
Il était une fois un maire. Le maire d’une de nos fameuses « 36 000 » communes. Il s’appelait… Claude. Comme tous ses camarades qui avaient la charge et l’honneur de les administrer, Claude avait de quoi se plaindre !
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Il était une fois un maire. Le maire d’une de nos fameuses « 36 000 » communes. Il s’appelait… Claude. Comme tous ses camarades qui avaient la charge et l’honneur de les administrer, Claude avait de quoi se plaindre !
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Merci.
Du fond du cœur, je vous remercie.
Vraiment.
En quelques décennies, vous m’avez élevé au rang de valeur suprême ; vous avez fait de moi, le moche, l’emblème de votre modernité – mieux encore : sa quintessence ! J’imprègne tant vos vies et vos esprits que je suis devenu le nouveau mètre-étalon de votre inesthétique. Des jouets pour enfants aux doudous technologiques pour adultes mal grandis, des bagnoles aux vêtements, de la novlangue à l’urbanisme, de l’art contemporain à l’industrie du loisir et du divertissement que vous appelez pompeusement « culture de masse »… je suis partout.
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Quelle accumulation en quelques jours ! L’éditeur du Club des Cinq, dont les aventures ont titillé l’imaginaire de tant de jeunes lecteurs, décide que ces récits doivent être réécrits et privés du passé simple ; Molière est considéré comme trop compliqué pour les nouvelles générations par… France Culture qui concurrence de plus en plus Cyril Hanouna ; une enseignante se vante sur Twitter de faire revisiter La Cigale et la Fourmi à ses 6e et trouve surtout leurs âneries « tellement mieux que l’originale ». Après le déboulonnage de statues, voici donc l’iconoclasme littéraire en pleine forme.
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Ce billet a été publié la première fois le 24 février 2021 sur le blog On Vous Voit, dont je remercie toute l’équipe pour la confiance qu’elle m’a témoignée.
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Tels sont surtout les comédiens, les musiciens, les orateurs et les poètes.
Moins ils ont de talent, plus ils ont d’orgueil, de vanité, d’arrogance.
Tous ces fous trouvent cependant d’autres fous qui les applaudissent.
Érasme, L’Éloge de la folie (1508)
Si la « déconstruction », comme concept ou méthode, vient de Heidegger, elle a été récupérée et développée en France par Derrida, puis a déménagé aux États-Unis avec les adeptes de la brumeuse « French theory », avant de revenir en France comme un boomerang. Elle a perdu à chaque étape tant de sens et de rigueur qu’elle apparaît aujourd’hui comme un salmigondis idéologique que ne reconnaîtrait sûrement pas Heidegger (ni peut-être même Derrida, c’est pour dire !). On est très loin de l’ambition initiale d’émancipation : que, par l’usage de la critique, l’homme ne soit plus la dupe de son propre langage ni de ses catégories conceptuelles [1].
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L’Université française va mal. L’enseignement supérieur et la recherche souffrent terriblement. Les polémiques actuelles en sont symptomatiques.
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De Nicolas Sarkozy à Emmanuel Macron, en passant par Arnaud Montebourg, les politiques sont nombreux à vouloir nettoyer la haute fonction publique pour façonner l’administration à leur main. Sarkozy l’a fait tout en pleurnichant qu’il ne pouvait pas le faire ; Montebourg a été traumatisé par son passage à Bercy et, depuis, ne rêve que de se venger des énarques qui ont torpillé ses réformes ; Macron est allé plus loin que tout ce que les autres osent à peine imaginer et considère encore que ce n’est pas assez. Des petites étoiles dans les yeux, tous regardent en direction des États-Unis et ce qui s’appelle là-bas le « spoils system ».
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Aussi bien selon ses détracteurs que certains de ses défenseurs (qui, hélas, lui font peut-être plus de mal encore que tous ses adversaires réunis), l’universalisme devrait être assumé comme une identité, une culture, une idéologie, une vision du monde (occidentales) comme les autres, ni plus ni moins légitime que ses concurrentes. C’est une erreur ou un mensonge [1].
Sommaire :
Le relativisme comme lâcheté
Universalisme et idéologies
Universalisme et cultures
Universalisme et laïcité

Quand retombent les billevesées du « vivre-ensemble » auxquelles plus personnes ne feint de croire, apparaît dans toute sa crudité l’anéantissement des solidarités. La crise sanitaire agit, à ce sujet, comme un cruel révélateur du chacun-pour-soi qui dicte nos comportements. Pour beaucoup, l’épidémie en cours n’est qu’une « maladie de vieux » au nom de laquelle on bride leurs chères libertés individuelles. Ne plus pouvoir aller au restaurant, au cinéma ni dans les bars est vécu comme une atteinte à leurs droits fondamentaux. Nous sommes devenus un peuple de sales gosses capricieux et pourris gâtés qui ne montrons aucun scrupule à affirmer haut et fort qu’on aurait mieux fait de laisser crever les vieux et les faibles.
Quelle société mérite de survivre qui se plaint de ne pas pouvoir se retrouver au bar mais n’a aucune pensée pour ses vieux qui meurent seuls ?
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L’écriture dite « inclusive », sous toutes ses formes – féminisation anarchique des titres et professions, épuration de la langue de toutes ses scories misogynes fantasmées, invention délirante de nouveaux termes aussi laids qu’inutiles, destruction des mots et de l’étymologie par le point médian, etc. –, multiplie les exemples de manipulations de la langue à la diagonale de l’inculture et de l’idéologie [1].
Sommaire :
Précieux ridicules
Scientifiques en carton
Idéologues militants
Violents manipulateurs
Tartuffes du féminisme
Destructeurs du monde commun
Donald Trump a été banni de Twitter – ses comptes ont été également supprimés d’autres réseaux sociaux et plateformes en ligne. L’entreprise à l’oiseau bleu a osé interdire l’accès à ses services à un futur-ancien-président-des-États-Unis. Avec lui, quelques dizaines de milliers de ses partisans ne pourront plus gazouiller ni accéder à certains services en lignes comme Airbnb. Ces conséquences de la « prise du Capitole » du 6 janvier 2021 semblent prendre des proportions presque plus importantes encore que l’événement lui-même. On se déchire sur les plateaux télé, les stations de radio et – surtout ! – lesdits réseaux sociaux. Les gros mots sont de sortie : « (ir)responsabilité », « justice », « dictature », « démocratie en danger »… on s’émeut, ça fait le buzz. Avant de vite passer à autre chose. Lire la suite…