Une indigestion normative ?

Moïse brisant les Tables de la Loi, Rembrandt (1659)

« Trop de normes ! » « Les normes nous écrasent ! » Ad nauseam
Mais de quoi parle-t-on vraiment ?
Parmi tous les sens qu’il recouvre, le mot « norme » en possède notamment trois dont les multiples confusions entraînent malentendus gênants et manipulations dangereuses.

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Des victimes et des bourreaux

Le Massacre des Innocents, Nicolas Poussin (v. 1625-1629)

Puisque toutes les vies se valent, alors celle d’un enfant israélien vaut celle d’un enfant palestinien.
Donc, quand des enfants palestiniens meurent sous les bombardements à Gaza, Israël ne vaut pas mieux que le Hamas qui a tué des enfants israéliens.
Il est même encore plus coupable parce qu’il est un État raciste alors que le Hamas est une armée de résistance. »

Ainsi raisonne-t-on dans les manifestations « pro-palestiniennes » et sur les réseaux dits sociaux, ce cloaque que le microcosme médiatico-politique s’obstine à prendre pour le monde réel et où le débat public se cristallise depuis quelque temps autour de ce genre de sophismes ahurissants.

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Le fléau antisémite

Couverture des Protocoles des Sages de Sion, faux inspirant encore bien des antisémites partout dans le monde.

Depuis l’attaque inouïe du Hamas contre des civils en Israël le 7 octobre dernier [1], comme trop souvent dans l’histoire universelle et tout particulièrement dans celle des juifs, en un retournement abject, les victimes se trouvent aujourd’hui sur le banc des accusés. Pire : les islamistes ont réussi l’odieux tour de passe-passe de transformer dans une bonne partie de l’opinion publique leurs horribles pogroms en actes de résistance et de soulever contre les juifs une internationale antisémite qui ratisse très large.

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Les adorateurs de la mort et leurs alliés

Le Triomphe de la Mort, Pieter Brueghel l’Ancien (1562)

Samedi dernier, 7 octobre 2023, cinquante ans et un jour après le déclenchement de la guerre du Kippour, Israël a vécu l’attaque la plus meurtrière sur son sol depuis sa création. Le Hamas, mouvement islamiste qui règne à Gaza, a lancé ses terroristes à l’assaut des villages israéliens avec un seul objectif : tuer le plus de juifs. On compte plus de mille deux cents morts, des milliers de blessés et des dizaines d’otages emmenés à Gaza. Et le bilan de ces pogroms promet de s’alourdir.

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Le Pen ou Mélenchon ? La peste ou le colérique ?

Photos : AFP

La semaine dernière, un figurant politique en mal en mal de notoriété, qui dirigeait jusqu’à il y a peu un groupuscule rassemblant encore un vague quarteron de ce j’appelle les « républicains au milieu du gué » [1], a réussi son coup en faisant le buzz au seul endroit où il existe encore : le miroir aux alouettes des réseaux dits sociaux. Dans un « débat » avec l’épouvantail Zemmour, Amine El-Khatmi a pris le risque, probablement calculé, d’affirmer qu’en cas de duel entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, il voterait pour la seconde. Horreur ! Malheur ! Que n’avait-il dit là ! Twitter – pardon : X, comme il faut désormais appeler ce cloaque – en a déraisonnablement résonné pendant des jours. Bof.

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Il paraît que je ne suis plus de gauche !

Judith et Holopherne, Le Caravage (1599-1602)

Foutredieu, me voilà excommunié ! Chassé de la vieille maison dans laquelle je n’avais pourtant jamais prétendu entrer (pas plus que dans celles d’en face, soit dit en passant). Couvert des insultes les plus humiliantes, des stigmates les plus méprisés, des anathèmes les plus honnis : je suis « réac ! », « facho ! », « droitard ! »…
Qui me voue ainsi aux gémonies ? qui m’inflige ainsi la pire meurtrissure qui soit ? qui m’ostracise ainsi ? qui m’exile ainsi du Camp du Bien©, par un jugement sans appel ?
Mais tous les Saint-Torquemada-de-la-vraie-gauche, tous les grands prêtres de la moraline, voyons !
Pourquoi ?

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Petite missive adressée à mes amis gaullistes

Chers amis,

Vous le savez, je partage votre admiration pour le Général – sans aucun doute, avec Clemenceau, l’un des deux plus grands hommes d’État que la France a connus depuis deux siècles. Et si je n’aime guère les étiquettes, on me classe parfois dans les catégories « gaulliste de gauche » ou « gaulliste social », qualifications qui m’honorent. C’est donc sans arrière-pensée ni ironie que je lance aujourd’hui cet appel désespéré : gaullistes, où êtes-vous passés ?

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Les offensés professionnels

Tintin au pays de l’or noir, Hergé (1950)

La chouinocratie gangrène notre démocratie. Étudiants traumatisés parce qu’on leur a montré un film de Kubrick (odieuse pornographie patriarcale, comme chacun sait) ou par la lecture d’un roman de Mark Twain (dans lequel le mot « nègre » apparaît sans qu’ils aient été dûment prévenus par lettre recommandée avec accusé de réception ni reçu un doudou et un bonbon pour apaiser leurs émois), croyants qui exigent péremptoirement le respect de leur religion et l’instauration d’un nouveau délit de blasphème, activistes menaçant de mort toute personne qui oserait affirmer qu’une femme est une femme… des individus à la sensibilité à fleur de peau, exaltés contre tout ce qui ne leur ressemble pas, sombrent dans la complainte victimaire et s’imaginent à la fois les plus malheureux et les plus vertueux de l’histoire de l’humanité. Le monde entier doit se mettre au diapason de leurs caprices et de leur sensiblerie autoritaire, et protéger leurs nerfs fragiles contre tout ce qui pourrait venir les contrarier. Fiers de leur « déconstruction », ils s’estiment avoir atteint le plus haut sommet de l’évolution humaine, depuis lequel ils peuvent juger l’ensemble de leurs semblables – passés et présents – à l’aune de leurs obsessions.

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La vertu destructrice

Condamnés par l’Inquisition, Eugenio Lucas Velázquez (1862)

Il souffle, en France et ailleurs, comme un vent mauvais, un vent de destruction, sur les arts et les savoirs, sur la discussion et la contradiction. Les esprits semblent emportés par une volonté de salir, d’éliminer, de censurer, de faire disparaître, purement et simplement, ce qui les contrarie ou les contraint. Ce qui ne leur ressemble pas, surtout.

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France au bord de la crise de nerfs

L’Émeute, Honoré Daumier (après 1848)

L’exécutif

Le Président et le gouvernement ont décidé d’utiliser l’article 49 alinéa 3 de la Constitution française pour clore la séquence politique déplorable que nous vivons avec cette réforme des retraites. Qu’ils aient sincèrement pu penser que cela mettrait fin à la crise paraît ahurissant. Comme si la discussion avortée au Parlement pouvait signifier l’extinction de la colère populaire et le « retour à la normale », quoi que cela veuille dire.

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