La galanterie assassinée

Quand les féministes se trompent de combats

 

Ma tendre amie,

Alors que je me languis de vous, je souhaite porter à votre cœur et à votre cher esprit une histoire étonnante qui m’est récemment arrivée et les réflexions qu’elle a suscitées en mon âme. J’espère, vous contant cette aventure, vous divertir un peu dans l’attente de nos retrouvailles.

Je déambulais dans les rues parisiennes avec quelques miens amis, l’une de nos compagnes traînait une lourde charge sous la forme d’une volumineuse valise. Lorsque nous dûmes emprunter des couloirs de métro, je lui proposai de l’aider à monter plusieurs séries d’escaliers en portant ledit fardeau. C’est alors qu’une autre camarade m’accusa de « misogynie bienveillante ». Bigre ! Je me retrouvai donc misogyne comme Monsieur Jourdain poète. Lire la suite La galanterie assassinée

Le rendez-vous manqué

Le 26 septembre aurait dû se tenir une conférence à l’initiative de Jean-Pierre Chevènement et rassemblant, entre autres, Nicolas Dupont-Aignan, Arnaud Montebourg et Jean-Luc Mélenchon. Hélas !, la défection de ce dernier a conduit à l’annulation de l’événement.

L’erreur de Mélenchon

Comme Jean-Pierre Chevènement, je milite pour un rapprochement de ce qu’il appelle « les républicains des deux rives ». Je ne peux donc que regretter la décision de Jean-Luc Mélenchon. Au nom de schémas de pensée usés, il préfère l’entre-soi au dialogue. Pire : il définit ses alliances en fonction d’étiquettes et non selon des convergences idéologiques. C’est ainsi qu’il choisit de regarder du côté d’EELV, voire des identitaires de gauche, avec qui, en réalité, il ne partage que le mot « de gauche » mais aucune des idées. Au risque de brouiller totalement son discours et de se laisser entraîner dans des aventures qui ne sont pas les siennes.

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Les chômeurs ne sont pas des fraudeurs !

J’ai vu récemment le film La loi du marché avec Vincent Lindon, remarquable de justesse et sans jamais tomber dans un pathos de mauvais goût.  Il m’a donné envie d’écrire ce billet.

Il y a quelques années, j’ai vécu une période de plusieurs mois de chômage. Je ne laisserai jamais dire que les chômeurs sont des « assistés », des « parasites » ou des « fraudeurs ». Certes les abus existent, inutile de le nier. Comme toujours, des petits malins jouent les passagers clandestins et profitent du système. Ils faut sanctionner ces escrocs, d’autant plus que leurs comportements servent de prétexte à de plus grands escrocs pour stigmatiser l’ensemble des demandeurs d’emploi.
Soit.

Faut-il pour autant faire de la lutte contre la fraude à Pôle Emploi une nouvelle croisade ? Lire la suite Les chômeurs ne sont pas des fraudeurs !

Les forfaitures de la droite

L’UMP a changé de nom. Histoire de laisser derrière soi les affaires, les casseroles, les scandales, ils se prétendent républicains alors même qu’ils en piétinent les valeurs depuis des années. Comment pourrait-on s’étonner de pareille imposture avec Sarkozy ?
Il aurait changé nous dit-on… encore. Le spectacle qu’il donne n’en demeure pas moins toujours le même : agité, agressif, ambigu voire contradictoire, prêt à tout… Les militants et, plus encore, les cadres de l’UMP semblent ne plus être dupes. Plus probablement, ils doivent être lassés et ne voient plus très bien comment il pourrait rassembler les Français, ou, au moins, un peu plus de la moitié d’entre eux. En s’éloignant de leur ancien héros charismatique, ils font preuve aussi bien de lucidité que de lâcheté. Les rats quittent le navire.

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Primaires : la faillite des partis

Depuis une semaine, la droite n’a plus que ce mot à la bouche ! Les primaires ouvertes incarnent le comble de la démocratie et de la modernité. Grâce à elles, les sympathisants peuvent choisir le candidat d’un parti à toutes les élections, y compris la plus « importante », celle qui empêche certains de dormir et d’autres de se raser : la présidentielle. C’est merveilleux, cette parole si longtemps confisquée par les dirigeants des partis et enfin rendue à la base. En plus, c’est inspiré des Américains[1], donc c’est forcément bien.

