La République à chaque coin de rue

Devise républicaine

Partout où l’État s’est retiré, les mafias identitaires et/ou criminelles se sont installées, encouragées par les dévots du saint-marché. Face à l’extension du domaine du caïdat, mais aussi, plus généralement, pour sortir la France du marasme dans lequel l’ont plongée des décennies de néolibéralisme (les deux sont liés), une seule politique sérieuse et digne est possible : un réinvestissement massif de la République et de l’État. Pour cela, les politiques dites de la ville et de l’aménagement du territoire doivent être reprises en main avec ce seul objectif : « la République à chaque coin de rue ». Lire la suite…

Extension du domaine du caïdat

Les éruptions en banlieues éclatent comme les bulles à la surface d’un marécage. Régulièrement, des scènes de guérillas urbaines occupent les écrans et les cerveaux, achevant d’annihiler les distinctions entre fiction et réalité tant les codes en sont confondus. Nouvelle série Netlfix ou dernière bouffée de violence dans une périphérie de métropole ? Les esprits intoxiqués d’images clipesques ne font plus la différence… les victimes et la République, si. Lire la suite…

Les nouveaux iconoclastes

De nouveaux censeurs s’ingénient à réécrire l’histoire, à interdire des films ou des spectacles, à éteindre les Lumières à l’Université… c’est là une véritable tragédie. Au nom de luttes intrinsèquement justes qu’ils détournent, au nom de l’égalité qu’ils pervertissent, des groupuscules idéologiques provoquent des déferlements de bêtise violente dont le seul but est d’anéantir aveuglément la culture et la liberté d’expression. Lire la suite…

Le cinéma de Chaplin

819px-Charlie_Chaplin
Rire

Penser à Charlie Chaplin, c’est esquisser un sourire. Viennent à l’esprit la silhouette de Charlot, sa démarche, une de ses innombrables cabrioles et, comme un réflexe de la mémoire, les éclats de rire de l’enfant qu’on était lorsqu’on a découvert ce drôle de petit bonhomme la première fois. Éclats de rire qui se sont répétés toutes les fois suivantes. Lire la suite…

Au-delà de la vie et de la mort : l’immunité (J. Margulies)

Pour la première fois, j’ai le plaisir d’accueillir ici l’article d’un auteur invité. Je remercie Johann Margulies, écrivain, ingénieur et ancien enseignant à Sciences Po, d’avoir choisi ces carnets pour publier ce très beau texte dans lequel il analyse la crise sanitaire en cours à travers le concept d’immunité.

*

25 avril 2020. De cet événement paradoxal de l’imminence d’un effondrement viral qui n’a pas encore eu lieu, précisément qui n’aura – on l’espère – jamais lieu car nous nous en immunisons par le biais du confinement, le monde, notre monde s’en est retrouvé suspendu puis réduit à une forme épurée et minimale : la débâcle nous disions alors, et avec elle, révélés l’insensé de nos institutions et l’appel impitoyable de notre besoin de justice. Fictions burlesques, l’être révélé pour ce qu’il est : absurde. Lire la suite…

Qu’est-ce que LREM ?

Officiellement, le parti du Président de la République [1] est censé se trouver au milieu de l’axe gauche-droite – donc : au centre ! C’est en tout cas qu’on nous martèle depuis le début de cette histoire, pardon, de cette aventure. Peu importe que l’adoubement, pendant la campagne présidentielle de 2017, par Bayrou du candidat Macron ressemblât plutôt à un renoncement tragique, le Béarnais embrassant subitement tout ce qu’il avait combattu avec panache et justesse dix ans avant sous les traits de Nicolas Sarkozy. Peu importe puisque le Rastignac contemporain [2] recevait ainsi le flambeau des mains mêmes de celui qui incarnait le centre indépendant, voire le « centrisme révolutionnaire » [3], quand ce dernier y trouvait son compte en places et honneurs pour lui et ses favoris. Doit-on pour autant considérer LREM comme un parti « centriste » et la politique du pouvoir actuel comme l’application du « centrisme » ?
Lire la suite…

Le jour d’après sera pareil à la nuit d’avant

Tous s’y mettent : le pouvoir actuel qui essaie de faire oublier que, par son incurie et son cynisme, il est coupable de milliers de morts ; ses zélés prédécesseurs qui nous ont conduits à l’abyme en appliquant consciencieusement depuis quarante ans les dogmes du néolibéralisme ; les vieilles gloires retirées qui tentent encore un come-back plutôt pitoyable après avoir tant de fois montré leurs limites que personne ne peut les prendre au sérieux ; les opposants épidermiques qui se réjouissent ouvertement de la crise et feignent d’ignorer que le problème avec l’ivresse du Grand Soir, c’est toujours la gueule de bois du petit matin. Tous entonnent en chœur l’air ampoulé du « rien ne sera plus jamais comme avant ! » Qui peut les croire ?
Lire la suite…

De l’égoïsme en milieu confiné

« Le sordide et l’admirable font meilleur ménage en l’homme qu’on ne le croit d’ordinaire et le problème est de tirer le second du premier. »
André Malraux, Le Démon de l’absolu

Depuis le début de la crise sanitaire, toute la classe politique française, exécutif et majorité parlementaire en tête, est affligeante d’incurie. Le mélange d’incompétence et de cynisme du pouvoir actuel les rend responsables des milliers de morts qui auraient pu être évités s’ils avaient fait preuve du minimum de vertu civique et de sens des responsabilités que l’on est en droit d’attendre de nos gouvernants. Leurs atermoiements, ambigüités et mensonges n’ont pu, en outre, que troubler les esprits et encourager les individus à prendre à la légère le drame collectif.
Faut-il pour autant dédouaner les citoyens de leurs responsabilités ?
Certainement pas, tant les comportements de certains de nos contemporains révèlent l’égoïsme qui les meut et le mépris dans lequel ils tiennent toute forme de monde commun. Le narcissisme de l’enfant qui joue au président ne reflète que celui de ses arrogants sujets [1].
Lire la suite…

De l’altruisme en milieu confiné

« Le sordide et l’admirable font meilleur ménage en l’homme qu’on ne le croit d’ordinaire et le problème est de tirer le second du premier. »
André Malraux, Le Démon de l’absolu

Il y a de la veulerie en chacun de nous ; reste à savoir à quel point on refuse de s’y abandonner. La crise actuelle fonctionne ainsi comme un puissant révélateur de tout ce qu’il y a de pire chez nos contemporains… mais aussi de pas si mal.
Lire la suite…

La manipulation des esprits

Billet écrit avant l’épidémie et le confinement.

*

J’appelle « société de provocation » toute société d’abondance et en expansion économique qui se livre à l’exhibitionnisme constant de ses richesses et pousse à la consommation et à la possession par la publicité, les vitrines de luxe, les étalages alléchants, tout en laissant en marge une fraction importante de la population qu’elle provoque à l’assouvissement de ses besoins réels ou artificiellement créés, en même temps qu’elle lui refuse les moyens de satisfaire cet appétit.

(Romain Gary, Chien blanc)

1. Publicité

Que dirait, de notre société, ce grand humaniste ? Sa « société de la provocation » a enfanté un monstre plus effrayant encore : une société de l’obscène et de la manipulation. Lire la suite…