Le Triomphe de la Mort, Pieter Brueghel l’Ancien (1562)
Samedi dernier, 7 octobre 2023, cinquante ans et un jour après le déclenchement de la guerre du Kippour, Israël a vécu l’attaque la plus meurtrière sur son sol depuis sa création. Le Hamas, mouvement islamiste qui règne à Gaza, a lancé ses terroristes à l’assaut des villages israéliens avec un seul objectif : tuer le plus de juifs. On compte plus de mille deux cents morts, des milliers de blessés et des dizaines d’otages emmenés à Gaza. Et le bilan de ces pogroms promet de s’alourdir.
La chouinocratie gangrène notre démocratie. Étudiants traumatisés parce qu’on leur a montré un film de Kubrick (odieuse pornographie patriarcale, comme chacun sait) ou par la lecture d’un roman de Mark Twain (dans lequel le mot « nègre » apparaît sans qu’ils aient été dûment prévenus par lettre recommandée avec accusé de réception ni reçu un doudou et un bonbon pour apaiser leurs émois), croyants qui exigent péremptoirement le respect de leur religion et l’instauration d’un nouveau délit de blasphème, activistes menaçant de mort toute personne qui oserait affirmer qu’une femme est une femme… des individus à la sensibilité à fleur de peau, exaltés contre tout ce qui ne leur ressemble pas, sombrent dans la complainte victimaire et s’imaginent à la fois les plus malheureux et les plus vertueux de l’histoire de l’humanité. Le monde entier doit se mettre au diapason de leurs caprices et de leur sensiblerie autoritaire, et protéger leurs nerfs fragiles contre tout ce qui pourrait venir les contrarier. Fiers de leur « déconstruction », ils s’estiment avoir atteint le plus haut sommet de l’évolution humaine, depuis lequel ils peuvent juger l’ensemble de leurs semblables – passés et présents – à l’aune de leurs obsessions.
Condamnés par l’Inquisition, Eugenio Lucas Velázquez (1862)
Il souffle, en France et ailleurs, comme un vent mauvais, un vent de destruction, sur les arts et les savoirs, sur la discussion et la contradiction. Les esprits semblent emportés par une volonté de salir, d’éliminer, de censurer, de faire disparaître, purement et simplement, ce qui les contrarie ou les contraint. Ce qui ne leur ressemble pas, surtout.
Un riche peut-il être de gauche ? Un juif (un homosexuel, un noir…) peut-il voter pour l’extrême droite ? Un homme peut-il être féministe ? Une femme peut-elle combattre le droit à l’IVG ? Une dinde peut-elle aimer Noël ?
Ce que je suis définit-il ce que je pense, ce que je fais, ce que je promeus ou combats ?
Malgré les apparences, les réponses à ces questions ne vont pas de soi.
« Gloire À Sa Majesté Nunuche ! GLOIRE À SA MAJESTÉ NUNUCHE ! GLOIRE À SA MAJESTÉ NUNUCHE !… » Les cris et la sono le réveillèrent en sursaut. Il jeta un œil encore mal décollé à la fenêtre et tenta, l’esprit englué dans le brouillard de la nuit finissante – après tout, il n’était que onze heures du matin –, de se souvenir de la date et, par conséquent, de la nature des festivités qui remplissaient la rue d’un nuage dense de confettis multicolores. Rien ne lui revint, aussi s’intéressa-t-il un peu plus aux slogans scandés dans les micros, aux banderoles agitées en tous sens et, surtout, aux chars bariolés qui l’impressionnèrent beaucoup par leurs couleurs aussi mal assorties que clinquantes. Il imagina Philippe Découflé et Jeff Koons s’associant, après une soirée sous acide, pour faire une blague potache.
Je suis infertile. Pour donner naissance à ma fille, nous avons dû passer par un long et difficile parcours d’aide médicalisée à la procréation (AMP) – j’ai déjà raconté tout cela [1]…
Mais, aujourd’hui, j’ai décidé de sortir du silence auquel le système me contraint afin de m’élever publiquement contre l’infertilophobie. Lire la suite…
Ils sont tous obsédés par des conceptions réductrices et caricaturales de l’identité : les identitaires [1]. Et pourtant, attention ! Tant de chapelles différentes coexistent qu’il est facile de les confondre et de prendre un intersectionnel islamogauchiste tendance décoloniale pour un indigéniste déconstructiviste canal néoféministe… alors que ça n’a rien à voir !
Enfin presque rien…
Bref, voici un petit guide pour essayer de s’y retrouver [2]. Lire la suite…
Nous vivons une époque étouffante, dénuée de tout sens de l’humour, sous la tyrannie du premier degré. Disparues l’ironie, la parodie, la caricature, devant l’incapacité physique de les saisir. Le rire est écrasé sous l’esprit de pesanteur ; la légèreté cède la place au rictus moche, au sourire forcé dans le miroir du selfie. Le narcissisme et l’optimisation de la flemme, qui définissent la culture de l’avachissement, n’autorisent que la jouissance triste et la satisfaction immédiate des désirs. Lire la suite…