Touchez pas aux contes de fées !

La Belle au bois dormant, illustré par Gustave Doré (1867)

Il n’y a pas un pan de la culture que les Torquemada du slibard ne cherchent à calomnier pour mieux les condamner au nom de leur idéologie mortifère. Après les auteurs classiques, les compositeurs, les statues diverses et variées… les voilà qui, depuis peu, ont décidé de s’attaquer aux contes de fées. À coup de chroniques et podcasts sur les chaînes de télé et les stations de radio complaisantes (France Info, Arte, France Culture et France Inter se font les serviles propagandistes de leur business névrotique), d’articles et éditos dans les journaux et magazines gagnés à leur cause (Télérama, l’Obs, Libération…), et d’entreprises de charcutage par les censeurs ripolinés en « sensitivity readers », la petite musique s’installe : les contes de fées sont réactionnaires et machistes, ils propagent la « culture du viol » et bafouent le « consentement », entretiennent des visions du monde racistes et colonialistes… bref, les contes de fées sont un nouvel avatar du Mal. La bêtise repart en croisade.

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Les offensés professionnels

Tintin au pays de l’or noir, Hergé (1950)

La chouinocratie gangrène notre démocratie. Étudiants traumatisés parce qu’on leur a montré un film de Kubrick (odieuse pornographie patriarcale, comme chacun sait) ou par la lecture d’un roman de Mark Twain (dans lequel le mot « nègre » apparaît sans qu’ils aient été dûment prévenus par lettre recommandée avec accusé de réception ni reçu un doudou et un bonbon pour apaiser leurs émois), croyants qui exigent péremptoirement le respect de leur religion et l’instauration d’un nouveau délit de blasphème, activistes menaçant de mort toute personne qui oserait affirmer qu’une femme est une femme… des individus à la sensibilité à fleur de peau, exaltés contre tout ce qui ne leur ressemble pas, sombrent dans la complainte victimaire et s’imaginent à la fois les plus malheureux et les plus vertueux de l’histoire de l’humanité. Le monde entier doit se mettre au diapason de leurs caprices et de leur sensiblerie autoritaire, et protéger leurs nerfs fragiles contre tout ce qui pourrait venir les contrarier. Fiers de leur « déconstruction », ils s’estiment avoir atteint le plus haut sommet de l’évolution humaine, depuis lequel ils peuvent juger l’ensemble de leurs semblables – passés et présents – à l’aune de leurs obsessions.

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Pourquoi il faut sauver les lycées professionnels

Une très grave réforme de l’enseignement professionnel est en train de passer dans l’indifférence générale de l’opinion publique ; hors les enseignants concernés, bien peu de voix s’élèvent contre cette nouvelle attaque envers l’institution scolaire [1]. Le sujet me tient particulièrement à cœur. Peut-être parce que ma mère était prof de math-sciences en lycée pro et que, de l’y avoir vue œuvrer pendant plusieurs décennies, je connais un tout petit peu le milieu ; peut-être, surtout, parce que le dédain dont les LP font l’objet me semble aussi injuste que dangereux alors qu’ils jouent un rôle crucial dans la réindustrialisation de notre pays, dans l’instruction de notre nation et dans la vie de notre Cité.

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L’intelligence sous-traitée

Metropolis, film culte de Fritz Lang (1927)

Nous sommes de plus en plus cons. C’est pas moi qui le dis, c’est statistique, scientifique, quantifié, sourcé et démontré : le QI moyen s’effondre. En même temps©, le nombre de « hauts potentiels intellectuels » (HPI) autodiagnostiqués – parce qu’on n’est jamais si bien servi que par soi-même – explose : preuve irréfutable de l’extension du domaine de l’imbécillité !

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La vertu destructrice

Condamnés par l’Inquisition, Eugenio Lucas Velázquez (1862)

Il souffle, en France et ailleurs, comme un vent mauvais, un vent de destruction, sur les arts et les savoirs, sur la discussion et la contradiction. Les esprits semblent emportés par une volonté de salir, d’éliminer, de censurer, de faire disparaître, purement et simplement, ce qui les contrarie ou les contraint. Ce qui ne leur ressemble pas, surtout.

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Le viol des mots

La Tour de Babel, Pieter Brueghel l’Ancien (v. 1563)

La fin d’une civilisation, c’est d’abord la prostitution de son vocabulaire.
Romain Gary, Europa

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Il n’est plus doux moment que celui où l’on ouvre un nouveau livre

La Liseuse, Jean-Jacques Henner (entre 1880 et 1890)

On se laisse aller à la douce flânerie dans les rayons d’une librairie, que l’on soit entré au prétexte d’un ouvrage particulier à quérir ou simplement pour profiter d’un moment suspendu. La compagnie des livres rappelle celle d’amis fidèles, accompagnés de la cohorte de ceux que l’on ne connaît pas mais que l’on aimerait rencontrer ; les Romains avaient raison : la culture c’est l’art de se faire des amis parmi les morts. Lire la suite…

L’inculture plastronnante

Nous avons sans doute sous les yeux les générations les plus stupides de l’histoire. Et les plus incultes. Il y en aura toujours pour me rétorquer que c’est ce qu’on disait déjà dans l’antiquité et que tous les misanthropes ont jugé leurs contemporains avec la même sévérité. Certes. Peut-être, après tout, les deux propositions sont-elles vraies simultanément – ce qui rendrait plus dramatique encore la première. Quoi qu’il en soit, un phénomène bien caractéristique de notre sinistre « modernité », « postmodernité » ou que sais-je encore, tient probablement dans cette fierté de la sottise, dans cette arrogance de l’inculture qui s’étalent et s’affichent partout et tout le temps. Non seulement aucune honte n’est plus attachée à ce qui, hier encore, était considéré comme des défauts dignes de raillerie ; mais on assume et on se rengorge même de sa propre connerie, devenue valeur positive. S’il existe encore, dans deux ou trois siècles, quoi que ce soit qui fasse office d’historiens, si la raison humaine n’est pas, alors, enfouie dans les abysses de l’idiocracie, pour reprendre le titre d’une pochade américaine, alors quel regard porteront nos descendants sur nous ?

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L’effondrement de l’instruction

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En classe, le travail des petits, Jean Geoffroy (1889)

L’école. Encore l’école. Comme si je n’avais pas déjà tout dit à ce sujet [1]. Eh bien non. Parce que, pour un républicain, l’école sera toujours la matrice de toute réflexion politique.
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Cinquante nuances de républicains

990px-22the_school_of_athens22_by_raffaello_sanzio_da_urbinoTroisième et dernier billet d’entomologie-très-scientifique-des-idéologies-contemporaines-et-de-leurs-représentants-idéaux-typiques : après les identitaires et les néolibéraux, il est temps de se pencher sur quelques spécimens de la famille républicaine.
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