La notion de vérité en science (3) – Les révolutions de paradigmes selon Thomas Kuhn

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Thomas Kuhn

Thomas Kuhn, qui fut l’élève de Popper, s’oppose en apparence à lui dans sa conception de l’évolution de la connaissance scientifique. Selon Kuhn, la science avance par révolutions du paradigme dominant, établi par ce qu’il appelle la « science normale », et non par élargissements successifs. Il peut ainsi dire, à propos de ces révolutions scientifiques : « chacune d’elles a exigé que le groupe rejette une théorie scientifique consacrée par le temps en faveur d’une autre qui était incompatible[1] », ce changement de paradigme par révolutions successives, étant « le modèle normal du développement d’une science adulte[2]. » Continuer la lecture de La notion de vérité en science (3) – Les révolutions de paradigmes selon Thomas Kuhn

La notion de vérité en science (2) – La réfutabilité des théories selon Karl Popper

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Karl Popper

Pour être comprise, la pensée épistémologique de Karl Popper doit être remise dans son contexte intellectuel. En effet, son ouvrage La logique de la découverte scientifique (1959) constitue une réponse au cercle de Vienne, promoteur de l’empirisme logique[1]. Continuer la lecture de La notion de vérité en science (2) – La réfutabilité des théories selon Karl Popper

La notion de vérité en science (1) – Le positivisme selon Auguste Comte

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Auguste Comte

Auguste Comte, fondateur du positivisme, résume l’histoire humaine par sa théorie des trois états :

  • L’âge théologique : l’homme explique les phénomènes extérieurs par des êtres comparables à lui-même.
  • L’âge métaphysique : il invoque des entités abstraites.
  • L’âge positif : il observe les faits et établit des relations, des lois entre eux.

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La notion de vérité en science – Introduction

Après les concepts d’idéologie et d’utopie chez Ricoeur, de monde commun chez Arendt et de novlangue chez Klemperer et Orwell, je souhaite aborder un autre continent pour lequel j’ai une affection particulière : celui des sciences dites exactes, ainsi que de leur histoire et de leur philosophie.

Pour l’instant, je m’intéresse au statut de la « vérité » dans le processus scientifique. Drôle de question, sans doute, mais qui ouvre à la pensée un champ passionnant à explorer. Pour l’aborder, je n’aurai la prétention de proposer ni une dissertation érudite ni une thèse qui se voudrait exhaustive, mais plutôt, de manière presque impressionniste, une série de petits billets résumant les travaux de quelques penseurs qui se sont penchés sur le sujet. Bien entendu, ce ne sont là que des incursions trop rapides à l’intérieur d’une sélection très partielle… peut-être auront-elles malgré tout le mérite d’encourager à approfondir ces questions. Continuer la lecture de La notion de vérité en science – Introduction

Écologie : pour une réponse républicaine

Troisième et dernier billet sur l’écologie. On a démasqué les tartuffes néolibéraux et mis en garde contre les techno-béats, puis rejeté les prophètes d’apocalypse et fustigé la pensée magique. Il est temps maintenant de réfléchir à ce que serait une conception humaniste et républicaine de l’écologie.

Il y a une affinité presque « naturelle » du républicanisme pour les enjeux environnementaux : importance du bien commun et de l’intérêt général ; édification continue d’un lien entre les morts, les vivants et les à-naître ; responsabilités réciproques de l’individu et de la société ; conception exigeante de la citoyenneté et de la participation à la vie de la Cité ; collégialité et délibération comme méthodes de la décision ; prééminence du politique sur l’économique ; réflexion critique et balancée sur la modernité… Autant de caractéristiques de la pensée républicaine qui devraient la rendre particulièrement à même d’appréhender les questions écologiques, non par l’angle étroit et misérable de la seule économie ni d’une eschatologie bas de gamme, mais bien du point de vue politique.
Nous sommes face à un enjeu de civilisation qui nous impose de proposer une vision claire et cohérente de la société que nous voulons édifier.
Et de cette vision découlent les actions à mettre en œuvre[1].

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