La France provincialisée

Mappe-Monde, Guillaume Delisle (1700)

On peut, on doit, remercier, louer, embrasser Donald Trump. On peut, on doit, se réjouir du boulevard gigantesque qu’il ouvre : un boulevard aussi large qu’un chemin de crête, un boulevard aussi sûr que les Champs-Élysées – ceux d’aujourd’hui, bien sûr – après 23h ; oh ! pas la Porte de la Chapelle ni Stalincrack, hein, non : les Champs-Élysées, la « plus belle avenue du monde », n’est-ce pas, – mais de quel monde ? – ; mais un boulevard quand même qu’on aurait tort de ne pas emprunter pour devenir, pour redevenir, pour être encore un peu, encore une fois, une fois seulement, ce phare, cette boussole, ce repère qu’on a été – avant.

Sauf que non.

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Immigration : le temps de la lucidité ?

Les Émigrants, Honoré Daumier (1857)

S’il est un sujet saturé d’affect et d’idéologie alors qu’il devrait être traité avec la plus grande rigueur et pour seules boussoles la raison et nos principes républicains, c’est bien l’immigration. Instrumentalisée, manipulée au service d’intérêts particuliers et d’ambitions politiques personnelles, la question de l’immigration nous renvoie au visage la vanité et la médiocrité de notre classe politique, incapable de s’en saisir sérieusement, et creuse les fractures béantes au sein de notre nation. Pourrait-on, enfin, montrer un minimum de lucidité et la traiter à la hauteur des enjeux politiques, culturels, économiques et sociaux qu’elle charrie ?

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Où sont passés les Gilets jaunes ?

Il Quarto Stato, Giuseppe Pellizza (1901)

Le 10 septembre dernier, le mouvement « On bloque tout » a imaginé reprendre le flambeau des Gilets jaunes d’il y a cinq ans. Et en effet, il semble avoir démarré exactement là où le mouvement populaire d’alors s’était arrêté : dans la violence crapuleuse et la récupération sectaire. Bien loin des aspirations et espérances des premiers révoltés des ronds-points.

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Le blues du manager

Nighthawks, Edward Hopper (1942)

Remets-m’en un, Sam, ne laisse pas venir la sécheresse, j’veux pas la sentir. Pas maintenant. Pas ce soir. Pourquoi je fais la gueule ? Tu veux dire : aujourd’hui en particulier ? Bof. Peut-être parce qu’on a beau être misanthrope, il reste toujours un peu d’humanisme au fond de soi pour continuer de désespérer. Des mots… oui, des mots. Et alors ? Tu en veux encore, des mots ? Je vais t’en donner, moi, des mots. Assez pour faire des histoires. Mais attention : des mauvaises histoires, des petites, des banales, des un peu minables. Des histoires qu’on n’a pas envie de raconter. Ni d’entendre surtout. Des histoires qui ont honte d’être. Et pourtant.

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Complicités coupables : les traîtres à la nation

Samson et Dalila, Le Guerchin (1654)

À VENDRE !
Dirigeant politique français doté d’un important carnet d’adresses et dénué de toute conscience ou colonne vertébrale,
prêt à servir n’importe quelle cause étrangère contre les intérêts de la nation.
Allégeances multiples possibles.
Toutes les offres seront examinées sans a priori et avec la plus grande bienveillance.

Ah ! Ils sont nombreux à pouvoir déposer ce genre d’offre de services, nos représentants de la nation qui représentent bien plus sûrement les intérêts de leurs mécènes étrangers ; nombreux à être prêts à tapiner n’importe quel pouvoir ennemi du moment que ça remplit la gamelle ; nombreux à n’avoir que la reptation pour vision et la trahison pour politique.

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Une jeune fille meurt

Depuis plus d’un mois, une image me hante. Celle d’une toute jeune femme, à peine sortie de l’adolescence, recroquevillée sur son siège de métro, les genoux remontés jusqu’au menton, les mains crispées autour du cou, le regard ivre de terreur, qui se voit mourir, seule au milieu de la foule, sans comprendre pourquoi elle, ici et maintenant.

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On assassine en politique

L’assassinat de Lincoln (vers 1900)

Charlie Kirk, 31 ans, figure médiatique de la droite trumpienne, a été assassiné le 10 septembre à Orem, ville d’environ 100 000 habitants au sud de Salt Lake City dans l’Utah.
Il a été assassiné alors qu’il discutait avec des étudiants au sein de l’université d’Utah Valley, dans le cadre d’une conférence-débat.
Il a été assassiné d’une balle dans le cou.
Il a été assassiné devant sa famille.
Il a été assassiné en raison de ses idées.

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Another one bites the dust

Et un autre mord la poussière : Bayrou Premier ministre, c’est fini. Je ne me fais guère de souci pour lui : aussi écorché soit-il, l’animal politique saura panser ses plaies et retrouver à Pau ou ailleurs de quoi poursuivre sa vie politique. Comme son prédécesseur Barnier ; comme tant d’autres. Et pendant ce temps, nous continuons de nous enfoncer, toujours plus profond.

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J’ai peur pour toi, ma fille

Eugène Manet et sa fille au jardin, Berthe Morisot (1883)

Voilà bientôt huit ans que tu es entrée par effraction dans ma vie. Huit ans que je te vois grandir avec une fascination mêlée des plus grandes joies et des plus grandes peurs… rien d’original, me diras-tu : les montagnes russes émotionnelles sont le lot de bien des parents. Mais aux succès et tracas quotidiens, s’ajoutent les espérances et les angoisses existentielles. Quand tu cours vers moi en criant « mon papa ! » et que tu te jettes dans mes bras, je t’étreins de toute mon âme… imagines-tu qu’alors, derrière le rideau de cheveux qui m’aveugle et m’étouffe de bonheur, résonnent en moi comme le memento mori susurré par l’esclave ces questions lancinantes qui ne me quittent pas depuis que tu existes : dans quel monde vivras-tu, mon enfant ? et surtout : qui devras-tu devenir pour l’habiter ?

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La France et ses Juifs

L’olivier planté en hommage à Ilan Halimi, tronçonné dans la nuit du 13 au 14 août.

Depuis le pogrom du 7 octobre 2023 – le pire assassinat de Juifs de toute la période qui nous sépare de la Deuxième Guerre mondiale –, nous assistons à une dramatique multiplication des actes antisémites. Tout particulièrement en Occident, en Europe… et en France.

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