux à être prêts à tapiner n’importe quel pouvoir ennemi du moment que ça remplit la gamelle ; nombreux à n’avoir que la reptation pour vision et la trahison pour politique.

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