Moraliste (presque) pas moralisateur, misanthrope humaniste, républicain râleur, universaliste lucide, défenseur de causes perdues et de la laïcité, je laisse dans ces carnets les traces de mes réflexions : philosophie, politique, actualité, culture…
On s’en méfie : le peuple rassemble les couches inférieures, dangereuses, séditieuses, anarchiques.
On le flatte : le peuple s’oppose aux élites corrompues, par son monopole de la « décence commune ».
On le sacralise : le peuple est le synonyme incarné de la nation et du souverain. Lire la suite…
Troisième et dernier billet d’entomologie-très-scientifique-des-idéologies-contemporaines-et-de-leurs-représentants-idéaux-typiques : après les identitaires et les néolibéraux, il est temps de se pencher sur quelques spécimens de la famille républicaine. Lire la suite…
Quelle campagne électorale pourrie ! Certes, coups tordus et boules puantes forment la partie détestable du folklore en campagne présidentielle. Et pourtant, d’élection en élection, le crescendo semble n’avoir aucune limite. L’exemple américain du trumpisme, malgré son dernier échec, a été bien compris par les « stratèges » qui accompagnent les candidats. Plutôt que de tenter de draguer le plus largement possible avec des discours et programmes aussi lisses qu’insipides, la démagogie se retourne comme un gant. L’objectif bascule en son envers tout aussi scabreux : cliver, provoquer, creuser les fossés, radicaliser la base des fans hystériques, déployer la plus grande brutalité possible… tout en se faisant passer pour la candide victime de ces mêmes stratagèmes que l’on dénonce chez les autres. Lire la suite…
Le Massacre de la Saint-Barthélemy, François Dubois (ca. 1572-1584)
Il n’y a place que pour une seule cause dans leur champ de vision et elle triomphe absolument, elle absorbe toute autre causalité, et c’est le bouc émissaire. René Girard, Le Bouc émissaire
La chasse aux sorcières et le sacrifice cathartique de boucs émissaires sont des constantes sordides de l’humanité ; à tous les maux, un coupable doit être trouvé et condamné [1]. La pulsion inquisitoriale se porte très bien dans notre formidable modernité ; cette volonté de faire porter la faute sur un autre à exécuter en place publique se déchaîne, afin de mieux soulager sa propre culpabilité, de s’en prendre à des cibles expiatoires sur lesquelles déverser son ressentiment et de laver sa (mauvaise) conscience plus blanc que blanc. Lire la suite…
Discours aux Bernardins, 9 avril 2018 – Crédits photo : Ludovic Marin/AFP
Macron en porte-étendard de la laïcité ? Que l’on me permette d’être sceptique… même si cette perspective n’est pas tout à fait inenvisageable : l’opportunisme du Président le rend capable de tout ! Non, d’ailleurs, qu’il soit dénué de convictions – ceux qui l’en accusent n’ont pas complètement raison – mais l’adepte du « en-même-temps » peut les sacrifier en apparences si cela lui permet d’atteindre des objectifs tactiques. Lire la suite…
Notre hypermodernité n’aime pas la science alors qu’elle adore la technique et… les superstitions. Est-ce une forme de retour du refoulé ? En tout cas, la science n’a plus bonne presse. Lire la suite…
Candidats à la présidentielle en route vers l’Élysée
La France est dans un état catastrophique et, hélas, ce n’est pas la prochaine élection présidentielle qui peut nous faire sortir de ce long hiver. Après cinq ans de macronisme, le paysage politique n’est qu’un immense champ de ruines sur lequel règnent des idéologies mortifères et des pantins sinistres. Lire la suite…
La mélancolie est un crépuscule. La souffrance s’y fond dans une sombre joie.
La mélancolie, c’est le bonheur d’être triste.
Victor Hugo, Les travailleurs de la mer
Serait-ce vraiment Alain Juppé qui aurait inventé l’expression « tentation de Venise » ? Cela ne l’a pas empêché de revenir. Plusieurs fois. Je ne suis pas sûr que ce patronage soit le meilleur, même s’il est révélateur que, peut-être ?, la tentation du retrait, même sincère, se fracasse nécessairement à la volonté ou à son insuffisance. Lire la suite…