Ça c’est pour le décorum.
Quand on est bien élevé, critiquer les primaires ouvertes c’est comme péter à table : c’est mal vu et ça sent mauvais.
Mais quand on est mal élevé ou un peu taquin, on se pose des questions.

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Au secours, ils n’ont rien compris !

Hier, soirée électorale. Réactions en vrac.

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Passons sur la durée que France 2 lui a accordée. Ou plutôt non, commençons par cela : une vingtaine de minutes avant de lancer « le reste des infos » et le film du dimanche soir. Une honte ! À ce rythme, qu’aurons-nous en 2017 ? À 20h00 la tête du nouveau président et à 20h02 Les Bronzés font du ski ? Bravo le service public audiovisuel !

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« Islamo-fascisme », vraiment ?

Après les attentats ignobles de Paris et Copenhague, l’expression « islamo-fascisme » est revenue à de nombreuses reprises dans les médias, jusqu’à sa reprise par le Premier ministre lui-même. Cette saillie a provoqué le buzz, chacun y allant de son analyse plus ou moins justifiée. Le bruit médiatique ayant un peu diminué, peut-être devient-il possible de réfléchir à la pertinence d’un tel rapprochement conceptuel.

Dire « fascisme » aujourd’hui, c’est renvoyer à l’ennemi absolu d’hier, et donc désigner l’adversaire ultime. Le danger pour les démocraties européennes dans les années 30, c’était d’abord et avant tout le fascisme. Comparer l’islamisme au fascisme revient ainsi à dire que le premier est l’ennemi le plus résolu et le plus dangereux auquel on ait à faire face à l’heure actuelle, comme l’était alors le second. En même temps, c’est aussi une façon de récupérer la capacité de désigner l’ennemi, critère de la souveraineté selon Carl Schmidt… car, ironiquement, dans les deux cas, l’initiative est justement revenue à l’adversaire de la démocratie : fascisme et islamisme ont chacun dégainé le premier.

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Le FN et l’école : la tentation de l’illusion

Adresse à Jean-Paul Brighelli

Cher Jean-Paul Brighelli,

En général d’accord avec le républicain convaincu que vous êtes, vous lire me réconforte souvent et, hommage suprême que je puisse vous rendre, cher enseignant, me fait penser. Après l’élection partielle d’hier, dont les résultats ont fait couler beaucoup d’encre, je me suis souvenu d’un billet que vous aviez posté sur l’un de vos blogs en juin 2014. Il était consacré au discours du FN – version Le Pen fille – sur l’école, et vous y montriez combien les diagnostics et propositions développés sur ce sujet ont l’image du bon sens. Votre conclusion (volontairement) ambiguë vous appartient et je ne chercherai pas à l’interpréter dans un sens ou dans l’autre : d’autres se sont jetés dessus pour vous faire un procès malvenu – que les loups hurlent donc en meute ! cela ne m’intéresse pas.

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Le réalisme tyrannique des imbéciles

L’impératif de réalisme me fatigue. Franchement, être réaliste, ça veut dire quoi ? En 40, qui était réaliste : celui qui acceptait la débâcle ou celui qui partait à Londres pour poursuivre le combat ? C’est au nom du « réalisme », du « pragmatisme », tant vantés aujourd’hui, que l’on jugeait préférable de se soumettre et que l’on considérait De Gaulle comme un idéaliste n’ayant rien compris au film. Le réalisme, je le laisse aux petits comptables de sous-préfecture[1] qui ont une calculette à la place de l’encéphale.

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Ils voient des tabous partout

À longueur d’interviews, à droite comme à gauche, au centre comme aux extrêmes : « nous n’avons pas de tabou », « ce n’est pas un tabou » ou encore « il faut faire sauter les tabous ». Pauvres tabous qui n’en demandaient pas tant ! Pourquoi cette haine ? Pourquoi voient-ils des tabous partout ?

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