Une étude récente prétendait montrer la diminution alarmante du QI. Peu importe la véracité d’une telle affirmation : nous pourrions bien être tous des génies, nous nous comportons comme des monstres de bêtise crasse. Pire : la connerie s’est élevée en valeur cardinale. La veulerie, la vulgarité, la bassesse, l’agressivité imprègnent tous les rapports sociaux, et l’inculture s’impose jusqu’au plus haut niveau. Toute nuance est congédiée au profit de la réduction à l’affrontement caricatural d’un camp contre un autre, quel que soit le sujet. L’honneur, la grandeur, la vertu, la noblesse sont ringardisés, ridiculisés, méprisés. Jouissez, chers contemporains, de cette société de la sottise et de la fatuité qui préfère la « punchline » à la pensée, le « buzz » à l’information, l’agressivité à la sérénité et à la délicatesse des mœurs.
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Catégorie : Critiques contemporaines
Monde de merde !
Le cirque des jeux

Les JO 2024 se tiendront à Paris. Youpi. Tout le monde est content de vivre cette grande communion internationale dans le sport !
Tout le monde ? Non !
En réalité, ces jeux sont une très très mauvaise nouvelle…
La trahison des Lego
Noël est passé. Ouf. La gueule de bois commence à refluer, le cadavre du sapin a été retiré du trottoir. On retrouve avec soulagement le morose quotidien et ses affects tristes : redescente des euphories consuméristes. Peut-être avez-vous offert, cette année encore, à l’un quelconque des mouflets de votre entourage, une boîte de ces jouets universels, intemporels, composés de petites briques colorées que l’on assemble en des architectures éphémères ? N’avez-vous rien remarqué d’étrange depuis plusieurs années ? De subtilement différent de vos propres souvenirs d’enfance ?
L’enfer du flâneur

« Doukipudonctan » braillait Zazie… et encore, elle avait la chance d’être dans le métro. Parce que dans la rue, ça schlingue au moins autant. Avec en plus le bruit de la circulation et des klaxons (interdits en ville sauf « cas de danger immédiat », nous rappelle le code de la route si bien respecté), le quidam qui sort de chez lui pour, idée saugrenue s’il en est !, profiter des merveilles de la ville, à pied !, pénètre immédiatement dans une atmosphère que l’on qualifie doctement d’« anxiogène » lorsqu’on a fait novlangue LV2. Le bruit et l’odeur, comme dirait l’autre. Ou les cercles de l’enfer d’un Dante contemporain : « Abandonne tout espoir, piéton qui sors de chez toi ! »
La modernité barbare des « services clients »
Qui n’a jamais vociféré des insultes à un serveur vocal censé analyser automatiquement ce que vous lui dites mais bloqué sur la phrase « je n’ai pas compris votre question, veuillez formuler votre demande » ? Qui n’a jamais abandonné après avoir patiemment tapé 2, puis 4, puis 1, puis #, puis 3 pour finalement se retrouver, sans savoir comment, au menu de départ ? Qui n’a jamais souffert de devoir réexpliquer son problème à un cinquième interlocuteur aussi incompétent que les quatre précédents ? Lire la suite La modernité barbare des « services clients »
Les lanceurs d’alerte sont-ils des délateurs ?
Les lanceurs d’alerte sont à la mode avec, en ce moment, le procès des « Lux Leaks ». Il y a quelques jours, un tweet (que je n’ai pas retrouvé : si quelqu’un met la main dessus, je suis preneur) m’a interloqué. De mémoire, il ressemblait à :
Si je retrouve le lanceur d’alerte qui a dénoncé mes grands-parents juifs, j’aurais deux mots à lui dire.
Comme tous les éditorialistes et hommes politiques qui assimilent les lanceurs d’alerte à des voleurs et à des délateurs, il procède par une analogie qu’il faut impérativement décrypter parce qu’elle devient une modalité un peu trop récurrente de la rhétorique médiatique. Lire la suite Les lanceurs d’alerte sont-ils des délateurs ?
À bicyclette
Les Parisiens ont vu fleurir depuis cet été ces panneaux, dits « cédez-le-passage cyclistes ».

Grâce à eux, les adeptes de la petite reine font fi du feu rouge et peuvent tourner à droite aux carrefours en croix et tourner à droite ou continuer tout droit aux carrefours en T. Une nouvelle liberté de conquise pour ces cavaliers suants ! Hourra !
Le football, nouvel opium du peuple
La passion du foot m’atterre. Quel intérêt à regarder vingt-deux millionnaires incultes et arrogants, qui plus est exilés fiscaux, jouer à la baballe ? La vulgarité du pognon-roi s’étale sans pudeur sur tous les écrans, dans un divertissement décérébrant. Le foot est bien le nouvel opium du peuple, la transcendance de la religion en moins. Du pain et des jeux : aujourd’hui que certains n’ont pas assez de pain, donnons-leur plus de jeux ! ça les calmera. Il s’agit bien de divertir, c’est-à-dire de tourner d’un autre côté, de détourner, d’écarter – merci Littré. Pendant qu’ils sont devant la télé à hurler, ils oublient de penser.
Tourisme et barbarie (2)
Une famille de Français entre dans un petit restaurant de la campagne sicilienne : « BONJOUR, NOUS SOMMES TROIS ! ».
Et ils se plaignent d’être mal considérés ! Et ils persiflent les touristes mal élevés en France : Américains, Japonais, Chinois, Allemands, Anglais… autant de profanateurs « qui se croient tout permis quand ils débarquent chez nous » !
La massification du tourisme international et son corollaire, la standardisation, ne font qu’encourager ces comportements affligeants de beaufs mal dégrossis.
Curiosité, bienveillance et humilité ne sont-elles pas consubstantielles à l’idée même de voyage ? découvrir l’autre dans son altérité ? Ne peuvent-ils donc pas faire le petit effort de se renseigner sur le pays visité ?
Tourisme et barbarie
En cette période de vacances scolaires, souvenirs d’un périple italien.
(NB : toutes les photos sont prises par moi-même, si vous souhaitez les réutiliser merci de me prévenir)

Un site antique livré à la barbarie moderne : Pompéi, l’archétype du tourisme de masse dans son horreur. La Circumvesuviana, le train de Naples à Sorrente qui dessert aussi Herculanum et le Vésuve, vomit les touristes qui n’ont pas pris le car. Dans la file interminable devant les guichets, on se bouscule, on s’invective, les groupes bouchent le passage en s’enduisant de crème solaire. Bienvenue à Disneyland.
