L’inculture scientifique et la victoire des obscurantistes

Le Bonnet d’âne, Jean Geoffroy (1880)

Qu’il est triste, le pays de Descartes, de Pasteur, de Curie et de tant d’autres immenses bienfaiteurs de l’humanité ! Le niveau de la population française en sciences est lamentable. Les écoliers décrochent dans toutes les matières et dans les disciplines scientifiques tout particulièrement ; même les meilleurs élèves qui entrent dans les classes préparatoires (et, par conséquent, dans les grandes écoles d’ingénieurs, où le niveau en français, en histoire et en culture générale n’était déjà pas bien fameux il y a vingt ans… mais, au moins en mathématiques et en physique, ça se tenait encore à peu près) n’ont jamais été si mauvais en sciences. Quant au reste des Français, les connaissances fondamentales absolument nécessaires à l’honnête homme du XXIe siècle ont déserté ce qu’il reste de culture commune – pour le plus grand bonheur de tous les charlatans, obscurantistes et idéologues.

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Tout fout l’camp !

Stańczyk, Jan Matejko (1862)

Reviennent, sur le devant de la scène où se joue le navrant spectacle de l’humanité, de vieux fantômes que l’on croyait définitivement exorcisés. Mais enfin, quelle naïveté ! Comme s’ils avaient disparu tout ce temps et réapparaissaient miraculeusement ! Rien n’est jamais définitif avec l’homme, rien n’est jamais assuré. Rien. Si ce n’est sa capacité à s’enfoncer toujours plus bas dans l’obscur.

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Le passé manipulé

La Persistance de la mémoire, Salvador Dalí (1931)

Mensonges. Fantasmes. Simplifications. Manipulations. Instrumentalisations. Le passé et l’histoire subissent les pires infamies, sur fond d’inculture généralisée et d’idéologie à hauteur de teckel.

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Pour un républicanisme radical

Papier peint révolutionnaire décorant la salle de réunion du Comité de Salut public

Extirper le mal à la racine.

Appeler à un « républicanisme radical », c’est sonner le rassemblement – au nom d’une vision du monde qui, bien qu’elle prenne (ou plutôt parce qu’elle prend) sa source aux origines de notre civilisation, n’a rien perdu de sa puissance ni de sa pertinence. Un appel au rassemblement, donc. Car nos adversaires sont nombreux ; et nos ennemis peut-être plus encore. Les premiers veulent notre défaite dans l’arène politique ; les seconds ne désirent que notre mort. Sans nous enivrer de niais fantasmes eschatologiques, nous devons prendre la mesure existentielle de nos combats.

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Les mondes parallèles

Le Visage de la guerre, Salvador Dali (1940) – Musée Boijmans Van Beuningen (Rotterdam)

Pas question ici d’un amusant spectacle de science-fiction à la manière du multivers Marvel. Quoique. Si, de ce côté de l’écran, aucun justicier en collant, cape ni armure ne traverse les univers parallèles, notre société semble malgré tout bien fragmentée en une multitude de mondes qui s’ignorent ou s’affrontent. Ils sont nombreux à avoir décrit et pensé l’archipel français (Jérôme Fourquet), les fractures sociales et territoriales qui nous enferment et nous morcellent (Christophe Guilluy, Benjamin Morel…), la sécession des élites (Christopher Lasch), la promotion de la diversité et des minorités au détriment de l’égalité (Walter Benn Michaels), etc. : dire que l’on ne sait pas serait mentir. Et pourtant, rien ne paraît enrayer ce processus profond de dislocation à l’œuvre. Au contraire, les bulles d’entre-soi se multiplient et renforcent en leurs membres le refus de l’autre, au prix d’une terrible balkanisation du monde commun.

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L’espace public en archipel

Autodafé sur la Plaza Mayor de Madrid, Francisco Ricci (1683)

Le sentiment le plus puissant de l’humanité, celui qui la meut le plus aisément, c’est la haine.

L’espace public de libre expression et de confrontation des visions du monde et des conceptions de l’intérêt général est l’une des dimensions de la démocratie. Dans l’obscurité de l’intime et du privé, l’individu nourrit sa réflexion et sa pensée, affûte ses arguments et, surtout, remet en question ses propres opinions : « pense contre toi-même » doit être le premier commandement du citoyen. De telle sorte que, lorsqu’il paraît dans la lumière du public, il laisse ses intérêts privés à la porte de l’arène, s’élève à la puissance du citoyen et raisonne à l’échelle de l’universel, avec l’intérêt général pour légitimation de l’action et pour objectif la recherche du juste – dans les deux sens du terme : justesse et justice.

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Comme un besoin de grandeur

Le monde rétrécit ; nos esprits l’accompagnent. Les aspirations individuelles comme collectives descendent l’échelle pour racoler les pâquerettes. En une enflure orgueilleuse, nous nous pavanons avec pour étendards nos ambitions de bousiers. Et nous jetons au ciel des regards pleins de reproches et d’envie.

Comme un besoin de grandeur.

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Fraternité

Le Serment des Horaces, Jacques-Louis David (1784-1785)

Homo sum nil hominum a me alienum puto
Je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger
Térence, L’Héautontimorouménos

Peut-être la grossièreté est-elle la seule incarnation vraie et complète de la fraternité de nos jours.
Gary, L’affaire homme

Le troisième terme de notre devise, qui la conclut et donc l’ouvre ou la clôt, semble toujours un peu décalé par rapport au deux autres, à un autre niveau. Nul débat enflammé, comme à propos de la liberté ; aucune attaque de front, comme au sujet de l’égalité ; tout juste une forme de dédain envers un concept qui passe aisément pour naïf ou illusoire à ses détracteurs… et même, in petto, à certains de ses défenseurs. La fraternité se trouve ainsi reléguée au second plan, comme effacée par le bruit et la fureur que les deux autres principes ou concepts génèrent dans la pensée et dans la discussion. Sans doute parce que la liberté et l’égalité appartiennent pleinement au domaine politique alors que la fraternité se conçoit intuitivement ailleurs, en-deçà ou au-delà du politique. Au point que l’équilibre de la devise puisse être remis en cause par cet ajout en apparence hétérogène.

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Face au désastre climatique

Le Moine au bord de la mer, Caspar David Friedrich (entre 1808 et 1810)

Quoi qu’en disent les négationnistes climatiques qui ont rejoint les autres complotistes divers et variés dans les limbes de la paranoïa, le consensus scientifique est bien établi : nous vivons une catastrophe climatique et environnementale inédite, dont l’activité humaine est la cause directe. Entre réchauffement climatique et extinction de masse, les grands équilibres de notre planète sont en train de s’effondrer sous nos yeux, mettant en péril non seulement l’existence de l’humanité mais de la vie elle-même. Nous le savons, nous le voyons… et nous nous payons de mots plutôt que d’agir.

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On se lâche !

Les Romains de la décadence, Thomas Couture (1847)

Tiens, encore un billet qui va me faire passer pour un horrible réac-facho auprès des ayatollahs de la moraline prétendument « de gauche ». Tant pis.

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