Les lectures de Cinci : en hommage à Clemenceau

Les lecteurs de ces carnets connaissent mon affection et mon admiration pour Georges Clemenceau. Il fut, avec De Gaulle, l’un des deux plus grands hommes d’État français depuis deux cents ans. Pour comprendre ce que nous lui devons et ce que nous pouvons apprendre de son œuvre et méditer de sa vie, je propose ici quatre livres abordant, chacun à sa manière, cette immense figure intellectuelle, politique et humaine, en une toute petite sélection parmi la pléthore d’ouvrages qui lui sont consacrés.
Ces livres
sur Clemenceau ne sauraient cependant se substituer à l’œuvre écrite de Clemenceau, dans laquelle j’encourage chacun à se plonger avec la délectation que procure l’exceptionnalité de l’intelligence, de l’humanité et du style : de La Mêlée sociale à Grandeurs et Misères d’une victoire, en passant par Le Grand Pan, Démosthène, Au soir de la pensée, sa correspondance et tous les articles qu’il a publiés tout au long de sa vie, tout est à lire !

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clemenceau 1Clemenceau le combattant, Samuël Tomei, La Documentation française, collection Tribuns, 2008

Le livre en deux mots

Samuël Tomei réussit le tour de force de rassembler les quatre-vingt-huit années de vie de Clemenceau en une petite centaine de pages. Lire la suite Les lectures de Cinci : en hommage à Clemenceau

L’avarice fiscale

La peste soit de l’avarice, et des avaricieux.
(Molière, L’Avare, Acte I, Scène 3)

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Touche pas au grisbi !

Ceux qui refusent de payer l’impôt ou réclament d’en payer toujours moins ne sont que des traîtres qui cherchent à s’abstraire de la solidarité nationale. L’impôt n’est pas une punition : que ces gamins mal élevés et capricieux cessent donc de se plaindre ! Lire la suite L’avarice fiscale

Les lectures de Cinci : aux commencements de la littérature

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L’Énigme des premières phrases, Laurent Nunez, Grasset, 2017

Le livre en deux mots

Les premières phrases des grands livres, on les lit toujours trop vite. Prenons notre temps, c’est Laurent Nunez qui nous invite. Lire la suite Les lectures de Cinci : aux commencements de la littérature

Vae victis

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Le « walk of shame » de Cersei dans Game of Thrones : modèle de cette élection ?

Depuis une semaine, la campagne présidentielle est terminée. Emmanuel Macron est le nouveau président de la République. Tant mieux pour lui. Comme beaucoup, j’ai mis dans l’urne un bulletin à son nom, ne faisant mon choix qu’au dernier moment, dans l’isoloir. On ne s’étonnera pas que cela ne signifie pas une adhésion au personnage ni à son programme : au contraire [1]. Quoiqu’amère, j’assume cette décision parce que c’est mon vote, décidé en conscience… et malgré toutes les innommables pressions exercées entre les deux tours. Car, si la campagne électorale avant le premier tour avait déjà été odieuse, celle qui a suivi a repoussé les bornes de l’abjection. C’est toute la France qui a sombré dans une folie puérile et suicidaire [2].
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Les lectures de Cinci : mythologies contemporaines

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Little Brother, Raphaël Enthoven, Gallimard, 2017.

Le livre en deux mots

Raphaël Enthoven, homme de culture et de médias, philosophe et admirateur de Proust, nous a offert en début d’année un livre qui appartient à cette catégorie honnie d’ouvrages qui parfois me font grincer, avec une jalousie assumée, un persiflage égotique : « le salaud, j’aurais voulu l’avoir écrit ! ». Lire la suite Les lectures de Cinci : mythologies contemporaines

Des lendemains qui déchantent

2014-11-17_emmanuel_macron_ministre_de_l_economie_de_lindustrie_et_du_numerique_at_bercy_for_global_entrepreneurship_week_7eme_cae_conference_annuelle_des_entrepreneursEmmanuel Macron (24,01 %)

Le vainqueur depuis longtemps annoncé est bien arrivé en tête hier soir. Le héros balzacien, chouchou des médias, des sondages manipulateurs et performatifs, du CAC 40, de l’oligarchie, qui lui ont tout passé, qui l’ont protégé pendant des mois, a réussi son hold-up. Lire la suite Des lendemains qui déchantent

Une campagne détestable

Pollice Verso, by Jean-Léon Gérôme
La politique selon twitter (Pollice Verso, Jean-Léon Gérôme)

J’ai vécu pas mal de campagnes, j’ai même participé activement à plusieurs. J’en connais l’exaltation, les crispations, l’adrénaline, l’énervement. J’ai chanté des slogans qui préféraient le bon mot de mauvais goût à la profondeur du sens[1]. J’ai vu les perfidies, les boules puantes, les rumeurs, les bassesses. On ne me traitera pas de bisounours.

Mon billet de la semaine dernière m’a valu les foudres de bon nombre d’allumés. Lire la suite Une campagne détestable

Pourquoi je vais voter Mélenchon

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(Montage Reuters)

Bien qu’il ait profité pendant de nombreuses années du confort du Parti socialiste et du Sénat ; Lire la suite Pourquoi je vais voter Mélenchon

Mélenchon et Le Pen, ce n’est pas pareil !

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Caricature de Plantu parue dans L’Express du 19 janvier 2011

Comparer Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen est devenu un lieu commun médiatique pour les jeter dans un même panier étiqueté « populistes ». Du dessin dégueulasse de Plantu à la veulerie des présentateurs de « L’Émission politique » de France 2 ou aux fats chroniqueurs de Ruquier, cet arrogant bouffon antidémocrate, nous subissons un matraquage volontaire selon lequel le candidat de la France insoumise et la candidate du Front national, ce serait bonnet blanc et blanc bonnet. Les Dupont et Dupond du populisme en quelque sorte. Lire la suite Mélenchon et Le Pen, ce n’est pas pareil !

Ces incultes qui nous gouvernent

Quel chemin parcouru, génération après génération, dans ce qui ressemble à une course au vulgaire. Sans remonter jusqu’à des temps mythologiques, contentons-nous d’observer cette increvable Ve République et ses monarques successifs. Le Général, homme de plume et d’épée, le normalien banquier-poète Pompidou, le lettré florentin Mitterrand et même l’ingénieur Giscard ou le faussement grossier Chirac qui préférait cacher sa passion des cultures dans sa part d’intime : chacun à sa manière a chéri la culture. Une anecdote amusante : je me suis récemment prêté avec un plaisir pervers à une drôle d’activité – revoir l’ensemble des débats d’entre-deux-tours des élections présidentielles depuis que ce rituel médiatique existe. Ces hommes pouvaient bien s’affronter sur tous les sujets, un consensus les frappait d’évidence : quelles que fussent les économies à promettre, incontinents, pour se faire élire, tous s’accordaient à ne pas toucher aux budgets de l’éducation ni à diminuer le nombre des enseignants. Saine lucidité ! Lire la suite Ces incultes qui nous gouvernent